Club-lecture : Rentrée et prix littéraires

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Pour le club-lecture de Décembre, Catherine avait choisi le thème les Prix littéraires ainsi que les romans de la rentrée.

Prix Nobel de Littérature pour l’année 2015 : Svetlana ALEKSIEVITCH pour « son œuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque ».

100ème Grand Prix du Roman de l'Académie Française : 29/10/2015 Ex aequo :

« Les Prépondérants » Hedi KADDOUR * : En 1922, une équipe de tournage débarque à Nahbès, petite ville du Maghreb. Cette intrusion hollywoodienne, synonyme de modernité et de liberté, bouleverse le quotidien des habitants. De la rencontre entre ces mondes et ces cultures si différents naissent des destins et des histoires d'amour. Fresque romanesque plein d’humour, immense épopée.

« 2084 - La fin du monde » de Boualem SANSAL * : Le titre 2084 est un clin d’œil à 1984 de Georges Orwell. L’Abistan, empire tirant son nom du prophète Abi, est une dictature politique et religieuse. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Les portes de la connaissance se ferment et privent ainsi les individus de toute réflexion. Officiellement, le peuple vit dans le bonheur de la foi. Mais le personnage central, Ati, va mettre en doute les certitudes imposées… Ce livre didactique donne à penser plus qu’il ne divertit. L'auteur, engagé politiquement, mène un combat contre l'Islam. Voyage au cœur d'un pays aride et montagneux comme l'est le pays de naissance du romancier.

Prix Décembre 02/11/2015 « Un amour impossible » Christine ANGOT *. Rencontre entre un homme et une femme qui ne sont pas du même milieu. Si la femme éprouve une passion pour le père de sa fille, l'homme en revanche semble moins aimant et son absence, ainsi que le refus du mariage et la reconnaissance de l'enfant (qui ne se fera que tardivement) puis ensuite l'inceste le désigne comme un personnage exécrable. Livre au style simple et épuré. Lecture d'un passage après la présentation.

Prix Femina 03/11/2015 « La Cache » Christophe BOLTANSKI *. L'auteur nous invite à croiser tous les personnages fascinants de son arbre généalogique. Le texte est construit comme une visite guidée de la maison de ses grands-parents. Chaque pièce sert à détailler la vie des différents membre de la famille jusqu’à la « cache », ce faux plafond qui cacha le grand-père durant la seconde guerre mondiale. Écrit avec finesse et humour, ce roman où l'histoire familiale se mêle à l'Histoire avec l'évocation des deux guerres est plaisant à lire. C'est aussi une déclaration d’amour à la famille.

Prix Femina étranger « La couleur de l’eau » Kerry HUDSON *. Londres, deux personnes et deux mondes très différents, Dave issu des banlieues, Alena russe sans papiers vont se rencontrer et tenter de construire un bonheur mais leurs passés va les rattraper. Qu’ont-ils bien pu traverser l’un et l’autre ? Malgré les filières et réseaux de prostitution, les manipulations, ce roman d'amour est aussi un roman social bien écrit et riche d'espérance et d'espoir. Merveilleuse romance.

Prix Femina essai « Lévi-Strauss » Emmanuelle LOYER. Biographie à la fois ample et abordable de Claude Lévi-Strauss, 1908-2009, anthropologue et ethnologue français qui a exercé une influence internationale décisive sur les sciences humaines et sociales de la seconde moitié du XXème siècle. Une des plus brillantes figures de ces exilés qui avaient fui les persécutions nazies. Le livre évoque l’œuvre scientifique de Lévi-Strauss mais aussi des aspects de sa personnalité plus personnels, comme son attachement à ses parents ou sa passion pour la cuisine.

