Club-lecture de mai 2016

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Le club-lecture de mai était réservé aux coups de cœur :

- "Le Rapport de Brodeck" de Philippe Claudel (2007) : C'est un récit noir, très poétique et prenant. Philippe Claudel est né en 1962 en Meurthe et Moselle, dans un milieu ouvrier. Il est agrégé de Lettres, maître de conférences, cinéaste et écrivain. Il a intégré l’Académie Goncourt en 2012. Ses livres ont remporté plusieurs prix : "J’abandonne Paris", Prix France Télévision 2000, "Les âmes grises", Prix Renaudot 2003. "Le Rapport de Brodeck" a remporté le Prix Goncourt des Lycéens en 2007, le Prix des Libraires du Québec en 2008 et le Prix des lecteurs du Livre de poche en 2009. Brodeck, personnage principal, revient dans son village après avoir été déporté dans un camp. L’action se déroule dans un lieu, à la montagne non cité, sans doute situé près de la frontière allemande. Le narrateur, Brodeck, est chargé de rédiger un rapport sur la mort d'un étranger, der Anderer (« l’autre »), qui a été exécuté par les villageois. L’Anderer, par son comportement et ses desseins, est un miroir de ce qu’ils sont vraiment, au-delà des apparences et des statuts sociaux. Il leur renvoie leur lâcheté et leurs trahisons, leurs compromissions avec l'occupant et cela, ils ne peuvent pas l'accepter. Brodeck lui-même a, pendant la guerre, été déporté dans un camp en raison de son origine. Les gens du village l’ont, eux-mêmes, désigné pour « acheter leur tranquillité » avec l’occupant. Un roman dont la noirceur est évoquée avec poésie, il touche et captive le lecteur du début à la fin.

- La Femme au miroir d’Eric-Emmanuel Schmitt (2011) : Ce sont presque trois livres en un, trois histoires de femmes. Un chapitre est consacré alternativement à chacune des trois héroïnes et à chaque personnage correspond un style d'écriture et un vocabulaire différent. Ces femmes vivent trois époques différentes et refusent le rôle imposé par les hommes et cherchent à être maîtresses de leur destin. Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood de nos jours. Trois époques. Trois femmes. Et si c'était la même ? Ici, le miroir représente les apparences, l’image que les autres ont de nous, si différente de notre perception intérieure et « connais-toi toi-même » est un des thèmes abordés.

- La Dame au petit chien d’Anton (Pavlovitch) Tchékhov (1899) : Anton Tchekhov est un écrivain russe né en 1860, issu d'une famille nombreuse, de petits commerçants, dans un respect immense de la religion et dans une rigueur parfois violente. Il est principalement nouvelliste et dramaturge, il a publié plus de 600 œuvres en exerçant sa profession de médecin. Certaines pièces comme la Mouette, la Ceriseraie, Oncle Vania sont toujours mises en scène. Il a reçu plusieurs récompenses. Son activité de médecin lui a fourni énormément de matière pour ses récits (principalement des nouvelles) dans lesquels sont développés des thèmes très sérieux voire dramatiques, abordant des problèmes de société qui touchent particulièrement la Russie du XIXè siècle. Dans cette nouvelle « La Dame au petit chien » Tchékhov nous narre une histoire d’adultère. Une dame promène son ennui et son chien sur la digue d'une station balnéaire, à Yalta, au bord de la mer Noire. Un homme solitaire la remarque, l'aime, mais ne peut triompher de toutes les barrières qui se dressent sur le chemin de leur bonheur. Le séducteur se laisse prendre à son propre jeu, ce jeu de séduction devient une passion amoureuse. Le bonheur et le malheur sont alors étroitement liés. On se pose des questions sur la passion, le couple, le désir et ce que chacun cherche chez l'autre...

- "Les autres" d’Alice Ferney (2006) : Alice Ferney est née en 1961, a soutenu une thèse en sciences économiques. Elle est maître de conférences à l'université d'Orléans. Elle a publié 10 romans dont les thèmes principaux sont la féminité, la différence des sexes, la maternité et le sentiment amoureux. Le mariage est son sujet de prédilection. Elle s’est engagée dans divers horizons : lors du débat français sur le mariage homosexuel, affirmant son opposition à la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui. Elle a aussi publié un roman documentaire en 2014 "Le règne du vivant" pour protéger les baleines et lutter contre la surpêche et le braconnage. "Les autres" est un roman divisé en 3 parties : Choses pensées, Choses dites, Choses rapportées. Ce sont les mêmes impressions et réflexions des personnages lors d’une soirée d’anniversaire. Théo, 20 an, a reçu en cadeau un jeu de société dont les questions portent sur la façon dont chacun envisage l’autre. Cela amène chacun à dévoiler ce qu’il pense des autres protagonistes et ce qui provoque quelques affrontements. Cette réflexion offre la possibilité aux lecteurs de noter les différences de jugement entre ce que pensent les personnages et ce que les autres perçoivent de lui.

- "Le livre des Baltimore" de Joël Dicker (2015) Dicker est un écrivain suisse de langue française, né en 1985 à Genève. Il étudie le droit à l’Université de Genève. Depuis son plus jeune âge, il se passionne pour la musique et l’écriture. Il est désigné comme le « plus jeune rédacteur en chef de Suisse ». Une première nouvelle, "Le Tigre", est primée en 2005 en Suisse. En 2010, il reçoit le Prix des écrivains genevois pour son premier roman "Les derniers jours de nos pères" et en septembre 2012, il sort son deuxième roman, "La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert" qui obtient le prix littéraire de la vocation Bleustein-Blanchet 2012, le Grand Prix de l'Académie Française 2012, le Goncourt des lycéens 2012 et le prix Tulipe 2013 (premier lauréat français pour ce prix de littérature aux Pays-Bas).

Marcus Goldman, le héros de "L'affaire sur l'affaire Harry Québert", est devenu écrivain à succès. Il souhaite écrire le roman sur la famille de son oncle, excellent et riche avocat de Baltimore. Tout sourit à son oncle, sa tante, son cousin et leur fils adoptif : succès, argent, humilité, amour, fraternité. Marcus est fasciné par le talent, le style de vie et aussi par leur simplicité et leur gentillesse. Marcus compare avec la vie de ses parents et il aimerait être un Goldman de Baltimore et non pas un Goldman de Montclair, peu fortuné. Il forme avec son cousin et l'enfant adoptif du couple, le gang des Goldmann, soudé à la vie à la mort. Mais cette jeunesse super heureuse va se fissurer et nous allons assister à une décadence de la riche famille. L’auteur nous entraine dans cette histoire familiale et on le suit avec plaisir. On sait dès le début que cela se finira par un drame, car dès les premières pages, l’auteur dit : c’était avant le « Drame », toujours avec un « D » majuscule pour en souligner l’importance. Des drames, il y en a plusieurs au cours de l’ouvrage mais le Drame, c’est celui de la fin, celui qui nous fait tourner les pages et nous empêche de lâcher le livre. On ne peut résister à l’envie d’en savoir plus sur cette famille, d’en percer les secrets qui ont amené le riche et brillant avocat de Baltimore à devenir caissier dans une supérette. Même si les thèmes sont connus et qu’il n’y a aucune nouveauté, ce livre est très plaisant à lire.

Prochain et dernier rendez-vous de l'année scolaire : jeudi 9 juin à 18 h : la parole est donnée aux collégiens pour leurs coups de cœur : Venez écouter et encourager ces jeunes lecteurs passionnés !

Publié dans CLUB LECTURE

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