APÉRITIF THÉMATIQUE 29 NOVEMBRE 2022
APERITIF THEMATIQUE GENEALOGIE
Mode d'emploi réalisé par Monique, à vous de chercher vos ascendants !
Accueil : Nous avons tous des archives familiales, papiers d’état civil, papiers professionnels, photos, documents divers ayant trait à la vie de nos ancêtres. Et il y a aussi la mémoire orale familiale, transmise par nos parents, grands-parents, ou autres personnes, intra ou extra famille. Parfois, nous ne comprenons pas les relations intra familiales dont nous avons entendu parler, ou alors nous avons besoin de vérifier si ce qu’on nous a dit est exact. C’est d’ailleurs souvent le point de départ de recherches généalogiques.
Quelles sont les ressources à notre disposition ?
1 : Les actes d’état civil, depuis 1793 : naissances, mariages, décès. Ils sont notés classiquement NMD dans les sources.
Ces actes sont consultables, ou peuvent être demandés, gratuitement, dans les mairies où ils ont été établis, pour les actes de plus de 75 ans (en pratique >100 ans). Pour les actes de moins de 75 ans, il faut prouver son identité et son lien de filiation avec la personne pour laquelle on demande l’acte. Ces actes sont consultables, dans les mêmes conditions, sur internet ou en salle de lecture aux archives départementales. Les archives départementales peuvent posséder des archives antérieures à celles que l’on trouve sur internet.
Avant de se rendre aux archives départementales, penser à téléphoner pour réserver un poste de lecture pour le moment que vous aurez choisi. Presque tous les départements français ont mis en ligne leurs actes d’état civil. Pour le département du Doubs, les mises en ligne se font progressivement. Actuellement, les communes du Doubs dont l’état civil est en ligne sont celles commençant par la lettre A jusqu’à celles du début de la lettre P.
2 Les registres paroissiaux, avant 1793 ; ils sont notés BMS : baptêmes, mariages, sépultures. Ces registres paroissiaux devaient être tenus par le prêtre dans chaque commune depuis l’ordonnance de Villers Cotterets de 1539. Ces registres sont consultables sur internet, pour les départements les ayant mis en ligne, ou en salle de lecture aux archives départementales.
3 Les tables décennales : dans chaque commune, depuis 1793, tous les 10 ans, des listes alphabétiques des naissances, mariages et décès. Sur ces tables, sont uniquement notés les noms, prénoms et dates des personnes et des actes d’état civil. Pour les grandes villes, il est souvent ajouté le numéro de livre où trouver l’acte en question. Ces tables sont indispensables au généalogiste pour cibler les recherches à effectuer. Elles sont consultables librement dans les mairies, sur internet et aux archives départementales. Pour le Doubs, toutes les tables ont été mises en ligne.
4 Les recensements : Consultables sur internet (pour les recensements > 75 ans) ou aux archives départementales. Depuis 1801, (Napoléon), les recensements sont pratiqués tous les 5 ans, au moins jusqu’après la guerre de 1940. Pour le généalogiste, ils fournissent des indications concernant l’adresse et la composition de la famille et la relation avec le chef de famille à ce moment là, l’âge et le lieu de naissance des personnes, leur profession. Cela donne aussi un aperçu de l’environnement dans lequel vivaient nos ancêtres. Ces recensements sont assez faciles à utiliser dans des petits villages, mais il devient plus compliqué d’y retrouver des personnes précises dans des grandes villes, à moins de connaître exactement l’adresse où elles vivaient (adresse parfois notée dans les actes d’état civil). Il faut alors faire toutes les pages pour retrouver la famille en question, et cela peut être fastidieux.
5 Les archives militaires : Consultables sur internet jusqu’en 1921, ou aux archives départementales, les archives des registres matricules existent depuis 1867 et donnent accès aux livrets miliaires des hommes, selon leur classe d’incorporation, qui correspond à l’année de leurs 20 ans. Ces registres donnent des détails sur l’état civil de la personne, sur sa profession, sur ses caractéristiques physiques (taille, couleur cheveux, yeux, forme visage), sur son degré d’éducation (de 0 à 5), et bien évidemment, sur son parcours militaire. Il existe aussi le site « Mémoire des hommes », consacré aux soldats morts pour la France lors des différents conflits.
