Atelier écriture du 5 novembre 2015
Pour la séance de novembre, Jeanne avait fait venir Justine Guiol, animatrice d'ateliers écriture, qui avait choisi comme thème "Écrire sur des travaux artistiques"
1) En regardant cette photo de Willy Ronis (1910- 2009), imaginer le monologue intérieur du personnage au bas de l'escalier, une valise à ses pieds, si possible d'une manière abracadabrante.
1ere texte : Ouf ! Me voilà déjà au 53 de la rue Vilin ! Qu'est-ce que cette rue est en pente ! J'ai chaud, il faisait frais ce matin et j'ai pris ma veste, je l'ai ouverte, mais je ne peux l'enlever, j'aurais à la porter sur le bras alors que j'ai déjà cette valise ! Pour couronner le tout, il y une montée d'escaliers ! Cette histoire de valise, c'est à ne pas y croire : j'étais dans un bistrot quand un homme m'a apostrophé et me la remise pour que je la porte au 115 de la rue Vilin. Contre un bon pourboire, alors je n'ai pas craché dessus, mais si j'avais su qu'elle était si lourde, je n'aurai jamais accepté. Cela m'inquiète même, j'ai essayé de l'ouvrir, en vain, elle est bien verrouillée. J'ai demandé à de nombreux riverains si le numéro 115 était encore loin, ils m'ont répondu qu'il n'y avait pas de numéro 115, la rue s'arrête au numéro 70 ! Dans quoi me suis-je embarquée ? Enfin, je vais prendre l'escalier, chercher le 115 et si je ne le trouve pas, je déposerai la valise dans le terrain vague, car son poids n'est pas proportionnel à sa taille et je souhaite m'en débarrasser au plus vite. Avec le billet, je viendrai me restaurer au "Repos de la Montagne", ce n'est pas si souvent que je mangerai sur le compte d'un autre et je l'ai bien mérité ! Le bistrot, lui aussi, mérite son nom, entre cette rue en pente qui n'en finit pas et cette montée d'escalier, quelle ascension !
2ème texte : Un peu perdu cet homme, plutôt réfléchi sur les souvenirs qui surgissent à sa mémoire. Oui, il a rencontré, à la tombée du jour, il y a cela quarante ans environ, une femme divine, arrogante, mouvante et fantasque qui s'amusait, cheveux au vent, à toiser, voire à narguer du haut de ces escaliers, les hommes qui l'empruntaient. Plus d'un a fait un faux pas, plus d'un s'est arrêté pour la dévisager, mais un seul a retenu son attention. Il s'en souvient, ... leurs yeux ont plongé à tous deux dans le regard de l'autre ... ils ne se sont rien dit, ils sont restés là, muets, paralysés, intimidés, avec cependant un désir intense de rester encore ensemble un instant, un moment, plus qu'un fragment et c'est là que mon ami David nous a surpris et a tout enclenché, oui, j'avais rencontré la femme que je désirais suivre............!
3ème texte : Je suis au bas de l'escalier, un escalier en fer. Appuyé sur rampe presque propre, je regarde derrière moi. Me voilà, fatigué, je le suis, et mon passé me revient. Comme eux, ces gosses insouciants je l'ai été. Avec trois fois rien nous jouions. Les années sont passées. Je suis vieux. Mon seul trésor, il est ici, à mes pieds. Mes souvenirs dans quelques nippes éparpillées dans la valise cabossée. Cabossée comme ma vie, de creux, de bosses, de tours et de détours. Mon rendez-vous est là haut. Je dois grimper ces marches verticales qui me conduiront je ne sais où. Je monterai ces marches et vers les étoiles j'irai.
4ème texte : Je suis devant ce bar qui n’a pas changé de nom depuis presque 50 ans: « Au repos de la Montagne ». Que de souvenirs ! Je marche ici sur les traces de mon passé.
