La Route de la Soie

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La bibliothèque accueillait pour l'apéritif thématique de mars, Philippe Rouinssard qui présenta "La Route de la Soie" ou plus exactement les Routes de la Soies car il y a plusieurs voies possibles, c'est en réalité un faisceau de pistes.

Du IVe siècle avant Jésus-Christ jusqu'au XVe, la Route de la Soie, voie mythique, va convoyer richesses, savoirs, hommes, religions, cultures. Le mythe et l'histoire se côtoient étroitement durant ces millénaires d'échanges.

Avant la soie, ce sont cuivre, lapis-lazuli et encens qui seront transportés sur ces routes transcontinentales. La découverte de la soie apparaît en 2 700 avant notre ère et son secret est jalousement gardé par l'Empire du Milieu. C'est Alexandre le Grand le premier qui va relier l'Europe à l'Asie (18 000 km) et va être à l'origine d'un véritable brassage de peuples, de cultures, de religions, d'idées et de savoir. Les Romains achèteront la soie à prix d'or, on assiste à une très importante fuite des devises romaines vers l'Orient à tel point que pour certains historiens, ce déficit précipitera la chute de l'empire romain. La Route de la Soie s'effacera pour la route des richesses à la fin du IIIe siècle. Grace à l'invention du papier en Chine, elle deviendra, du Japon à la Méditerranée (l'Europe est encore méfiante), la route de l'écrit. Route du verre coloré également, qui à l'inverse fait le voyage de Rome vers la Chine. Céramiques, kaolin, perles et coquillages (qui servaient de monnaie), cornes de rhinocéros, opium, thé, épices, or, argent, fer, bronze, corail, laque, encens, fourrures ...circulent également sur ces routes. Des mouvements d'hommes, marchands ou marchandises (esclaves, concubines...) accompagnent ces richesses.

C'est aussi la route des mythes, des légendes, des fables et des fantasmagories. Ces fantasmes ajoutés aux erreurs géographiques découragent les Européens pour plusieurs siècles. On pourra également appeler ces pistes, les routes de la foi en raison des différentes religions qui vont essaimer le long de leurs tracés. La première religion monothéiste, le mazdéisme apparaît au IIe millénaire avant J.C., réformé, il deviendra le zoroastrisme. La religion juive, bien que née, à une des extrémités des routes de la soie, se propage peu hors de Judée. Avec le bouddhisme, né en Inde, il y a un intense mouvement de manuscrits en sanskrit, chinois ou tibétain qui transite le long de la route de la soie, car pour être un grand saint, il faut être un traducteur. Le nestorianisme, suivi du christianisme puis du manichéisme vont se succéder au cours des siècles. C'est l'Islam, professé par Mohammed au début du VIIe siècle qui avançant le long de la Route de la Soie, avec le livre et également le sabre, touchera le plus de monde et aura le plus grand impact. Religion du voyage, elle se propage en suivant les routes des marchands, des voyageurs et des pèlerins mais va très vite se diviser en trois branches : chiite, sunnite et ibadite. Les cartographes, les marins arabes précisent les contours des terres. Les scientifiques et les médecins mélangent leur savoir avec ceux des Indiens et des Chinois. Malgré tout, mythes et fantaisies perdurent, la Route de la Soie continue de développer une aura magique.

L'expansion mongole est bien plus rapide et spectaculaire que les conquêtes arabes. Le chef de toutes les tribus, Gengis Khan, proclame l'empire mongol en 1206, la Chine du Nord est conquise, son fils lui succède et villes et pays vont tomber. En moins d'un siècle, ils ont conquis un vaste empire qui va éclater à la mort du troisième Khan, en 1294.

Marco Polo,  accompagné de son père et de son oncle partent pour la Chine, Marco obtient quelques missions auprès du dernier Khan. On a peu d'informations sur les trente-cinq années passées en Chine par le Vénitien.  Ses aventures auxquelles affabulations et exagérations ont été ajoutées en ont même fait douter plus d'un. Mais les Polo se sont réellement enrichis, preuve qu'ils ont bien effectué le voyage.

Tamerlan, l'ultime voyageur à arpenter la Route de la Soie est Turc, de religion musulmane mais à l'idéologie et aux fantasmes mongols. Personnage très complexe et grand conquérant de l'Asie Centrale jusqu'à l'Anatolie, il est le dernier à relier l'Europe et l'Asie.

Le fil de soie est-il cassé ? La Chine se ferme en 1450, les troubles en Asie réduisent nombre de marchands et de caravaniers. Les Ottomans coupent la Route de la Soie en s'emparant de Constantinople. L'Europe entre dans une période de crises et de guerres. On a découvert le secret de la soie. L'avenir de l'Europe se joue sur la mer dorénavant. Le conquérant ou l'explorateur vont vers le Sud ou l'Ouest. Les mythes sont morts, commencent les aventures...

 

 

 

 

Les caravanes sur les Routes de la Soie

Les caravanes sur les Routes de la Soie

Empire d'Alexandre le Grand

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Les différentes routes : un faisceau de pistes

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Cuivre, encens et lapis-lazuli sont les premières richesses circulant sur les routes transcontinentales

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Les verres colorés quittent Rome pour la Chine : la technique de la fabrication n'est pas connue des Chinois

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Des épices aux mulitples parfums et couleurs

Des épices aux mulitples parfums et couleurs

Les cauris (coquillages) ont servi de monnaie durant des siècles

Les cauris (coquillages) ont servi de monnaie durant des siècles

Le kaolain à l'origine de la célèbre porcelaine de Chine

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Mythes, légendes, fables et fantasmagories

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Personnage mythique frayant aux abords de la Route de la Soie

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Le célèbre Gengis Khan, premier empereur mongol (1162-1227)

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L'empire mongol à son apogée

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Tamerlan (1336-1405), le dernier voyageur qui relie l'Europe à l'Asie

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Le public

Le public

Philippe répond aux questions : Il n'y avait pas une langue mais le sogdien était la langue des marchands

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Publié dans APERITIFS THEMATIQUES

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