CLUB LECTURE JUIN 2024
Livres présentés lors de la séance du 27 juin 2024 :
- Casablanca circus, de Yasmine Shami
- Et moi je me contentais de t'aimer, de Rosella postorino
- D'or et de jungle, de Jean Christophe Ruffin
- Chaleur humaine, de Serge Joncour
- Un monde à refaire, de Claire Deya
Prochain Club Lecture :
jeudi 12 septembre 2024
de 17h à 18h30
Casablanca Circus
de Yasmine Chami
Yasmine Chami est née en 1966 à Casablanca. C’est une romancière Franco-Algérienne. Elle poursuit ses études à Paris au lycée Louis- Le-Grand et intègre l’école normale supérieure Ulm en philosophie. Elle obtient l’agrégation en sciences sociales.
Elle publie son premier roman en 1999. A la naissance de ses fils en 2001 à New York elle décide de retourner vivre au Maroc.où elle dirige la villa des arts de Casablanca. Elle fonde et dirige pendant 10 ans une entreprise de production audiovisuelle. Elle y aborde entre autre les questions liées au patriarcat, l’éducation, la place des femmes, l’argent, la sexualité et la transmission religieuse. Depuis 2012 elle se consacre à l’enseignement. Elle fait son retour en littérature en 2017. Casablanca circus est son 5ème roman. Publié en 2023.
En 2002 : Cérémonie
En 2017 :Mourir est un enchantement
En 2018 : Médée chérie
En 2022 : Dans sa chair

May et Chérif sont Marocains. Ils se rencontrent en France pendant leurs études et partagent une vision idéaliste de leur avenir. Elle est issue d’une famille qui vit dans les hauteurs verdoyantes de Casablanca et lui pas loin du consulat de France dans un immeuble habité par des familles italiennes. Ils s’unissent et ont un premier enfant, Illas. A l’annonce d’une deuxième grossesse ils décident de rentrer au pays.
Chérif est architecte, associé à Pierre, et May est historienne.
A leur arrivée à Casablanca, Chérif et May sont logés dans un appartement mis à leur disposition par les Parents de May, Malika, juriste et Fouad, Médecin à l’hôpital public. Malika propose à sa fille la présence d’Yamna qui fut présente tout au long de son enfance.
Pierre et Chérif installe leur agence à Casablanca. Ils sont alors sollicités par Nessim, cousin de Malika et promoteur immobilier bien installé dans la ville. La politique en cours pour les constructions à Casablanca est la suppression des bidonvilles encore existant afin de redonner toute sa splendeur à la ville.
Chérif soumet à May ce projet mais celle-ci connaissant l’attrait de son cousin pour le luxe et la réussite met en doute les valeurs profondes du recasement des habitants du bidonville de Kariane, situé au bord de l’océan et à l’abri du phare. Elle décide alors de visiter les habitants de ce bidonville pour faire connaissance et recueillir la parole de ces oubliés que l’on va déplacer à des kilomètres de leur travail sans pouvoir se rendre dans le centre de leur ville faute de transports. Afin de témoigner du vécu de ces futurs recasés, elle visitera tous les jours certains habitants qui accepteront de livrer leurs sentiments et en complet désaccord avec ce projet. De confidences en confidences, malgré leur pauvreté et la précarité elle se rend compte qu’ils vivent dans la joie et l’entraide face à la beauté de l’océan. Ils arrivent par de menus travaux et services à gagner leur vie.
S’installe alors une grande incompréhension entre Chérif et May, Chérif ne voyant que le confort de ces futurs logements salubres et May ne voyant que l’isolement de ces personnes qui seront éloignés du centre ville et abandonnés à leur triste sort.
Chérif est à la recherche d’une reconnaissance sociale et rapide pour lui et sa famille et il veut être le chef de famille. C’est une prise de position sur la condition des femmes qui se trouvent reléguées au rang d’épouse, de mère, de sœur et fille dans un pays où le patriarcat règle la vie des familles.
May donnera naissance à sa fille Selma en décembre. Pourra-t-elle éviter une rupture avec Chérif.
Elle fera éditer son livre, signé par tous les habitants du bidonville qui lui ont confié leurs joies et leurs peines et reprendra son poste d’enseignante. Quant à Chérif, il sera confronté à l’abandon de certains projets (lignes de bus, restrictions des subventions pour les constructions, inflation, afflux supplémentaire de personnes suite à la destruction d’un autre bidonville). Il ne restera plus grand-chose du projet qu’il avait mis en œuvre. Et le but n’était pas de reloger des personnes dans la précarité, mais de redonner à Casablanca toute sa splendeur, et à tous ces notables de la ville de pouvoir vivre dans l’opulence sans avoir sous les yeux les désagréments de toute cette pauvreté.
Ainsi va la vie dans de nombreux pays !!!!!
Et moi je me contentais de t'aimer
Rosella Postorino
est née en Calabre le 27 aout 1978.
C'est une auteure italienne qui a reçu de nombreux prix italiens notamment le prix Vigevano Lucio Mastronardi en 2018 pour son roman " La goûteuse d'Hitler " son seul livre traduit en français à l'heure actuelle.
Elle vit à Rome.

