Club-Lecture de février 2015

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CLUB-LECTURE de FÉVRIER 2015

Nous étions nombreux pour assister à ce Club-Lecture accueillant de nouveaux participants.

Trois livres furent présentés, de factures très différentes.

- L’amour sans le faire de Serge JONCOUR :

Né en 1961, Serge JONCOUR pratiqua différents métiers avant de se lancer dans l’écriture. Il publie un premier roman « Vu » en 1998 qui sera adapté au cinéma, et pour lequel il obtint le Prix France Télévisions. Le prix de l’humour noir lui sera décerné pour son livre « l’Idole ».

Il écrira le scénario du film « Elle s’appelait Sarah » d’après le magnifique livre de Tatiana de Rosnay qui reste le film étranger se classant au 5°rang des films français de tous les temps sortis aux Etats-Unis.

Il a été un des protagonistes de l’émission de radio « des Papous dans la tête » sur France Culture.

L’amour sans le faire est son dixième roman publié en 2012. Ce livre met en scène trois personnages principaux :

Franck, aîné de deux garçons de parents paysans dans le Lot qui n’est pas attiré par la ferme et quitte la campagne pour la ville. Après s’être fâché avec ses parents , il ne reviendra chez ceux-ci qu’à l’occasion du décès de son frère, Alexandre, victime d’un accident de chasse. Alexandre vivait alors avec Louise, ayant repris la ferme. Un été Franck décide de revenir dans le Lot afin de voir ses parents.

Louise a quitté la ferme après l’enterrement de son compagnon. A l’inverse de Franck, elle aime la campagne. Elle travaille comme ouvrière dans l’industrie et aura un enfant qu’elle prénommera Alexandre, avec un homme qu’elle n’aime pas. Elle a confié son enfant aux parents de son ancien compagnon dans le Lot. Elle décide de rendre visite à son fils.

Franck et Louise vont donc apprendre à se connaître lors de ce séjour où les parents sont partis en cure en Bretagne.

Alexandre, le neveu de Franck, va permettre à Franck et Louise de tisser des liens. Cet enfant a un rôle important dans ce livre. Il permet d’apaiser les dissensions des protagonistes et de créer des liens entre eux.

Les thèmes abordés dans ce roman sont :

- Le retour aux sources : vers la campagne mais aussi vers le passé, vers la famille.

- Les difficultés de communiquer : beaucoup de non- dits dans cette famille paysanne.

- Description du monde rural, de la vie à la ferme, mais également des difficultés du monde ouvrier à l’heure de la crise, de la spontanéité de l’enfance, des relations à l’intérieur de cette famille.

A la sortie de son livre Serge JONCOUR résume le point commun de ses romans en disant « Un personnage qui n’ est pas complètement à sa place, qui est sur le fil »

Dans ce livre où tout est suggéré, où on a sous les yeux un tableau chatoyant de personnages,chaque chapitre correspond à un des personnages. Il s’agit d’un roman qui se lit bien et vite, basé sur des petits riens qui en font un grand livre.

Serge JONCOUR a écrit en 2014 « L’écrivain national » qui a obtenu le Prix des Deux Magots.

- Soumission de Michel HOUELLEBECQ

L’auteur est né à La Réunion en 1956 ou en 1958, sa mère le pensant surdoué voulant le vieillir. Fils d’un guide de haute montagne et d’une anesthésiste il est rapidement confié à ses grands parents maternels en Algérie puis son père le récupère et le confie à la grand-mère paternelle dont il prendra le nom de jeune fille. Il fera des études d’agronomie puis entrera à l’Ecole Louis Lumière en section cinématographie.

Il débute une carrière en informatique et occupera un poste d’adjoint administratif à l’Assemblée Nationale avant de décider de se consacrer à l’écriture. Tout à la fois écrivain, poète, essayiste, chanteur, réalisateur et acteur, il a été révélé principalement par « les particules élémentaires » en 1998 qui suscita moult polémiques.

En 2000 il va s’installer en Irlande puis en 2002 en Espagne. En 2008 parait un livre règlement de comptes écrit par sa mère qu’il n’avait pas revue depuis 17 ans. Quand sa mère meurt,il revient en France en 2012.

Ses livres les plus connus sont: « Extension du domaine de la lutte » (1994), « Les particules élémentaires » , « Plateforme » (2001), « La possibilité d’une île » (2005), « La carte et le territoire » qui obtiendra le Prix Goncourt 2010.

Soumission est paru le 7 Janvier 2015 et connaît dès sa parution un immense succès. On peut dire que ce livre se situe à la croisée de la littérature, de la sociologie et de l’histoire.