6 Les archives notariales : consultables parfois sur internet, sinon aux archives départementales (connaître le nom du notaire). Il s’agit des inventaires après décès, des contrats de mariage (très fréquents autrefois), des testaments, etc. Là aussi, c’est une mine d’informations possibles, car outre l’état civil complet de la personne, cela donne des informations sur son statut social, ses biens matériels.
Notions à connaître avant de commencer une recherche
La généalogie est un travail de recherches de longue haleine, qui demande ordre et une certaine méthodologie.
Chaque individu est numéroté par un numéro dit « SOSA » ; la personne à partir de laquelle vous démarrez votre arbre est dite la personne souche et porte le numéro 1. Ensuite, tous les hommes portent un numéro pair et toutes les femmes un numéro impair. Ainsi, si vous êtes le numéro 1, votre père est le numéro 2, votre mère le numéro3, vos grands parents paternels porteront respectivement numéros 4 et 5, vos grands parents maternels seront numéros 6 et 7. Et ainsi, tout sera doublé à chaque génération. Il est donc très important de bien numéroter tous les individus, car, en doublant à chaque génération, on arrive vite à des chiffres importants, et cela permet de retrouver rapidement un individu dans votre arbre.
Des abréviations sont utilisées pour noter les actes : O pour naissance, X pour mariage et + pour décès.
Il est important de consigner toutes vos recherches sur un cahier, avec le numéro de la page où vous avez trouvé l’information, la date de l’acte, le nom et le numéro SOSA de la personne concernée ou supposée. Personnellement, je stabilote ensuite pour confirmer ou infirmer mes recherches. Nous avons souvent à revenir sur ces recherches, et ces notes évitent de devoir compulser à nouveau des pages et des pages d’actes.
Il est important aussi de noter les sources d’où proviennent vos recherches. Par exemple : NMD ou BMS de telle commune, de telle année et surtout à telle page. C’est utile pour vous, pour retrouver rapidement un acte, et ce sera utile pour d’autres généalogistes, si vous mettez votre arbre en ligne. De la même façon, si vos sources proviennent d’autres généalogistes, il faut le préciser.
Pour inscrire ses recherches, deux possibilités : le faire sur papier ou/et sur internet. Personnellement, j’utilise les deux méthodes. J’utilise des imprimés intitulés « MARIAGE », sur lesquels je note, au recto, tout ce qui a trait à un couple et au verso, tout ce qui a trait aux enfants de ce couple (préciser que je note les enfants et ce que j’en connais, je ne vais pas chercher à faire branches descendantes, sauf pour ma fratrie, mes cousins/cousines).Vous pouvez trouver d’autres documents du même type, mais sous une autre forme. J’utilise également un document qui permet de noter et voir rapidement les différentes ascendances de mon arbre en y inscrivant chaque génération.
J’utilise aussi un logiciel de généalogie, (Généatique), que j’ai acheté, sur lequel je note mes recherches et j’adhère à un site de généalogie. Cela me permet de mettre en ligne mes recherches, et de pouvoir consulter des recherches et échanger avec d’autres généalogistes.
Cependant, il est tout à fait possible de faire son arbre gratuitement sur internet, par exemple avec le site Généanet. Il suffit juste de se créer un compte.
Il peut être judicieux d’avoir à portée de main un atlas, ou une carte détaillée de la région sur laquelle vous travaillez. Autrefois, les personnes se déplaçaient peu, et si on ne trouve pas une information dans un lieu, il est bien de pouvoir élargir aux villes et villages environnants, d’où l’utilité d’une carte. De plus, je trouve intéressant de visualiser sur une carte les lieux où ont vécu mes ancêtres, cela les rend plus vivants, me semble t’il !
