L'humour dans la presse au club-lecture du 14 janvier 2015
Pour le club-lecture de janvier 2016, Catherine avait choisi comme thème " Un aperçu de l'humour dans la presse écrite".
La caricature est un dessin qui charge de façon exagérée un trait physique, un trait de caractère, un défaut ou une situation dans le but de provoquer une réaction. Un caricaturiste disait en parlant de ses dessins qu'ils devaient être l'équivalent d'"un coup de poing dans la gueule". Le traitement déformé de la physionomie s'inscrit dans la tradition de la satire et on peut faire remonter le procédé à certains portraits de l’Égypte antique, à certaines représentations sur des vases grecs, aux graffitis couvrant les murs des maisons pompéiennes. Plus tard, les caricatures réalisées par des artistes étaient souvent sculptés à l’intérieur et à l'extérieur des églises. C'était plus de l'ordre du fantastique ou du diabolique.
Le dessin satirique peut-être accompagné d'un texte. Avec l'apparition de l'imprimerie, la caricature va se multiplier.
A partir de 1880, avec la liberté de presse, les journaux satiriques apparaissent tels que "Le Grelot" ou "le Chambard", il existe toujours malgré tout, une certaine censure. Puis les années 1960, avec mai 68, vont faire tomber les derniers tabous. Les caricatures touchent les religions, la politique, le sexe... Elles peuvent être outrancières. Le but est de faire rire d'un sujet très sérieux. Elles peuvent être très marrantes ou très choquantes, tout dépend du côté où l'on se place. Si elles sont trop "gentilles", elles perdent leur but premier qui est de provoquer. La caricature, avec son côté "humoristique", illustre souvent un article très sérieux. Certains évènements historiques ou politiques ont favorisé la prolifération des revues satiriques et du même coup, la caricature : L'affaire Dreyfus, la Première Guerre mondiale...
De nombreux journaux ont été présentés : "Le canard enchaîné", "Charlie Hebdo", "Le Crapouillot" né durant la première guerre, du nom d'une pièce d'artillerie de tranchée, "L'écho des Savanes", "Psikopat", "Hara Kiri", "Siné mensuel", créé par Siné et parut suite à l'arrêt de "Siné Hebdo" qui met en exergue sous son titre "Le journal qui fait du mal mais ça fait du bien", on retrouve là le but de la caricature. Fut également montré "Sature hebdo", créé après les évènements du 7 janvier 2015 à Charlie Hebdo. Certains de ces journaux sont hebdomadaires, d'autres mensuels ou encore paraissent de façon irrégulière.
Philippe IV le Bel (ou Enguerrant de Marigny) est ici caricaturé sous forme d'un âne méchant et pervers
La censure établit par la monarchie est très présente. Le roi ne pouvant être visé, le clergé devient alors une des cibles favorites des artistes.
Après le diaporama et la présentation des différents journaux satiriques, les coups de cœur du mois furent évoqués :
- Les locataires de l'été de Charles Simmons : Un adolescent passe la belle saison au bord de la mer, tombe amoureux de la petite voisine, se trouve confronté à la mort... D'une scène faussement anodine à l'autre, l'auteur révèle ainsi tout ce qui dans la vie fait défaut : amour, amitié, tendre complicité entre un père et un fils, pour désarmer le malheur...
- Titus n'aimait pas Bérénice de Nathalie Azoulai (Prix Médicis 2015) : Racine est connu pour ses tragédies aux passions amoureuses contrariées,mais cela peut-il aider à guérir d'un chagrin d'amour ? C'est ce que pense l'héroïne et narratrice de cet ouvrage qui séduit autant par son écriture que par la vie de Racine et qui donne envie de lire ou de relire ses oeuvres.
- Tout la lumière que l'on ne peut voir d'Anthony Doerr (Prix Pulutzer, grand succès aux USA) : Ce roman nous entraîne, du Paris de l’Occupation à l’effervescence de la Libération, dans le sillage de deux héros dont la guerre va bouleverser l’existence : Marie-Laure, une jeune aveugle, réfugiée avec son père à Saint-Malo, et Werner, un orphelin, véritable génie des transmissions électromagnétiques, dont les talents sont exploités par la Wehrmacht pour briser la Résistance. Une réflexion profonde sur le destin et la condition humaine. Même les heures les plus sombres ne pourront parvenir à détruire la beauté du monde. Une très belle écriture.




