Club-Lecture de MARS 2013

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Le Club-Lecture de la bibliothèque se retrouve une fois pas mois, un vendredi de 18h à 19h. Une fois sur deux, bénévoles et lecteurs parlent de leurs coups de cœur et chacun donne en quelques mots un petit résumé des livres lus et appréciés et aussi des ouvrages qui ont déçu. Entre ces soirées « Coups de Cœur », Nicole Lods, la responsable du club-lecture évoque « Un auteur et son œuvre ». Pour mars, Nicole a choisi « Albert Camus : sa vie, son œuvre » pour deux raisons, tout d’abord parce qu’on l’a un peu oublié et aussi parce que 2013 est l’année du centenaire de sa naissance. Comme à son habitude Nicole a régalé le public avec une présentation détaillée et passionnante de la vie et de l’œuvre d’Albert Camus .

Vous étiez absent pour le club-lecture sur Albert Camus ? Voici sa vie, son œuvre :

Albert Camus naît le 7 novembre 1913, à Alger, d’une mère d’origine espagnole et de Lucien Camus. C’est un romancier, dramaturge, essayiste, journaliste, c’est un intellectuel de l’avant et de l’après-guerre. Engagé face aux évènements politiques, ses articles comme ses livres ont souvent suscité dès leur parution des critiques ou des malentendus. Albert Camus ne se définit pas comme un philosophe mais comme un humaniste. Son père décède en 1914, des suites de ses blessures lors de la bataille de la Marne. L’instituteur qu’il aura à l’école communale, Louis Germain sera un des personnages marquants de sa vie et ils resteront toujours en contact et pour Albert c’est grâce à lui qu’il est devenu ce qu’il était. Cet enseignement va convaincre sa mère et sa grand-mère de faire entrer Albert au lycée, ce qui n’était pas prévu pour une famille au faible revenu. Il entre au lycée à Alger et découvre qu’il est pauvre ce qui le complexe beaucoup. Après le bac, il entre en classes préparatoires littéraires et son professeur de philo sera également un autre personnage important pour lui et il le côtoiera également au cours de sa vie. Albert Camus contracte la tuberculose. Il se marie en 1934 avec Simone Hié. C’est en 1936 qu’il écrit sa première pièce de théâtre « Révolte dans les Asturies », pièce d’actualité politique qui retrace la révolte des mineurs en Espagne, censurée et interdite par le maire d’Alger, la pièce ne sera jamais jouée. Albert Camus entre comme journaliste à « l’Alger Républicain », créé par Pascal Pia, il devient rédacteur en chef. Il défend les classes populaires contre la puissance de l’argent. En 1937, il publie 5 nouvelles autobiographiques : « L’envers et l’endroit », le monde de la pauvreté en opposition au monde de la lumière.

Entre 1936-1938, il écrira « La mort heureuse », c’est une ébauche de « L’étranger » mais elle ne sera publiée qu’à titre posthume en 1971. Camus ne souhaitait-il pas la faire paraître ?

Son épouse est morphinomane, il a de nombreuses aventures et pour finir, ils se séparent et il fait la connaissance de Francine Faure pianiste et prof de maths. Quand « L’Alger républicain » cesse de paraître, il part à Paris et est engagé à « Paris Soir » sous l’égide de Pascal Pia mais Francine reste à Alger. Les cures et les soins qu’il subit pour lutter contre la maladie, sont assez lourds. Il publie « Noces » en 1939, c’est très beau, très poétique. La guerre est déclarée mais il n’est pas mobilisé en raison de sa maladie. Il entre au journal clandestin « Combat » et est désigné pour des missions de renseignements. En 1940, il épouse Francine Faure.