J’avais une vingtaine d’années, j’étais un jeune fou aimant la fête, les filles, les bals et les cafés. La vie s’ouvrait à moi, pleine d’espoirs et de rêves. J’avais un bon travail d’ouvrier mécanicien et je logeais encore chez mes parents. Ils me demandaient une toute petite pension, je possédais donc largement suffisamment d’argent pour toutes ces sorties, pour toutes ces rencontres. Et des rencontres, il y en a eu ! Certaines oubliées dès le lendemain, d’autres plus marquantes et qui duraient au moins une quinzaine de jours. Les copains m’appelaient « le tombeur du repos ».
Un soir, à la sortie du bar devant lequel je me trouve actuellement, j’ai fait la connaissance d’un groupe de jeunes filles. Elles sortaient du cinéma et marchaient gaiement, en chantonnant. Tout de suite, l’une d’elles attira mon attention. Grande, brune, les yeux rieurs, elle se tenait un peu à l’écart de ses amies. Aussitôt je lui emboîtai le pas et lui fis un brin de causette comme on disait dans ce temps-là. Ce fut une révélation, le coup de foudre. Je n’ai jamais revécu cette sensation de toute mon existence. Je savais que cette jeune fille serait l’amour de ma vie. Nous nous sommes revus, bien sûr mais quelques mois plus tard elle a du suivre ses parents qui déménageaient pour la province. Et depuis plus de nouvelles jusqu’à la rencontre d’un ancien copain il y a une quinzaine de jours qui m’a dit être revenu sur les lieux non pas du crime mais de mes amours et qu’il a alors appris que ma bien-aimée était revenue vivre à Belleville ? Elle avait eu un fils peu de temps après son départ de Paris et actuellement, vieille tout comme moi je suis vieux, elle vivait chez ses enfants dans le quartier. J’ai fait ma valise, pris le train et me voilà à la recherche de mon amour passé...
Ces deux enfants qui jouent sont peut être mes petits enfants ! Ce serait merveilleux.
5ème texte : Je suis là, en bas de cet escalier.
Je suis las aussi, mais , enfin, je suis arrivé à un point de repos. Que fais-je donc ici avec ma valise ?
Et ces enfants qui jouent , sans soucis, sans appréhension, sans se poser de questions. Ils ont la vie devant eux, mais ne se rendent pas compte de leur jeunesse.
Et moi, qu'ai-je fait de ma vie?elle est derrière moi et je n'ai plus de projets.
Eux non plus n'en n'ont pas. Ils sont dans l'insouciance de leur enfance, et moi dans la souffrance de l'indécision.
Que vais-je faire de tout ce temps?la vie me semble longue comme une nuit sans sommeil, et pourtant, je n'ai pas envie de dormir. Je voudrais jouer et rire comme ces enfants. Comme ils sont beaux et attendrissants !
Que doivent-ils penser de moi ? En vérité, ils ne me regardent pas ; je ne suis pas intéressant, seulement invisible à leurs yeux.
2 ) Imaginer le monologue intérieur que se fait cette jeune femme, en employant la deuxième personne du singulier sur cette toile "La jeune fille à la fenêtre" de Salvador Dali.
1ere texte :
Tu regardes, tu sens, tu penses...
Tu as froid aux pieds
Tu regardes de côté, pas la mer, pas le bleu, non le regard s'arrête au bout de tes pieds.
Certainement, la mer existe, la terre est présente, mais tu es là concentrée dans ton intériorité. Pas d'amour rompu, pas de souvenir dramatique, non tu es là et tu regardes, tu regardes de côté. Et pourquoi de côté ? Parce qu'au plus profond de toi, tu attends quelque chose, un évènement qui détruirait la monotonie de ton existence, la froideur de ta vie.