François, brillant intellectuel, professeur à la Sorbonne est un spécialiste de Huysmans, écrivain du dix neuvième siècle, ayant étudié le phénomène de décadence sociétale et qui après être passé par une période satanisme s’est converti au christianisme, ayant étudié la mystique et la symbolique chrétienne. François n’a plus comme perspective que la solitude et la vacuité de sa vie. Il s’interroge sur cette société qui donne une liberté entraînant un nihilisme provoquant la désespérance. Pour lui la nécessité d’une transcendance remettrait les choses dans une espèce de droiture.

Les élections présidentielles de 2022 vont lui redonner l’occasion d’une nouvelle vie. A ces élections ne subsistent au deuxième tour que le Front National et un parti nommé « La Fraternité musulmane ». Grâce au soutien de tous les autres partis politiques pour faire face au Front National, le Président de ce nouveau parti musulman l’emporte. S’installent alors la polygamie,l’arrêt du travail des femmes d’où une éradication du chômage. Les Universités sont privatisées et les professeurs doivent se convertir à l’Islam pour avoir le droit d‘enseigner. François va donc se convertir à l’Islam.

Il s’agit d’un livre polémique, à l’écriture froide, où la sensibilité n’a pas sa place.

Un débat s’est instauré au sein de notre Club-Lecture au sujet de ce livre et de Michel Houellebecq en général, suscitant des réactions divergentes .

- Mister Gwyn de Alessandro BARICCO ( 2014)

Vient de paraître par cet auteur « Trois fois dès l’aube »(2015)

Né à Turin en 1958 cet auteur est à la fois écrivain, musicologue et homme de théâtre. Ayant fait des études de philosophie et de musicologie il fut critique littéraire avant de faire publier son premier livre à l’âge de 33ans: « Les châteaux de la colère » Prix Médicis étranger. A 37ans il fonde une école de narration. Passionné de musique il y a toujours dans ses romans une présence musicale rythmant ses écrits.

Mr. Gwyn est un roman sur un sujet original traité avec humour et profondeur.

Un romancier londonien de 43 ans a écrit trois ouvrages lorsqu’il annonce par le biais d’un journal la liste de 52 choses qu’il ne fera plus. Parmi celle-ci : ne plus écrire. Voilà comment débute ce roman et on est immédiatement conquis.

Son agent littéraire, Tom, croit à une provocation et il ne va avoir de cesse de relancer l’auteur afin qu’il fournisse un nouveau livre.

Au bout d’un certain temps Mr. Gwyn va ressentir une forme de malaise: l’écriture lui manque et il pense devenir copiste afin de lui permettre de retrouver le geste de l’écriture, mais sans la créativité. Il pense même à écrire mentalement. De plus en plus angoissé et oppressé, il se rend un jour dans une galerie d’art où il ne trouve pas d’intérêt aux différents tableaux car ils n’écrivent rien. Il trouve alors une nouvelle voie pour exister: il écrira des portraits. L’assistante de son agent littéraire va lui servir de cobaye. Elle ne correspond pas à l’image de la femme idéale sur le plan esthétique mais Mr.Gwyn va avec elle réaliser son objectif. Il va chercher un atelier au cadre très précis (musique, éclairages, etc…). L’assistante, Rebecca, va être le premier modèle et aura ensuite pour mission de rechercher d’autres modèles auxquels il sera imposé de poser nus et en se taisant.

Il ira jusqu’à réaliser le portrait de son agent quand celui-ci sera à l’hôpital.

Un jour, une jeune fille très jolie, arrogante et agressive se présente avec son père afin que Mr. Gwyn réalise son portrait.

Les années passent et plus personne n’a de nouvelles de Mr. Gwyn. Mais Rebecca va découvrir un roman dans lequel il y a un portrait d’elle.

Dans ce livre, on trouve des personnages étranges et solitaires , habités par une sorte de folie douce, comme dans d’autres livres de cet auteur.

C’est une réflexion sur le métier d’écrivain avec la capacité d’observation nécessaire pour synthétiser en une seule image toute l’histoire d’un être humain.

Comme d’habitude des passages des trois livres présentés ont été lus pour permettre de saisir le style de chaque auteur et de chaque œuvre.

Les prochains Club-Lecture auront lieu le jeudi 26 mars puis le jeudi 16 avril toujours à 18 heures et nous présenterons trois livres coups de cœur à chaque séance. Que les volontaires pour une présentation de livres se manifestent !

En mai nous aborderons également trois livres mais traitant d’un même thème, comme nous l’avions déjà fait pour « l’enfance », « les femmes », « la littérature italienne », « la littérature nordique ». Nous attendons des sujétions de thème afin que rien ne vous soit imposé !

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