Apéritif thématique de Janvier 2014 : La Libye, de Rome à Kadhafi : 2 000 ans d'Histoire
Jacqueline et Philippe Coutin, ont commenté, pour l’apéritif thématique de janvier à la bibliothèque, un diaporama sur leur voyage de 2009 en Libye. Après une présentation géographique, Philippe fit une introduction historique du pays. La Libye fait partie des pays du Maghreb « le Couchant » en Berbère, c'est donc la partie occidentale du monde arabe. Trois fois la surface de la France, la Libye ne compte que 8 millions d’habitants, occupant uniquement la zone côtière, le désert représentant 90% du pays. En 644 avant JC les colons grecs fondent la ville de Cyrène ainsi que d’autre villes dans la région. La Tripolitaine est elle, Carthaginoise à partir du Ve siècle avant JC, devenue Afrique romaine au Ier siècle avant JC, byzantine vers 450, arabe à partir du VIIe siècle, ottomane au XVIe siècle et italienne depuis 1911 jusqu’à la seconde guerre mondiale. Après l’indépendance, la Libye est une monarchie jusqu’au coup d’État de Mouammar Kadhafi, en 1969, qui fit de la Libye une « Jamahiriya » arabe libyenne, littéralement un « état de masses » jusqu’à la révolution de 2011.
Avec passion, comme à leur habitude, Jacqueline et Philippe nous emmènent visiter Benghazi, ville très occidentalisée avec ses rues animées, son souk. Tout proche, Ptolémaïs, une des anciennes capitales de Cyrénaïque, plusieurs fois détruite et reconstruite. On y découvre des ruines relativement en bon état pour l'époque. C'est probablement la capitale d'une province romaine la mieux conservée au monde : habitations, thermes, tour, nécropoles, dallage de marbre… Les colonnes cannelées évoquent l’époque grecque alors que les colonnes torsadées nous rappellent la période byzantine. Le site grec d’Apollonia, ancien port révèle ses docks et des cavités creusées en pleine roche pour conserver et stocker les denrées, son théâtre en bord de mer, ses colonnes de trois églises byzantines en marbre vert (cipolin), provenant d’un temple romain et aussi ses très belles mosaïques. Un canal creusé amenait l’eau. A 20 kilomètres de là, nous visitons Cyrène où s’élève le temple d’Apollon, le plus grand temple d’Afrique 70 mètres x 19 mètres. Des autels, un terrain de sports, un odéon, une basilique, la maison de Jason Magnus, une agora, des termes et un musée riche en sarcophages, sphinge (sphinx au féminin)… couvrent le site. Après quelques vues du désert libyen, nous découvrons le mausolée romain de Ghirza, puis c’est à Lepcis Magna que nous faisons escale, un des plus beaux sites antiques où l’arc tétrapyle (à quatre arches) de Septime Sévère côtoie les termes d’Adrien, un stade, des fontaines, un forum, des entrepôts, des boutiques avec comptoirs et étals. Une basilique à deux chœurs, un théâtre, un amphithéâtre, un hippodrome, un phare sont les témoins d’une ancienne vie très active. Quelques vues de Tripoli et son million sept cent mille habitants, sa citadelle, ses mosquées et minarets et aussi l’arc de triomphe de Marc-Aurèle, seul vestige romain de la capitale. Nous rejoignons Ghadamès et son oasis, à 650 kilomètres, dans le désert libyen. L’ancienne ville, la première fortifiée du Sahara, entourée d’une muraille, entièrement repeinte de blanc, abandonnée de ses habitants qui ont rejoint la cité nouvelle, est classée au patrimoine mondial de l’Unesco, elle est devenue une ville-musée. Ghadamès est célèbre également pour son grenier à grains. Les compartiments fermaient à l’aide de portes en bois de palmier et chaque niche portait la signature de son propriétaire. Sont encore visibles amphores, paniers ainsi que l’ancien moulin à huile. Nous achevons le voyage par Sabratha, son mausolée, ses mosaïques, son superbe théâtre avec un mur de scène à trois niveaux, relevé par les Italiens lors de l’occupation. C'est le seul théâtre avec un pulpitum (avant-scène) sculpté, très bien décoré.
Près d'une trentaine d'années après le début des travaux pharaoniques, la construction de "la grande rivière artificielle" est presque terminée. Elle projetait d'amener par pipe-line, dans des tuyaux de fonte de 4 mètres de diamètre, une eau fossile, non renouvelable, découverte, dans le désert nubien, à 800 mètres de profondeur. 1 300 puits jalonneront le parcours et des norias de camions apportent les segments de tuyaux..
Culte de la personnalité du dictateur libyen : des photos, tableaux représentant le Colonel Kadhafi couvrent les murs : hôtels, restaurants, rues… Des services de police et de vidéo surveillance sont présents partout jusqu’en dans le car des touristes pour s'assurer des commentaires des guides.
Grâce à Jacqueline et Philippe, le public, plus d'une trentaine de personnes, enchanté par la prestation, a pu faire ce voyage en Libye, ce qui n’est plus possible aujourd’hui.
Prochain apéritif thématique : Vendredi 7 février 2014 à 18h30 : « Folies du carnaval de Venise », diaporama commenté par Jack Bourguet.