Ces rideaux bleus ne sont-ils pas le symbole de ton manque de vie, de ta petite existence réglée ? Oui, mais la rondeur de tes fesses, cette façon de s'appuyer à la barre de la fenêtre, ce regard de côté, n'est -ce pas finalement ton désir de tourner la tête de tous les côtés, de tout regarder, de tout embraser ?
2ème texte : Regarde les voiliers filer au gré du vent poussés par je ne sais quelle envie de voyager que tu ne désires pas. Du moins pour le moment. A mesure que les jours passent, tu restes confinée dans ta mansarde silencieuse en quête d’inspiration. Tu en as rêvé de cet exil. Tu l’as longuement attendu et lorsque tu as reçu la lettre de ta tante annonçant que cette pièce était disponible, tu as failli sauter au plafond. Lieu idéal. Retiré, calme, baigné par le soleil le matin, tu peux à l’aune de la journée prendre place à ton bureau et travailler. Où en est-il ton manuscrit ? Presque achevé ? Aura-t-il du succès. Ne doute pas. Ce roman, peu importe s’il est reconnu ou non. Il t’appartient. C’est un défi que tu t’étais lancé. Dans une semaine, tu le feras imprimer. Dans une semaine, tu l’auras terminé.
Quand tu as auras fini de regarder les voiliers filer au gré du vent, retourne à tes dernières pages blanches, elles attendent les alizés de tes pensées.
3ème texte : Il est très tôt ce matin, tu es là, accoudée à la fenêtre.Ton premier geste, tu files, tu es presque dehors, puisque fenêtre grande ouverte, tu cherches. Peut-être est-il dans ce petit voilier qui danse trop loin... Ce matin calme emplit de rêves, de senteurs, de clapotis, tu regardes, tout est harmonie dans ces bleus mystérieux qui s'ajoutent, se brassent dans l'odeur salée, forte prègnante d'une mer étale. Calme, volupté, beauté, repos. Est-ce réalité ? Est-ce apparance? TU ES ENCORE DANS TON SOMMEIL et ton corps écrasé par un voile collant, accusant tes formes prometteuses, juvéniles, attend.
Tu te réveilles et cours vers la fenêtre. Non! Rien à l’horizon si ce n’est ce voilier qui part vers l’autre côté du lac.
Tu as passé la nuit entière à attendre dans cet hôtel. Pauvre fille ! Tu avais revêtu ta chemise de nuit transparente pour mieux le séduire et il n’est pas venu.
Pourtant ce rendez-vous était bien prévu pour hier soir. Il devait être libre tout le week-end puisque sa femme partait avec des amies faire une virée parisienne.
Tu n’as vraiment pas de chance avec les hommes. Ils ne sont jamais libres, ont toujours femme et enfants. Bon, c’est vrai qu’ils ont également de l’argent mais ne pourraient-ils pas être plus disponibles pour toi?
Maintenant tu as deux jours devant toi, face à ce paysage certes charmant mais bien vide puisque tu es seule.
Juste sous le fenêtre, tu aperçois alors un jeune homme. Il ne semble pas fortuné avec sa veste élimée et ses baskets avachies. Tu vas t’empresser de t’habiller et de te maquiller, puis le suivre le long du lac d’un pas nonchalant. Tu sais attirer les regards quand tu le souhaites.
Finalement ce week-end n’est peut être pas un échec. Il ne te rapportera pas beaucoup d’argent mais te donnera un peu de plaisir et de bonheur.
Tu te réveilles ce matin , plus tôt que les autres.
Quelle chance tu as, seule devant cette fenêtre : et la mer qui va et vient, comme la vie avec ses hauts et ses bas.
Tu te laisses enchantée par les cris de la mouette rieuse qui semble t'inviter à sortir de ta torpeur. Ça fait du bien.
Cette odeur d'algues et d'iode t'emplit les narines, et te donne envie d'aller marcher pied nus sur le sable.
Et ce bateau au loin : il attend que le vent gonfle ses voiles ; Toi aussi tu attends l'étincelle qui te pousse à sortir de ta coquille.
