Club lecture Novembre 2025
Livres présentés lors de la séance du 13 novembre 2025
- Tant mieux, de Amélie Nothomb
- Finistère, de Anna Berest
- La nuit au cœur, de Natacha Happanah
- Le grand monde, de Pierre Lemaître
- Le voleur d'art, de Michael Finkel
- Des enfants uniques, de Gabrielle de Tournemire
- L'enfant de Noé, de Eric Emmanuel Schmitt
- Et la peur continue, de Mazarine Pingeot
- Le dernier gardien d'Hellis Island, de Gaëlle Josso
Prochaine séance : le jeudi 18 décembre de 17h à 18h30
L'enfant de Noé
Eric Emmanuel Schmitt
Pendant la 2è guerre mondiale, Joseph, un enfant juif est hébergé par un prêtre catholique qui accueille également d'autres enfants. Celui-ci ne cherche absolument pas à le convertir.
Très joli texte sur les questionnements de l'enfant sur la religion juive et catholique. Ce livre fait partie du "cycle de l'invisible": 7 ouvrages où chaque fois l'enfant se lie d'amitié avec un adulte qui le prend sous sa protection et lui explique la vie. On aime sa naïveté, son authenticité, sa tendresse.T out est simple.
A lire et à relire ainsi que "la dame en rose", "M. Ibrahim et les fleurs du Coran"

La peur
Mazarine Pingeot
Le mal être de Lucie, malgré un mari aimant, des enfants qu'elle chérit, un travail qui lui plaît. Elle a peur de tout. Ce mal-être explose au moment du suicide de son cousin, après celui de sa cousine quelques années auparavant...Ils étaient 3 cousins qui passaient toutes leurs vacances ensemble . Lucie est la seule à survivre et n'a plus personne avec qui partager ce terrible secret .Apparemment les adultes sont au courant mais personne ne veut en parler.
Un livre sur la peur, difficile à lire mais très bien écrit.
Le dernier gardien d'Ellis Island
Gaëlle Josse
Ellis Island est située en face de Manhattan.
C'est un centre d'accueil pour les immigrés venus d'Europe.
Nous sommes en 1954. Ce centre doit fermer dans cinq jours. Le directeur John Mitchell part dans ses souvenirs et revoit les moments de sa vie heureux pour certains et terribles pour d'autres.
Roman plein d'émotions.

Tant mieux
Amélie Nothomb
est née le 9 juillet 1966 à Etterbeek.
Autrice prolifique elle publie un ouvrage par an depuis 1992, année de son premier roman" Hygiène de l'assassin".
En 2015 elle est élue membre de l'académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique

Le roman
Pour la première fois Amélie Nothong parle de sa mère décédée en 2024 et dont elle n'a pas pu révéler la mort à ce moment là.
Sa mère a vécu un traumatisme dans son enfance .
Dans ce prénom Adrienne se dissimule l'histoire a mère. En 1942 à l'occasion de vacances scolaires elle est confiée à sa grand mère, personnage acariâtre et autoritaire une affreuse créature qui n'aime que son chat .Elle enferme la petite fille à double tour dans une chambre insalubre Elle garde sa petite fille mais ne l'aime pas ; Elle l'oblige à manger des harengs vinaigrés au petit déjeuner . La petite fille les avale contrainte et forcée mais les vomit aussitôt .La grand mère l'oblige à remanger son vomi et tant qu'elle ne l'a pas gardé l'oblige à le re manger.
Elle lui donne pour jouet une cuillère en bois que la petite fille va prénommée Maïzena pour laquelle elle va contracter une immense tendresse.
Cela dure plusieurs jours et au fil du temps la petite fille s'adapte à cette situation et pour parer à toute déprime se dit constamment tant mieux, ce qui restera son leit- motiv tout au long de sa vie.
Elle ne retournera jamais chez cette grand mère.
La petite fille va grandir dans une famille qui bien qu'ayant des comportements bizarres elle va adorer. Au delà des apparences, un père plein de charme et d'esprit, une mère superbe et capable d'élans d'affection la petite fille va grandir dans une atmosphère de non dits, d'absences répétées adoucies par la présence indéfectible d'une amie de cœur la naissance d'un petite sœur adorée.
Elle ne cessera jamais d'adorer ses parents oh combien imparfaits mais l'amour ça ne commande pas il résiste à l'effroi à la souffrance.
Une énigme en relation avec son enfance .
Finistère
Anna Bérest
est née à Paris le 15 septembre 1979.Elle a deux sœurs dont l'écrivaine Claire Berest.
Après les classes préparatoires au lycée Fénelon elle soutient un mémoire d'études théâtrales en dramaturgie baroque.
En 2010 parait son premier roman "la fille de son père" puis plusieurs autres romans.
Mais surtout elle publie en 2021 "la carte postale" qui obtient le prix Renaudot des lycéens .