Il publie en 1942 un roman « L’étranger » et un essai « Le mythe de Sisyphe » puis en 1944 « Caligula » et « Le Malentendu », deux pièces de théâtre. Ces quatre œuvres font partie du cycle de l’absurde. Pour Camus, deux forces s’opposent : l’appel humain à connaître sa raison d’être et l’absence de réponse du milieu où il se trouve. L’homme vivant dans un monde dont il ne comprend pas le sens, dont il ignore tout, jusqu’à sa raison d’être. L’appel humain, c’est la quête d’une cohérence, or pour Camus il n’y a pas de réponse à ce questionnement sur le sens de la vie. L’homme absurde n’accepte pas de perspectives divines, il veut des réponses humaines. Ainsi, l’absurde c’est la conscience toujours maintenue d’une « fracture entre le monde et mon esprit » écrit Camus dans Le Mythe de Sisyphe. C’est la confrontation entre la certitude que l’on va mourir et l’inutilité de la vie. Camus est contre le suicide car pour lui, se suicider c’est consentir à l’absurde. C’est en 1943, qu’il écrit : « Lettres à un ami allemand », cette courte publication ne paraîtra qu’après la libération. Il se liera d’amitié avec Jean-Paul Sartre de 1944 à 1952. Il rencontre Maria Casarès en 1944 et ce sera le début d’une passion jusqu’à la mort de l’écrivain, a plusieurs reprises, ils cesseront de se voir mais il n’y aura jamais rupture.

En 1945, naissance de ses jumeaux Jean et Catherine qu’il a eus avec son épouse Francine.

Il est le seul à dénoncer la bombe atomique sur Hiroshima, il prend position contre la peine de mort et s’oppose à la peine de mort prononcé à l’encontre d’un collaborateur Robert Brasillach. En tant qu’ancien résistant, il est une fois de plus mal compris. Il se lie d’amitié avec le poète René Char. « La peste » est publiée en 1947, par rapport à ces précédents livres, ce sera celui qui obtiendra le plus grand succès au moment de sa parution. Récit-roman bâti en 5 actes comme une tragédie. Isolement d’une ville pour éviter la propagation de la maladie, face à la peur et à l’impossibilité de quitter la ville, les habitants vont réagir chacun à sa façon et tous les instincts vont ressortir, il n’y a plus de règles de vie. « La peste » est le début du cycle de la révolte suivi des pièces de théâtre « L’état de siège », « les Justes » et de l’essai « L’homme révolté ». La vie est inutile mais il y a moyen d’agir, on voit déjà là une évolution.

En 1954, paraît « L’été » traitant de l’Algérie, du soleil. La guerre d’Algérie sera pour lui un malheur personnel. Il écrit un plaidoyer pacifique pour une solution équitable. Il est pour la création d’un état fédéral, autonome mais en relation avec la France, les deux pays étant sur le même pied d’égalité. C’est une utopie et il est à nouveau incompris par les deux pays.

En 1956, publication de « La chute », récit qui déroute et dérange, dans un face à face, un juge pénitent se confesse de fautes que chacun aurait pu commettre dans sa vie et il retourne le miroir pour que son confident s’accuse à son tour.

Sa femme est dépressive et fait des séjours en hôpital psychiatrique. En 1957, un recueil de nouvelles est publié : « L’exil et le royaume » et il rencontre un mannequin de chez Fath, Mi et là aussi, c’est la passion. Il reçoit, cette même année, le prix Nobel de Littérature pour l’ensemble de son œuvre, il a 44 ans.

Le 4 janvier 1960, en quittant sa maison de Lourmarin dans le Vaucluse, qu’il a achetée avec l’argent du Nobel, il est victime d’un accident de la circulation. La voiture conduite par son ami Gallimard, le neveu de l’éditeur, quitte la route et s’enroule autour d’un arbre. Albert Camus décède et Gallimard dans les jours qui suivent.

Ses deux enfants sont avocats, sa fille renonce à sa carrière pour s’occuper de l’œuvre de son père.

« La mort heureuse » est publiée en 1971 et « Le premier homme » en 1994, manuscrit trouvé sur lui, à sa mort.

Vous avez envie de lire ou de relire Camus, la bibliothèque vous propose :

  • L’étranger
  • Noces
  • L’été
  • Le premier homme
  • Une biographie d’Albert Camus
  • En prêt par le Bibliobus : Œuvres complètes d'Albert Camus

Publié dans CLUB LECTURE

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