CLUB-LECTURE DU 23 MAI 2014 : LES FEMMES DANS LA LITTERATURE
CLUB-LECTURE DU 23 MAI 2014 : LES FEMMES DANS LA LITTÉRATURE
Dans un premier temps nous avons survolé l’histoire des femmes en littérature grâce à des études de Martine REID « des femmes en littérature », Laure ADLER « les femmes qui écrivent vivent dangereusement » et de la Bibliothèque Municipale de LYON.
PRIX LITTERAIRES
- GONCOURT, créé en 1903, à ce jour seulement 10 femmes se sont vues décerner ce prix en 110 ans. La première fut Elsa TRIOLET en 1944.
- FEMINA, créé par des femmes en 1904, avec un jury exclusivement féminin. Les femmes représentent 38 % des prix décernés.
- NOBEL DE LITTERATURE, créé en 1901, sur l’ensemble des prix, 12 % ont été décernés à des femmes.
- ACADEMIE FRANCAISE, il a fallu attendre 345 ans pour qu’une femme reçoive ce prix, Marguerite YOURCENAR en 1980.
Cependant la place des femmes dans les récits est très importante et non seulement dans les œuvres de femmes. Citons : Thérèse RAQUIN, Eugénie GRANDET, Madame BOVARY, Anna KARENINE etc… mais souvent les femmes ont servi de faire valoir au héros masculin.
La question des femmes en littérature est liée à l’histoire des femmes.
Elles avaient autrefois le rôle de conteuses, Charles PERRAULT et les frères GRIMM ont utilisé les récits des femmes dans leurs célèbres contes.
Plus longtemps que les hommes, elles ont été réduites à un semi-analphabétisme.
C’est par la lettre que les femmes ont pu évoluer vers l’écriture proprement dite: Madame de SEVIGNE, Jane AUSTEN dont la première version de "Orgueils et préjugés" fut rédigée sous forme de roman épistolaire.
Les femmes ont beaucoup utilisé des pseudonymes masculins, George SAND, les sœurs BRONTE, George ELIOTT, et le premier roman de COLETTE a été publié sous le nom de son premier mari !
Dans la noblesse, dès le XVIème siècle, les femmes ont tenu des salons littéraires : Catherine de RAMBOUILLET, Madame de SCUDERY etc…
Au XIXème siècle, apparaît l’expression de Bas-bleus pour désigner les femmes de lettres et cette expression a une connotation péjorative.
Au XXème siècle, selon un document de la bibliothèque de LYON, on peut classer les femmes écrivaines en différentes catégories :
- Les pionnières, Virginia WOOLF qui réclamait « une chambre à soi » pour écrire, Anaîs NIN, Dominique AURY, Claire ETCHERELLI.
- Les guérillères telles Monique WITTIG, Marguerite DURAS, Xavière GAUTHIER « les Parleuses », Régine DEFORGES.
- Les héritières, Hélène CIXOUS et Catherine CLEMENT « la jeune née », Annie ERNAUX, Marie N’DIAYE « trois femmes puissantes ».
- Les transgressives, Christine ANGOT, Catherine MILLET, Virginie DESPENTES.
Les femmes ont du combattre pour obtenir une place dans la littérature, comme elles ont du le faire dans bien d’autre domaines et il y a encore bien des choses à effectuer pour qu’elles soient reconnues à l’égal des hommes.
Odile nous a ensuite tenues en haleine en nous parlant d’une femme remarquable sans nous en dévoiler le nom : née en 1868 à Saint-Mandé elle eut très jeune soif de liberté et de voyages. Militante féministe elle fut tour à tour chanteuse d’opéra, écrivaine, franc maçonne, bouddhiste et fit des rencontres extraordinaires lors de ses voyages: Inde, Sikkin, Japon, Chine etc…En 1968, à 100 ans elle demande le renouvellement de son passeport ayant l’intention de continuer ses voyages. Elle a mené une vie de femme libre, courageuse et aventurière. Ses cendres ont été dispersées ainsi que celles de son fils adoptif dans le Gange. C’est………..Alexandra DAVID NEEL. A découvrir absolument !
Catherine nous a parlé d’un livre (nouvelle) de Stefan ZWEIG écrite en 1927 : « Vingt quatre heures dans la vie d’une femme ». L’action se déroule au bord de la Riviera en 1904 où plusieurs personnes de la haute bourgeoisie sont en villégiature. Une femme d’une trentaine d’années va s’enfuir avec un jeune homme et les critiques occuperont le temps des résidents de l’hôtel. Seul le narrateur va prendre sa défense et il va être soutenu par une vieille aristocrate qui va lui conter un des épisodes de sa vie : une grande passion amoureuse.
Récit bref et percutant. Catherine nous a lu des passages de cette nouvelle.
Rendez-vous LE VENDREDI 18 JUIN 2014, pour le dernier Club-Lecture de la saison : Coups de cœur pour l’été.