Le roman
Anne nous entraine au cœur de sa famille bretonne du début du XXème siècle à nos jours.
On y rencontre son arrière grand père Eugène, à la une du progrès, maire de Saint-Paul de Léon en 1909 qui fonde une coopérative et tout particulièrement un syndicat rural professionnel pour défendre les intérêts de sa région bretonne.
Il s'y dévoue corps et âme et quand son fils Eugène devient adulte il veut à tout prix l'intégrer dans ses affaires mais c'est sans compter sur l'opiniâtreté de ce fils qui ne jure que par les études et particulièrement le grec : Etudiant dans les écoles prestigieuses de Paris il deviendra une professeur réputé et malgré sa déception du début son père sera très fier de son fils , très aimant fera tout pout l'aider.
Pui viendra la période des années 68.Le lecteur fera la connaissance de Pierre le père de l'autrice Anne, et le fils d'Eugène( 2), très bon élève mais qui n'aura qu'une idée en tête, faire la révolution , soutenir le prolétariat et surtout vivre libre de toute contrainte. Néanmoins il deviendra un éminent chercheur en mathématique. Il va épouser Leila, une femme libre, sans préjugés, soutenant la liberté sexuelle et vivant au jour le jour. En couple ils ne varieront jamais de leurs idées et ne supporteront jamais la bourgeoiserie.Ils auront trois filles dont Anne l'autrice, qui va adorer son père sans vraiment le comprendre et surtout qui va souvent ne pas se sentir aimée.
Quand Pierre contracte une grave maladie elle va essayer de s'en rapprocher et trouver des réponses à ses angoisses.
Ce roman est une peinture de la société passionnée, émouvante et qui nous tient en haleine de la première à la dernière ligne.
La nuit au cœur
Natacha Appanah
Natacha Appanah est née à l'ile Maurice le 24/05/1973.
Elle descend d'une famille d'engagés indiens de la fin du XIX siècle.
Elle passe les premières années de sa vie à Maurice et vient s'installer en France en 1998.,devient journaliste et romancière.
Son premier roman "les rochers de poudre d'or" sort en 2003 qui raconte l'épopée des indiens engagés.
Second roman "Blue bay palace en 2004 puis "Tropique de la violence en 2016 pour le quel elle obtient le Prix Fémina des lycéens.
Rien ne t'appartient
Et elle vient d'obtenir le prix Fémina pour La nuit au cœur

Le roman
C'est l'histoire de trois femmes qui ont subi chacune un féminicide dont l'autrice. Deux d'entre elles sont mortes; seule l'autrice est vivante et raconte.
Tout d'abord elle narre son parcours : jeune étudiante d'une famille modeste vivant à l'ile Maurice, elle est accostée et attirée par un poète de plus de trente ans qui au fil des jours l'entoure de ses attentions, de ses conseils de sa tendresse...il l'attire chez lui et en fait sa maitresse. Elle a dix neuf ans et ne connait rien des relations amoureuses. Tombée sous le charme elle quitte sa famille qu'elle ne reverra plus pendant 6 ans. Mais ça ne se passe pas comme un beau conte de fée et l'amant devient un tyran. Quand elle s'en aperçoit il est trop tard, elle est soumise et après des années de calvaire elle parvient enfin à s'échapper.
Comme elle était devenue journaliste et romancière elle s'intéresse aux cas similaires au sien.
Elle apprend le décès de sa cousine Emma écrasée par son mari qui est morte dans d'affreuses souffrances. Puis revenue en France elle découvre le féminicide de Chahinez ,une jeune femme algérienne brulée vive par son mari en pleine rue.
Après ces découvertes qui ressemblent beaucoup à son ancienne situation elle décide de faire son enquête, de retrouver les survivants et de le faire témoigner.
C'est un long parcourt où dans chaque instant, dans chaque geste, elle se retrouve. ,Elle se revoit et ne veut pas oublier.
Le grand monde
de Pierre Lemaître
L'auteur :
C’est un auteur et scénariste, il est né le 19 Avril 1951 à Paris .Il étudie la psychologie avant de se lancer dans l’enseignement e la littérature française et américaine. Il se consacre à l’écriture en tant que romancier et scénariste, vivant de sa plume à partir de 2006. Il vit à Périgueux depuis 2023.
Il a à son actif 9 romans. Il obtient le prix Goncourt en 2013 pour ‘’Au revoir là-haut’’ en 2018 il est récompensé par un César pour son adaptation au cinéma.
Trois films sont tournés d’après trois de ses romans.
Cinq séries sont tournées pour la télévision.