Profite donc de ces vacances inattendues. Apprécie le temps présent, le vent, le soleil, le clapotis de l'eau.
Ose être heureuse.
3) Choisir une peinture d'Edward Hopper parmi plusieurs proposées et la décrire suivant différents points de vue : avocat, médecin, psychologue, amoureux éconduit, macho en terrasse, envoyeuse de cartes postales ou pilier bistrot.
Point de vue de l'amoureux éconduit : C’était bien parti, pas d’hôtel miteux, des draps soyeux, un ciel radieux. Nous nous étions promenés le long des quais. C’est en jetant du pain aux canards, l’âme en liesse que mon regard d’enfant amusé fixa le sien. Je lui avais saisi la main, elle ne l’avait pas repoussée. Tout comme elle avait accepté ma proposition de marcher après la conférence. Il fallait bien trouver un moyen pour s’échapper. Statistiques, analyses budgétaires : des chiffres plein la tête durant trois heures. On aurait pu aller prendre un verre, nous avons préféré cette promenade, le temps s’y prêtait.
C’était bien parti, elle me souriait quand nos regards se croisaient. Sous l’effet de l’émotion ses joues s’enflammaient. Ses cheveux noués en un chignon stylé, ses talons, sa robe d’été : son corps entier m’attirait. Dans le parc, nous avons ralenti le pas et j’ai osé. Je l’ai appuyée contre le tronc d’un platane, nos lèvres se sont rencontrées. Nous étions quasiment seuls, j’étais tout retourné.
C’était bien parti, elle m’a dit oui en me rendant mes baisers.
Si elle venait dans un hôtel pour la première fois sans y passer la nuit, je l’ignorais. La pendule à la réception affichait à peine dix-huit heures. J’ai réglé la chambre d’avance, elle ne m’a pas paru gênée.
C’était bien parti, je l’ai invitée à griller une cigarette, à ouvrir le minibar. Elle a choisi du gin, moi du whisky. Nous nous sommes allongés sur le lit. Dans ses yeux j’ai lu qu’elle me désirait. Quand peau contre peau, ça allait se passer, elle m’a arrêté.
« Non, soyons raisonnables. Je vais vous expliquer »
La suite, je la connaissais.
Je lui plaisais, elle me plaisait. On se voulait mais elle ne pouvait se l’autoriser.
Une histoire avec son patron n’est pas aisée.
1er texte : Point de vue du pilier de bistrot : Elles boivent du thé ces mijaurées ? Ah ! Elles ne savent pas ce qu’un bon verre de blanc à dix heures du matin peut faire du bien ! Cela vous met en forme pour toute la journée, surtout s’il est suivi d’autres verres et que l’on joue aux cartes avec les copains.
Elles sont installées sagement, les genoux serrés, avec leurs petits chapeaux posés sur leurs têtes et leur air sérieux. Ce sont des étudiantes en droit, à n’en pas douter. Nous sommes dans le quartier des Universités et elles ont tout à fait l’allure de futures avocates, rigides et coincées, ou de futures juristes d’affaire qui vont s’ennuyer tout le restant de leur vie.
Si elles savaient combien la vie est belle quand on est un pilier de bistrot, elles viendraient certainement trinquer avec moi. A la vôtre, les donzelles !
2ème texte : Point de vue du pilier de bistrot : J'étais au bar de puis un moment et j'en étais déjà à mon quatrième Ricard. Je n'avais comme vue que le percolateur, les apéritifs et les alcools alignés sur les rayons et le serveur qui faisait la tête. Pour voir autre chose, je me détournai et je les vis : Sœurs ? Amies ? Elles étaient face à face, élégantes, portant le même chapeau. Elles étaient là depuis un moment, théière et tasses étaient vides, elles en étaient aux confidences. J'avais une folle envie de m'approcher, j'avais double chance, peut-être une me remarquerait-elle ? Mais je pensais aussitôt à mon état : haleine empestant l'alcool, langue pâteuse, élocution difficile, j'avais perdu d'avance et c'est à cet instant que je décidai de suivre une cure de désintoxication.