Dernier accessoire utile : le calendrier républicain, que vous trouvez facilement sur internet, et qui permet de convertir les dates du calendrier républicain en dates du calendrier grégorien, pour les périodes entre l’an II et l’an XIV, c'est-à-dire entre septembre 1793 et décembre 1805.
Concernant l’élaboration de votre arbre généalogique, vous trouverez, sur internet, différents modèles : sous forme d’arbre, de tableau horizontal, vertical ou circulaire. De la même façon, vous trouverez des tableaux pour 4 ou 5 ou 10 ou 15 générations.
Mise en pratique d’une recherche dans les actes d’état civil
Nous allons faire une recherche d’ascendance, c'est-à-dire qui remonte de parents en parents. Personnellement, j’essaie de retrouver les enfants de chaque couple, il s’agit alors d’une recherche de descendance. Je trouve que cela situe mieux nos ancêtres et nous les rend plus familiers. J’ai le sentiment de partager un peu de leur intimité lors de chaque évènement heureux ou malheureux. Les parents avaient souvent de nombreux enfants, mais la mortalité périnatale était très importante (mères et enfants en bas-âge). Et au fil des recherches, étant donné que les populations se déplaçaient peu, nous pouvons retrouver assez facilement le devenir de ces enfants. Nous pouvons aussi étendre les recherches à la descendance de toutes les descendances ; c’est ainsi que se constituent les cousinades qui rassemblent des centaines d’individus. Pour notre part, et dans notre exemple, nous allons nous contenter de faire une recherche ascendante sur la lignée paternelle, en inscrivant aussi les enfants de chaque couple. Et c’est déjà un travail de longue haleine !
Je vais prendre mon exemple pour faire mes recherches.
Je connais mon état civil, mais supposons que j’ignore où et quand sont nés mes parents. Je demande donc, à ma mairie de naissance, une copie intégrale de mon acte de naissance.
Sur cet acte sont indiqués : la date, l’heure et le lieu de ma naissance, mes prénoms et nom, mon sexe, les prénoms et noms de mes parents, ainsi que leurs dates et lieux de naissance et leurs professions. Il est précisé aussi que mes parents sont mariés et que c’est mon père qui a déclaré ma naissance. En marge de mon acte de naissance se trouve une mention marginale qui indique date et lieu de mon mariage et le nom de mon époux. Les mentions marginales précisent tout événement qui a trait à l’état civil d’une personne : adoption, reconnaissance, mariage, pacs, divorce, décès. Elles sont donc très importantes pour le généalogiste.
Avec cet acte de naissance, nous sommes déjà en possession de nombreuses informations. Mon père, André BOLLE, est né à Roche, le 28 novembre 1926, mais qu’en est-il de ses parents ? Les archives de Roche n’étant pas encore en ligne, je vais aller à la mairie (ou aux archives départementales) pour les consulter. Auparavant, afin de cibler mes recherches, je vais consulter, en mairie ou sur internet, les tables décennales de Roche, afin d’y rechercher le patronyme BOLLE dans les naissances, mariages et décès, par décennies. Munie de ces résultats, je vais demander en mairie à consulter les archives municipales d’état civil correspondantes. Pour les communes qui sont intégralement en ligne, la recherche se fait de la même façon, mais depuis votre ordinateur. Les actes de plus de 75 ans sont en consultation libre. Pas de photocopies autorisées, qui risquent d’abimer les registres, mais vous pouvez prendre en photos les actes.
Revenons à ma famille.
Je vais avoir accès, en mairie, à l’acte de naissance de mon père, à l’acte de mariage de ses parents et de ses grands parents. Sur ces actes de mariages sont indiqués : la date et le lieu du mariage, les noms, prénoms date de naissance (ou âge), lieu de naissance et profession et domicile des futurs époux, les noms, prénoms, profession et domicile des parents des parents des futurs époux, ainsi que le mention décédé(e) avec date et lieu du décès le cas échéant. Il est indiqué également s’il y a eu contrat de mariage, et si oui, la date et le nom du notaire. Ne pas négliger les noms et qualités des témoins, qui donnent souvent des indications sur les membres de la famille. Remarquer aussi les signatures : les futurs époux, leurs parents savent ils signer?
