Apéritif thématique d'Avril 2014 : Rouler carrosse en Franche-Comté au cours du XVIIIème siècle
Pour son apéritif thématique d'avril 2014, la bibliothèque recevait Jack Bourguet qui présentait : « Rouler Carrosse au XIXème siècle en Franche-Comté », exposé sur les transports des biens et des personnes.
Le XVIIIème siècle commençant avec la mort de Louis XIV pour s’achever avec la Révolution Française est un siècle de transition. Les itinéraires tracés naturellement par le passage des animaux deviendront les chemins puis les routes utilisés par les hommes. L’état des routes est déplorable, seules les plus importantes sont empierrées et les intempéries achèvent de les dégrader. Ornières, fondrières sont monnaie courante. Le poids des chargements aggravent encore l’état des sentiers. Les distances se calculent en jours. Il faut 22 jours pour traverser la France du Nord au Sud et 19 jours d’Est en Ouest. Il faut 8 jours pour se rendre à Paris depuis Besançon. Les déplacements se font à pied, à cheval, en carrosse ou par voies d’eau. Les traversées des bois et forêts sont peu sûres (brigands et loups). Le système cartographique de l’époque est simple et très aléatoire (Table ou carte de Peutinger). Les voyages sont épiques : retard, embourbement, attaque … Malgré ces difficultés, les gens se déplacent beaucoup : colporteurs, commerçants, armées, chaînes de galériens qui rejoignent les ports, brigands… Il fallait prendre son billet de transport auprès des messageries royales. Les carrosses, diligences, berlines, turgotines (devant son nom à Turgot qui les fit construire vers 1775), pataches (modèle très rudimentaire) transportent les passagers sur les routes à des prix relativement élevés. En plus du règlement du trajet, il faut encore payer le postillon et en raison de la durée du voyage, les nombreux repas et nuits dans les auberges. Le tarif du péage des ponts est important, il fallait compter trois mesures de froment pour passer le bac à Vaire, ailleurs, ce sera 12 mesures de seigle. Le corps des Ponts et Chaussées pour l’aménagement des routes, créé sous Louis XIV, d’un budget annuel de 700 000 livres passera à 7 millions de livres au cours du XVIIIème. A la fin du siècle, un réseau de 2 500 kilomètres de route relativement correct est constitué.
Les commentaires de Jack fut d’autant plus intéressant qu’il fut ponctué d’images et de lectures de textes d’époque. Pour permettre au public de se requinquer et de se remettre de ses émotions après ces traversées épiques, Marie-Jo distribua un délicieux gâteau de voyage franc-comtois. Lors de votre prochain voyage, n'oubliez pas d'emporter avec vous ce gâteau. (Recette ci-dessous, cliquer sur lire la suite)
Pensant aux conditions de transport de l'époque, nous serons moins exigeants aujourd'hui si le moyen de transport utilisé est annoncé avec quelques minutes de retard ou si le tarif autoroutier a augmenté !
Prochain rendez-vous : Vendredi 9 mai 2014 : "Rendez-vous à Canton", film de Patrick Boucard
Gâteau franc-comtois de Voyage
Pour ce faire il faut :
- 5 pommes
- 125 grammes de confiture pommes noix citron ou cannelle (la vraie recette dit 250grs)
- 180 grammes de farine
- 2 sachets de levure alsacienne
- 150 grammes de beurre
- 3 œufs
- 150 grammes de sucre cassonade
- 10 cl de lait
- 1 cuillerée à café de cardamome moulue
- 2cl de calvados
Faire réduire les pommes épluchées et coupées en dés, dans 100 grammes de beurre pendant 5 minutes, ajouter 100 grammes de cassonade, la cardamome et le calvados (à défaut on peut prendre un autre alcool de fruit prune ou kirsch) faire réduire puis laisser refroidir
Mélanger la farine et la levure ; passer au tamis
Faire fondre les 50 grammes de beurre restants et mettre en attente.
Mélanger les œufs avec les 50 grammes de cassonade disponibles ; le mélange doit être blanc.
Ajouter le beurre fondu, le lait, le mélange farine -levure ; La pâte doit faire le ruban.
Ajouter les pommes et la confiture (comme je n'avais pas la confiture souhaitée je l'ai remplacée par de la gelée de coing dans laquelle j'ai mis un soupçon de cannelle et 6 cerneaux de noix pilés
Faire cuire à 180° 30 à 40 minutes
Bonne dégustation !