L'histoire commence à Sarajevo au printemps 1992. Omar un petit garçon de 10 ans passe ses journées à la fenêtre de l'orphelinat en attendant que sa mère revienne. Ses souvenirs sont flous entre tirs d'obus et bruits de bombe dans des quartiers totalement détruits par la guerre. Seule Nada une petite fille aux beaux yeux bleus parvient à l'apaiser . elle a un frère Ivo qui a été mobilisé.
Son passe temps c'est de dessiner tout ce qu'elle voit , tout ce qu'elle ressent dans cet enfer quotidien.
Puis les autorités décident d'évacuer les enfants en bus humanitaire puis en avion dans un univers en paix L'Italie.
Mais si "maman" est vivante comment va t'elle me retrouver.?
Omar s'enferme dans un mutisme maladif et répète sans cesse cette même phrase "et si maman est vivante et me cherche" ???
Au cours de leur passage qui ne se fait pas sans difficultés ils vont faire la connaissance de Danilo qui va lui faire une promesse "tenter à tout prix de retrouver leurs parents".
Bringuebalés d'institut en maison d'accueil ils vont être pris en charge par les sœurs d'un couvent qui vont tant bien que mal les élever.
Omar s'isole beaucoup mais Nada veille sur lui.
Un jour Omar retrouve son frère Sen et quelques années après leur arrivée en Italie ils vont être adoptés par une famille italienne très pieuse , qui vont essayer de les baptiser et de leur inculquer leur foi.
Mais c'est sans compter sur l'entêtement de Omar qui se rebelle et n'a qu'une idée entête "retrouver sa mère."
La famille adoptive va rencontrer des situations épouvantables au contact de ces deus jeunes gens , car le temps a passé et ce sont deux adolescents difficiles à élever, pleins de contradictions et emplis de rancœur face à la vie imposée.
Nada et Danilo de leur côté vont mener leur bout de chemin et vivre une vie pleines de situations inattendues sur fond de passé traumatisant .
Vont 'ils retrouver leur liens familiaux ???
Tous ce jeunes gens ont perdu leur identité originelle et vivent en permanence avec ce passé enfoui au fond d'eux même qui ressort trop souvent pour connaitre la sérénité.
D’OR ET DE JUNGLE, DE JEAN CHRISTOPHE RUFIN
L’auteur : Jean Christophe Rufin, né à Bourges en 1952, est un médecin, écrivain et diplomate français. Il reçoit en 1997 le prix Goncourt du premier roman pour « L’Abyssin », et en 2001 le prix Goncourt pour le roman historique « Rouge Brésil ». Il est élu en 2008 à L’Académie française, il fut président d’Action contre la faim de 2002 à 2006 et a été nommé, en 2008, ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie. Ses romans d’aventures, historiques, politiques, s’apparentent à des récits de voyages, souvent historiques, ainsi qu’à des romans d’anticipation.

