Apéritif thématique : "Louis Pergaud, sa vie, son oeuvre"
Dans le prolongement de l’exposition sur la Première Guerre mondiale et pour commémorer le centième anniversaire de la mort de Louis Pergaud (8 avril 1915), la bibliothèque propose tout au cours du mois d’avril 2015, aux heures d’ouverture (lundi et mercredi de 16h30 à 18h30 et samedi de 11h à 12h), une rétrospective sur la vie de l’écrivain. Cette exposition, prêtée par l’Association « Les Amis de Louis Pergaud » débutait avec la conférence proposée par Nicole Pergaud, descendante de la famille.
Louis Pergaud nait à Belmont (Doubs) le 22 janvier 1882, c’est le deuxième enfant d’une fratrie de trois garçons. Elie (institueur) et Noémie Pergaud, ses parents perdront leur premier fils en octobre 1880, à l’âge de deux mois. Lucien, le cadet, nait en octobre 1883. Son père est muté à plusieurs reprises suite à une cabale montée contre lui par les Paget (père et fils) malgré les inspections multiples en sa faveur, les pétitions des parents qui souhaitent garder leur instituteur. Ses différents déménagements dans ces conditions affectent toute la famille. Louis Pergaud est passionné par la nature, la campagne, la chasse, la vie champêtre, il rêve d’être garde-forestier. Excellent élève, il suivra les traces que son père a tracées pour lui, il deviendra instituteur. Suite aux déboires vécus, ses parents décèdent à un mois d’intervalle et Louis avoue que s’il ne lui restait pas son frère, il serait tenté par la mort. Son ami Eugène Chatot lui fait connaître Léon Deubel, poète, une amitié profonde va naître et ses deux amis vont aider Louis à reprendre goût à la vie. Nommé à Durnes (Doubs), il fait la connaissance d’une collègue, Marthe Caffot, puis c’est le départ pour le service national en novembre 1902. A son retour, il épouse Marthe mais celle-ci voit d’un mauvais œil sa passion pour la poésie et l’amitié envahissante de Léon Deubel. Le premier recueil de poésies « L’Aube » de Louis sera publié et ne remportera aucun succès. Une petite fille, Gisèle nait en août 1904 et décèdera 2 mois plus tard. Le deuil poursuit Pergaud ainsi que l’envie d’en finir, son mariage se révèle être un échec. Le couple est en poste, à la rentrée 1905, à Landresse (Doubs) où Louis va faire la connaissance de Delphine. Le couple est en instance de divorce et Louis accompagné de Delphine, s’installe à Paris en 1907. Il publie un second recueil de poèmes « Herbe d’avril », puis la « Tragique aventure de Goupil », c’est un auteur animalier. Il épouse Delphine en 1910 et en décembre de la même année, il décroche le prix Goncourt pour « De Goupil à Margot ». C’est un bouleversement pour Louis, il entre dans le monde littéraire et va vivre de sa plume ! Son bestiaire touche le public, il décrira la douleur des bêtes, leurs souffrances muettes. En 1911, « La revanche du corbeau » aura moins de succès puis ce sera « La Guerre des boutons », révélé par le cinéma en 1936, par Jacques Daroy, sous le nom de « La Guerre des gosses » puis en 1962, par Yves Robert, c’est un large succès populaire. Pergaud poursuit et publie « Le roman de Miraut, chien de chasse », en 1913. C’est au cours de la même année que Léon Deubel se jette dans la Marne. Louis va se battre pour défendre la mémoire de son ami. Au cours de l’été 1914, il dépose chez son éditeur « Les Rustiques », un ensemble de chroniques villageoises, l'ouvrage sera publié en 1921. Le 2 août 1914, Pergaud est mobilisé. Il part sur le front, il est dans la région de la Woëvre où il prend des notes, accumule des impressions, il se promet d’écrire un livre de guerre dans lequel il témoignera du carnage auquel il assiste et de l’opportunité douteuse de certains ordres. Il rend compte de sa vie quotidienne dans un carnet de guerre. Comme tous, il est persuadé que la guerre sera de courte durée. C’est au soir du 7 avril 1915, ayant reçu l’ordre d’attaquer la côte 233 de Marchéville qu’il part à la tête de ses hommes. Dans la nuit, il sera blessé au pied en franchissant la tranchée ennemie, il demande à sa section de continuer, lui, sera conduit plus tard vers l’arrière. Des brancardiers allemands transportent les blessés maculés de boue, le sous-lieutenant Pergaud est peut-être parmi eux et c’est à ce moment que l’artillerie française bombarde les lignes allemandes. Les blessés sont déchiquetés et n’auront pour tombe que la boue de la Woëvre, parmi eux, peut-être Louis Pergaud. Delphine espèrera jusqu’en 1918, le retour du prisonnier. L’avis de disparition de Louis est arrivé à la mairie du XIVème arrondissement en juillet 1915, il est officiellement « mort pour la France » en août 1921.
En 1927, le président de la République, Gaston Doumergue inaugure une plaque au Panthéon où Louis Pergaud figure parmi 560 écrivains. En 1932, un monument est inauguré sur la promenade Micaud à Besançon. En 1955, Delphine a eu l’honneur de ranimer la flamme sous l’Arc de Triomphe, marquant ainsi le quarantième anniversaire de sa mort. En 1963, une stèle est érigée à Fresnes-en-Woëvre (Meuse). En 1965, création de l’Association « Les Amis de Louis Pergaud ». En 1982, pour le centenaire de sa naissance, une médaille est frappée. En 1996, une stèle est élevée en face de la côte 233 à Marchéville.
Delphine se remarie en 1936 avec Eugène Chatot, veuf, ancien compagnon d’école de Louis et ami de Léon Deubel. Elle meurt en 1963, inhumée au cimetière parisien de Bagneux. Ses ossements sont ramenés à Landresse, son village natal en 2001.
Nicole Pergaud, a su communiquer au public, sa passion pour Louis Pergaud, cet écrivain disparu au sommet de sa gloire. La conférence, entrecoupée de la lecture d'un poème de l'auteur, ainsi que les deux dernières lettres de Louis et la dernière de Delphine a été appréciée de l'auditoire. Nicole a également présenté les ouvrages de l'auteur, la médaille du centenaire de sa naissance, l'association "Les Amis de Louis Pergaud" dont elle fait partie.
Les bénévoles de la bibliothèque remercient Bernard Piccoli, président de l'Association pour le prêt de l'exposition.
Nicole, au coeur de l'exposition qui retrace la vie et l'oeuvre de Louis Pergaud. Cette exposition a été prêtée par Bernard Piccoli, président de l'Association "Les Amis de Louis Pergaud"
NIcole avait apporté tous les ouvrages de l'auteur, la médaille du centenaire de sa naissance et les différentes publications de la revue "Les Amis de Louis Pergaud"