Je constate que mon arrière grand père est né à Marchaux, commune qui est en ligne, je vais donc pouvoir continuer mes recherches sur internet. De la même façon, je vais rechercher la famille BOLLE sur les tables décennales de Marchaux, et noter les naissances, mariages et décès que je vais trouver dans les différentes décennies. Rechercher alors les actes correspondants. Remonter ensuite sur les tables décennales, en procédant toujours de la même façon avec consultation des actes ensuite. Remarquer les variantes orthographiques pour écrire le patronyme BOLLE/BOLE/BAUL/BAULE. Au fil des générations, les noms de famille peuvent se transformer. Sur tous les actes, prêter attention aux personnes déclarantes, qui peuvent donner des indications, notamment les actes de décès. Pour conclure avec les recherches dans l’état civil, vous voyez donc que c’est une gymnastique permanente entre tables décennales et actes d’état civil, avec parfois le soutien des archives de recensements.
Mise en pratique d’une recherche dans les registres paroissiaux (BMS)
Avant la révolution française, les évènements de la vie sont consignés par les prêtres dans les registres paroissiaux. La naissance est conjointe au baptême et le décès à la sépulture. D’où la notion de BMS : baptêmes, mariages, sépultures. Le papier était cher, donc les actes sont parfois rédigés de façon assez brève. De plus, les écritures peuvent être difficiles à déchiffrer. Et là, il n’y a pas de table décennale pour nous aider. Il arrive que certains prêtres récapitulent les actes en fin d’année, mais cela reste rare. Par conséquent, la seule solution est de nous armer de courage pour éplucher, page après page, les registres paroissiaux de la commune nous intéressant. D’où l’importance de noter sur un cahier, au fur et à mesure de nos recherches, tous les noms pouvant avoir trait à nos ancêtres, ainsi que la page, car vous serez obligés d’y revenir souvent. De la même façon que pour les actes d’état civil, ne pas négliger les détails tels que les noms des témoins au mariage, les noms des parrains et marraines, les noms des déclarants à un décès ; ils nous donnent des éléments précieux sur les relations intrafamiliales. En général, c’est le mariage qui donnera le plus de précisions concernant un couple, à savoir leur âge approximatif, le nom de leurs parents et le lieu où ils résident.
Revenons à notre recherche qui concerne François BAULE . Il est dit, sur son acte de mariage, qu’il est né à Palise, le 15/09/1788. Nous allons trouver les archives de Palise sur internet, ou aux archives départementales.
Nous allons donc feuilleter les registres paroissiaux, pour trouver sa naissance. De même, nous allons rechercher le mariage de ses parents et à partir de là, rechercher éventuellement sa fratrie. Nous constatons que, sa mère est morte en novembre 1790 (page 336) et que son père s’est remarié en janvier 1791 (page 340). Puis, nous remontons le fil du temps pour trouver le mariage de ses parents en 1785 (page 261), qui va nous donner les noms de ses grands parents, et ainsi de suite.
Vous verrez que c’est un travail de fourmi, passionnant, addictif. Parfois, nous cherchons longtemps une information, date ou lieu, d’un évènement, mais quelle joie quand enfin nous trouvons ! Et parfois, nous ne trouvons pas ; alors, il faut savoir laisser en attente et se dire que peut-être un jour….
J’espère vous avoir donné envie de partir à la recherche de vos ancêtres, et je vous souhaite de belles découvertes.
Généalogie, comment faire ?
Mardi 29 novembre à 18h30
à la bibliothèque, 5 rue des Ecoles
Roche-lez-Beaupré
Osez vous lancer pour remonter le fil du temps et retrouver la piste de vos ancêtres !
Monique, bénévole à la bibliothèque, pratique la généalogie depuis de nombreuses années. Elle vous expliquera pas à pas comment débuter, quels outils utiliser (documents, archives papier et internet) où trouver des renseignements, comment classer ses recherches…
Il s'ensuivra un apéritif convivial au cours duquel vous pourrez échanger avec Monique
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