Club-lecture du 17 janvier 2014 : Raymond Radiguet

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Pour ce premier club-lecture de l'année 2014, Nicole présenta avec toujours autant de talent, Raymond Radiguet : sa vie, son œuvre, ce thème lui avait été suggéré par Catherine, fidèle participante du club-lecture.

Raymond Radiguet est né en 1903 à Saint-Maur des Fossés en région parisienne, sa vie fut courte, mais dense et riche et deux rencontres vont être très importantes pour lui. Quand il naît, son père Maurice, dessinateur humoristique, a 37 et sa mère, Jeanne Marie Louise Tournier 19ans, il est l'ainé de sept enfants. Il fréquente l'école communale de 1909 à 1913, c'est un très bon élève et en 1913, la guerre étant sous-jacente, ses parents hésitent et ne l'envoient pas au lycée, il va donc rester quatre ans chez lui, à lire la bibliothèque familiale, sans contrainte, libre, "quatre ans de vacances" comme il le dira dans son premier roman. En 1915, il obtient son certificat d'étude en candidat libre et c'est en 1916, qu'il va entrer au Lycée Charlemagne à Paris mais pour peu de temps car en 1917, il sera renvoyé pour indiscipline. Il lui est difficile de se plier aux contraindre de l'établissement, les deux années précédentes d'entière liberté en sont pour quelque chose. Il retourne aux livres auxquels il voue une véritable passion. Il rencontre en avril 1917, par l'intermédiaire de son père, Alice Saunier, c'est la première rencontre qui va être pour lui, d'une importance vitale. Il va se lier d’amitié avec Alice, il a donc 14 ans, elle, dix-neuf ans et son fiancé est sur le front. Cette amitié va se transformer en une passion dévorante qui va les unir jusqu'en décembre 1918. Alice va se marier durant cette période et elle se retrouvera enceinte, annonçant à son mari comme à son amant, qu'il est le père de l'enfant qu'elle porte, mais personne ne saura la vérité. Il écrit en 1918, sous le pseudonyme de Raimon Rajky, un texte court "La Galanterie française", qui paraîtra dans le "Canard enchaîné". Il suit des cours des dessins et André Salmon lui ouvre les portes du journalisme en tant que dessinateur humoristique, comme son père. Il fréquente les milieux des artistes parisiens, il fait paraître des articles sur le dadaïsme mais durant peu de temps car c'en est bientôt la fin et il se séparera de ce mouvement suite à sa rencontre avec Jean Cocteau. Cette deuxième rencontre va être d'une importance capitale car elle va influencer sa carrière. Cocteau deviendra le pygmalion de Raymond Radiguet. Ils cofondent une revue anti-moderne et anti-dada, "Le Coq", c'est une revue de droite, Radiguet se définissait comme un réactionnaire. Paraît un recueil de poèmes "Les Joues en feu", illustré par Jean Hugo, arrière-petit-fils de Victor. Une pièce comique et loufoque voit le jour en 1920 "Les Pelican" du nom d’une famille. Béatrice Hastings qui a quitté Modigliani, devient son amante. En vacances dans le midi, il écrit une nouvelle "Denise". En 1921, c’est un nouveau recueil de poèmes qui est publié et un premier jet de « Le Diable au corps » qu’il présente à Bernard Grasset, celui-ci est emballé, lui verse une rente mais lui suggère de retravailler la fin avec Cocteau. Ce premier roman est autobiographique. C’est son second roman qui voit le jour "Le Bal du Conte d’Orgel" initialement intitulé "Le Fantôme du devoir". Après une campagne inédite et un marketing complètement innovant pour l’époque, au cinéma comme dans les revues et journaux, est publié en 1923 "Le Diable au corps". C’est un succès dès sa sortie en même temps qu’un scandale, il obtient le Prix du Nouveau Monde. Il est surnommé "Bébé Cadum" en raison de son jeune âge. Raymond Radiguet achève l’écriture du "Bal du Conte d’Orgel" et le soumet à Bernard Grasset en octobre 1923. Il est malade et hospitalisé et décède en décembre 1923 de la fièvre typhoïde, Coco Chanel paiera les frais d’hospitalisation. Cocteau, anéanti, n’assistera pas aux obsèques. Jean Cocteau et Joseph Kessel retouchent le texte du "Bal du Conte d’Orgel" et le roman paraît en janvier 1924. Il retrace dans la période des années folles une amitié amoureuse entre un jeune homme et l’épouse du Conte d’Orgel, c’est un roman psychologique avec analyse des sentiments. Raymond Radiguet fut le témoin d’une époque, il a beaucoup influencé la littérature des années 20, en prônant un retour au classicisme.

Nicole lut quelques extraits du « Diable au corps » et déclama pour l’assistance, charmée, un poème.

Catherine, à l’origine du thème de la soirée compléta l’exposé passionnant de Nicole, par quelques informations, notamment les réactions de la presse à la sortie du "Diable au corps" ainsi que les premiers titres envisagés par l'auteur, parmi lesquels " Le Blé en herbe" qui fut le titre d'un roman de Colette, publié en 1923.

Le film "Le Diable au corps" de Claude Autant-Lara a été tournée en 1947 avec Gérard Philippe et Micheline Presle. En 1986, Marco Bellocchio en repris une version.

Le prochain Club-Lecture : Vendredi 14 février 2014 « Coups de cœur ». Vous pouvez parler d’un livre qui vous a plu ou tout simplement venir écouter des lectrices partager leurs coups de cœur.

Publié dans CLUB LECTURE

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