3ème texte : Point de vue du psychanalyste :
- Je vous écoute, mademoiselle.
Et elle narre ses problèmes de cœur, d’étudiante, de jeune fille gâtée.
Mais il se cache bien d’autres choses derrière ces futilités actuelles. Au bout d’une cinquantaine de séances à raison de trois par semaine, je découvrirai bien quel est son malaise, son mal-être. Je peux déjà faire des hypothèses : enfant violée, ou adoptée, ou trop vite privée du sein maternel. Tout cela ayant engendré un sentiment d’abandon qui la poursuit encore maintenant, à l’aube de sa vie d’adulte .
Il va falloir remonter aux sources de son histoire, mais nous allons, elle et moi, parvenir à défaire l’écheveau, à détricoter sa vie jusqu’à faire surgir la vérité et peut être le bien être.
Enfin, c’est pour cette raison qu’elle est à côté de moi, en tout cas.
L’essentiel est qu’elle croit fermement que tout cela lui fera du bien.
4ème texte : Point de vue du psychanalyste : Ces femmes ont un sérieux problème, elles sont amies de longue date et veulent absolument être identiques. Se voir en regardant l'autre : diagnostic : narcissiques au plus haut degré. Elles profitent de leur identité si semblable pour se rendre à leurs rendez-vous galants, l'une à la place de l'autre. Ouh ! La ! La ! Quel travail à faire et quel traitement ! Elles auront besoin d'un grand nombre de séances au point d'en user mon divan mais l'argent gagné me permettra d'en racheter un !
5ème texte : Point du vue du macho en terrasse : Depuis la terrasse où je suis installé, j'aperçois la salle du bar. Je mate depuis un moment deux gonzesses plutôt girondes. Moi qui ai un faible pour les longues chevelures, je ne vois rien car ces deux pin-up sont coiffés de cloches qui cachent tout. Le décolleté de l'une n'est guère profond ! L'autre a gardé sa veste avec la chaleur qu'il fait ! En fin de compte, je n'ai guère d'espoir auprès de ces deux prudes qui sont certainement trop cruches et aussi cloches que leurs chapeaux !
Visite au musée
Point de vue du médecin :
Diagnostic : humeur froide, sujet indifférent, ambiance macabre !
Deux nanas pimbêches sirotent leur " tea and milk" gare à l'énurésie!
Préfère mes malades : ils baisent, ils boivent, ils pissent. C'est du vrai!
Ah, la brunette a de beaux seins!
Point de vue de l'envoyeuse de cartes postales :
Beau sujet : visiteur absorbé, bégueules bourgeoises blatérant sur le dernier vernissage...
Cela fera sourire Marie-Adélaïde et puis ....... Le Cadre, heureusement qu'il existe ! Il illumine la pièce!
Qu'est-ce qu'i font ces deux-là ? Le mec avec sa cravate, il lit sa feuille de chou et la meuf, elle le regarde même pas, elle lui cause pas. Elle voudrait jouer du piano, mais elle ose pas faire du bruit. Elle est grave. Et lui, avec sa chemise blanche, c'est sûrement pas un mécano, encore un patron à la con...
Du point de vue du psychologue
Elles se passent comment vos soirées ?
Vous, Monsieur, vous rentrez du travail et vous plongez dans votre journal. Vous vous y noyez même. Ainsi, pas besoin de parler. Vous fuyez.
Et vous, Madame, vous hésitez sur votre piano. Vous ressassez vos idées noires , mais vous n'osez pas parler. Vous avez peur. Vous ne savez plus communiquer ; vous restez chacun dans votre silence, plein de reproches qui se taisent.
Vous n'allez jamais vous en sortir !