Le roman : D’or et de jungle est un roman d’aventure, paru en février 2024. Dans ce roman, l’auteur va nous faire vivre la genèse, la préparation et la mise en œuvre d’un coup d’état. Le grand orchestrateur de cette machination se nomme Ronald, baroudeur d’une cinquantaine d’années qui sait être persuasif et parvient toujours à ses fins avec ses interlocuteurs. Ronald a l’ambition de changer l’ordre du monde et de défier les pouvoirs en place. Pour ce faire, il va imaginer une machination très convaincante, sous forme d’un coup d’état, qu’il va soumettre à un groupe d’investisseurs multimilliardaires de la Silicon Valley californienne, l’idée étant pour eux de se doter d’un état indépendant, sans les contraintes fiscales et éthiques des lois américaines. Le choix du pays va se fixer sur Brunei, petit état situé sur l’île de Bornéo, gouverné par un sultan sans aucune opposition, mais état très riche grâce à ses gisements de pétrole. En France, à Nice, et dans le plus grand secret, toute une équipe de techniciens très pointus est recrutée pour préparer le coup d’état. Parmi eux, il y a Flora qui va se rendre sur place pour faire des repérages. Le principe va être d’ébranler le pays en diffusant de fausses informations sur l’état de santé du sultan, sur la fin des revenus financiers dus au pétrole, sur la moralité douteuse du fils héritier du sultan. Cela contribuera à créer un climat de tension dans le pays. L’intrigue est très bien menée, à la façon d’un roman d’espionnage. L’aventure est savoureuse et nous entraîne dans les rouages de cette opération secrète tout à fait réaliste. Il y a du vécu dans les descriptions de Bornéo : on a le son et l’image ! Comme toujours avec cet auteur, l’écriture est très plaisante, simple, fluide. C’est un roman passionnant que je vous invite vivement à découvrir.
CHALEUR HUMAINE DE SERGE JONCOUR
L’auteur : Serge Joncour est un écrivain français né à Paris en 1961. Il pratique différents métiers, maître-nageur, publicitaire, …, avant de se lancer dans l’écriture en 1998, avec un premier roman ayant pour titre « Vu ». Il écrit en 2010 le scénario du film « Elle s’appelait Sarah », d’après le roman de Tatiana de Rosnay. Il est un des protagonistes de l’émission hebdomadaire de France culture « Des papous dans la tête », qui consistait en des jeux radiophoniques et littéraires. En 2018, Serge Joncour obtient le prix Landerneau pour le roman « Chien-loup » et en 2020 le prix Femina pour « Nature humaine ». Le roman « Chaleur humaine », paru en août 2023, reprend les mêmes personnages que dans « Nature humaine », mais trente ans plus tard.

Le roman : Ce roman est un huis clos familial, qui se déroule sur deux mois, entre fin janvier et fin mars 2020. Alexandre est fermier aux Bertranges, dans le Lot. Depuis trente ans, il a repris l’exploitation familiale et demeure dans la ferme de son enfance, dans les prés du haut, près de ses vaches. Ses parents occupent maintenant une maison située plus bas, mais Alexandre est très présent auprès d’eux. Il est fâché depuis trente ans avec ses trois sœurs, Vanessa, Agathe et Caroline, qui ont vendu leurs terres à un groupe qui y a installé des éoliennes et une station de maintenance pour une société d’autoroute. Alexandre mène une vie simple, proche de la nature, très éloignée de la vie citadine que mènent ses trois sœurs. Mais tout va être bousculé quand arrive l’épidémie de coronavirus. Une à une, les trois sœurs vont chercher refuge chez Alexandre afin d’échapper à l’épidémie et à la morosité ambiante. Et chacune arrive avec ses soucis et ses rancœurs. Alors Alexandre devra composer et tempérer, leur proposant un retour à la nature salutaire. Ce roman entremêle l’histoire du monde à l’histoire d’une famille, il parle de liens retrouvés entre les corps et la nature, il aborde les dérèglements climatiques et leurs conséquences sur les hommes, la faune et la flore. Et c’est passionnant à lire!
UN MONDE A REFAIRE
DE CLAIRE DEYA
L’autrice : Claire Deya est une autrice et scénariste française. Le roman « Un monde à refaire », paru en janvier 2024, est son premier roman. Il a obtenu le prix RTL-Lire Magazine de 2024.

Le roman : Ce roman raconte une période assez méconnue de l’après guerre. Nous sommes au printemps 1945, sur les côtes de Provence, entre Hyères et Saint-Tropez. L’Allemagne vient de capituler, mais les peurs sont toujours très présentes dans la population. Les plages sont remplies de mines laissées par l’envahisseur et doivent être déminées avant de laisser la population retrouver une vie normale. Une équipe de résistants et d’aventuriers est mandatée pour s’atteler à cette tâche très périlleuse. Des prisonniers allemands sont réquisitionnés pour les assister, et pour parcourir le terrain après déminage, afin de s’assurer que toutes les mines ont été désamorcées. Parmi ces démineurs, nous suivons Vincent, français qui s’est échappé d’un camp de prisonniers en Allemagne, pour retrouver Ariane, son amour resté au pays. Mais Vincent ne retrouve pas Ariane et il apprend qu’elle a travaillé sur place pour des gradés allemands installés dans une grande propriété de la ville. D’où son idée de se faire engager au déminage pour essayer d’avoir des informations par les prisonniers allemands. Parallèlement, nous suivons Saskia, jeune juive d’une vingtaine d’années, libérée d’un camp de concentration et seule survivante de sa famille. Elle se présente à la porte de la maison familiale, mais une autre famille occupe sa maison. Saskia est désemparée et va être hébergée par Vincent. Mais elle n’aura de cesse de rechercher pourquoi et qui a dénoncé sa famille. Ce roman très bien documenté est un roman historique, mais aussi d’aventures et d’amour. Les chapitres sont courts et le récit est captivant de bout en bout.