Prix Goncourt 03/11/2015 « Boussole » Mathias ENARD *. Né en 1972, Mathias Enard est passionnée par l'orient, il enseigne l'arabe à l'université de Barcelone. Il a déjà reçu de nombreux prix, "Boussole", son neuvième roman mélange le côté historique et évènements actuels à la romance. Dans un style exigeant et très travaillé, l'auteur décrit avec précision ses personnages comme les lieux géographiques. Dans cet ouvrage, un musicologue viennois, est devenue insomniaque, sous le choc d'un diagnostic grave. Il se réfugie dans ses souvenirs de voyages et d'études, souvenirs précis mais en même temps confus. Frantz est toujours amoureux de Sarah bien qu'il n'y ait rien eu entre eux et cette histoire d'amour contrarié est très émouvante. Des passages très érudits sur la littérature et l'architecture alternent avec humour et tendresse. C'est un croisement entre Orient et Occident. Un extrait a été lu.

Prix Renaudot 03/11/2015 et Prix Goncourt des Lycéens 1/12/2015 « D’après une histoire vraie » Delphine de VIGAN *. Multiplaint les prix littéraires, Delphine de Vigan dit en parlant de son dernier ouvrage "Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu'un écrivain ne devrait jamais croiser." Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s'aventure en équilibriste sur la ligne qui sépare le réel de la fiction.L’auteur joue sur les deux tableaux puisqu’elle-même a traversé une période de blocage au niveau de l'écriture après la fulgurante réussite de « Rien ne s’oppose à la nuit », récit sur sa mère bipolaire, son dernier roman sorti en 2011. A l'issue de l'ouvrage, on ne sait si L. est un personnage fictif ou réel. Cette œuvre magistrale se dévore d'une traite.

Prix Médicis 05/11/2013 « Titus n’aimait pas Bérénice » Nathalie AZOULAÏ *. Racine peut-il aider à guérir d'un chagrin d'amour ? C'est en tout cas le chemin qu'emprunte l'héroïne et narratrice de ce roman, Racine sera son frère de douleur car celui qui écrit : « Ce n’est pas une ardeur dans mes veines cachées : c’est Vénus tout entière à sa proie attachée », ne peut-être qu'un passionné. Orphelin, Racine grandit dans la rigueur et l’aversion de la chair, il découvre plus tard la cour de Louis XIV, les femmes, le spectacle, il voue adoration au Roi, tombe amoureux, parade, s’abîme, brille : un délice de lecture…

Prix Médicis étranger « Encore » Hakan GÜNDAY « Les clandestins montaient dans la caisse du camion et, après un voyage de deux cents kilomètres, ils montaient à bord des bateaux et se perdaient dans la nuit... » Gazâ vit sur les bords de la mer Egée. Il a 9 ans, quand, à peine sorti de l'école, il devient passeur de clandestins puis tortionnaire de clandestins. Auteur à l'immense talent de conteur et au regard sans concession sur le monde contemporain. A obtenu pour ce livre le Prix du meilleur roman de l’année 2011 en Turquie.

Après les prix, a été présenté "Profession de père" de Sorj Chalandon *, roman de la rentrée littéraire 2015. Roman autobiographique de 1960 à nos jours où l'auteur, romancier aux nombreux prix est également journaliste à Libération puis au canard enchaîné depuis 2009, nous livre l'histoire de son enfance composée du triangle familial (père, mère et fils). Malade psychiquement, le père est violent, mythomane, il s'invente un nombre multiple de professions, de missions à réaliser, alors qu'il est toujours à la maison. La famille vit en vase clos. Malgré la violence, Sorj (surnom de Georges) n'a pas de haine pour son père qui lui parle d'aventures, d'actions, rêve de tous les gamins. Le romancier ne se plaint jamais de son père, ne le juge pas et essaie d'être le fils que son père aurait souhaité qu'il soit. La mère, qui subit elle aussi les coups de son mari, ne réagit pas quand celui-ci s'attaque à son fils et là, c'est elle que l'on a envie également de condamner. Cet ouvrage est écrit à la première personne avec beaucoup de dialogues et malgré la violence, n'est pas dur. Livre conseillé

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