L’histoire commence à Beyrouth en 1948.
Angèle et Louis Pelletier ont créé une entreprise de savonnerie. Ils ont 4 enfants.
L’ainé Jean , dit Bouboule est destiné à succéder à son père à la tête de l’entreprise. Sa femme, Geneviève, le domine et le dévalorise chaque fois que l’occasion se présente. Jean a une nature peu investie dans les responsabilités qui lui incombent et fait preuve de faiblesse et de peu d’initiatives.
François rêve de partir à Paris suivre des études à normal sup.
Etienne a le projet de partir rejoindre Raymond qui est engagé dans la légion étrangère.
Hélène, la petite dernière âgée de 18 ans rêve de fuir ce foyer familial oppressant, ses parents ayant des principes auxquels on ne peut déroger.
Ces 4 enfants vont donc décider de partir dans la même année, au grand désespoir de leur mère qui chaque fois ne supporte pas la séparation.
Jean, sa femme et François prendront le même bateau, direction Paris. Hélène fuguera également en direction de Paris pour les rejoindre. Quand à Etienne il partira à Saïgon, essayer de retrouver Raymond dont il n’a plus de nouvelles depuis quelques semaines.
A partir de là, tous vont vivre et connaître une vie semée de difficultés, de peur, d’angoisse et de perversité.
LE VOLEUR D’ART
DE MICHAEL FINKEL
L’auteur : Michael Finkel est un journaliste et écrivain américain, né en 1969 à Atlanta.
En 2006, il écrit le roman « Le meurtrier et le journaliste », qui raconte l’usurpation
d’identité dont il a été victime de la part de Bruno Combo, assassin condamné à mort
pour le meurtre de sa femme et de ses trois enfants. En 2023, il fait paraître le roman
« Le voleur d’art », qui nous fait singulièrement penser au récent vol de bijoux au
Louvre.

Le roman : « Le voleur d’art » raconte l’histoire vraie de Stéphane Breitwieser.
Stéphane est un escroc et voleur d’œuvres d’art, né en 1971 à Mulhouse. Il a été
surnommé « l’Arsène Lupin des musées ». Entre 1994 et 2001, avec la complicité de
sa compagne Anne Catherine, il va commettre 250 vols dans des musées d’Europe,
notamment en France, Suisse et Allemagne. Les vols sont commis en plein jour, au
nez et à la barbe des gardiens, uniquement à l’aide d’ un couteau suisse et d’un grand
manteau, au gré des coups de cœur de Stéphane. Le couple conserve le butin de ses
larcins dans leur chambre, se délectant de la beauté des œuvres dérobées. Stéphane
donnera bien du souci aux polices des différents pays, mais il finira tout de même par
se faire prendre. Malgré tout, le personnage nous reste sympathique, et j’ai suivi avec
beaucoup de plaisir les péripéties de ces Bonnie and Clyde français.
DES ENFANTS UNIQUES
DE GABRIELLE DE TOURNEMIRE
L’auteure : Gabrielle de Tournemire a 27 ans. Agrégée de lettres modernes et ancienne
élève de l’école normale supérieure de Lyon, elle est actuellement en doctorat à
l’université de Poitiers. En 2021, elle a passé une année dans un foyer pour
hébergement d’adultes en situation de handicap, ce qui l’a conduit a écrire ce roman
paru en août 2025 « Des enfants uniques ».

Le roman : Hector et Luz, surnommée Mouche, sont deux adolescents en situation de handicap. Hector souffre d’une malformation chromosomique, il est de nature introvertie, bourré de tocs et tout chez lui est toujours sous contrôle. Il a pour éducateur Carlo, qui a eu du mal à l’apprivoiser. Luz, née prématurément à sept mois, souffre de troubles physiques et neurologiques ; elle est fantasque, drôle, extravertie.
Hector et Luz vont se rencontrer lors d’une fête et tomber amoureux l’un de l’autre.
Quatre ans plus tard, ils parlent mariage, et les parents se posent multiples questions.
Les parents d’Hector craignent que Luz freine leur fils dans sa route vers
l’autonomie. Les parents de Luz souffrent de voir leur fille jugée incapables de rendre
Hector heureux. Et- les questions posées par la vie sexuelle de leurs enfants leur posent problème. L’auteur soulève beaucoup de questionnements autour de ces
tabous relatives aux personnes « capables autrement ». L’écriture est réaliste,
sensible, sans tomber dans le voyeurisme. Belle lecture.