Atelier écriture du 3 mars 2016 : Thème surprise
Diane qui animait l'atelier écriture du 3 mars 2016 ne donna pas le sujet mais un nombre de lettres et ce fut aux participantes, après les avoir remises dans l'ordre, d'en trouver le thème.
1 - N C I D E E I N, dans l'ordre, cela faisait "INCENDIE"
2 - Donner la définition de l'incendie : a - Embrassement, grand feu, fournaise, explosion, flamboiement... b - explosion de passion amoureuse, flamboiement de couleurs, bouleversement social violent susceptible de troubler l'ordre établie ...(ex. : En juin 1914, un incendie a éclaté au centre de l'Europe, le foyer était en Autriche, le bûcher avait été préparé à Vienne, l'étincelle était partie de Serbie)
3 - Quels sont les incendies célèbres ? Incendies de Rome (64 et 80), théâtre de la Fenice à Venise (1836 et 1996), Parlement de Renne (1994), château de Lunéville (2003), La Tour de la Pelote à Besançon (2013), Hôtel de Ville de La Rochelle (2013), Hôtel de Ville de Besançon (2015)...
4 - Quels mots viennent à l'esprit quand on pense à incendie ? Incendiaire, pyromane, chaleur, fournaise, étincelle, braise, cendre, Sirène , de pompiers, pompiers, camion de pompiers, grande échelle, lance à incendie, extincteur, neige carbonique, tenues ignifugées, feu de forêts, feu de friches, combustion, feu de cheminée, scories, fumée, flammèche, court circuit, cramer, brûler, odeur âcre, asphyxie, dégâts, évacuation, brûlure, incinération, allumette, secours, canadair, chaîne humaine avec seaux, propagation, ardeur, foyer, embrassement, feu follet, briquet, feux d'artifice, terre brûlée, conflagration....
5 - Extrait de "Quatre-vingt-treize" de Victor Hugo sur un incendie, compléter les trous par les mots suivants : flamme, flammèche, brûler, étincelle, feu, incendie, bûcher, feu, fumée.
6 - Écrire un petit texte sur un incendie où le feu est décrit comme un animal
Le guépard
Il traverse la savane à grandes enjambées. Je vois paraître ça et là des couleurs jaunes et noires qui laissent dans ma mémoire une permanence d'impression de flammes et de flammèches. Il dévore les distances et tout disparaît sur son passage. A son museau, sa respiration haletante crée une brume légère qui trouble son image.
Et il va….. Il grignote le paysage au gré de son déplacement rapide, avec l'agilité de sa race, tel l'incendie. Il avance inexorablement, laissant la savane immobile et sidérée, jusqu'au point d'eau tant attendu qui calme son ardeur en étanchant sa soif.
Là, le guépard s'arrête et l'on entend le crépitement de son coeur dans la lumière dorée du soir, tel le feu qui couve sous la cendre chaude.
Il est quatorze heures. Tout est calme. Chacun, accablé de chaleur, fait un semblant de sieste sous les arbres.
Une rougeur apparaît soudain au loin, dans le ciel, entourée d’une fumée épaisse. Chacun observe, scrute l’horizon avec une nuance d’effroi dans les yeux.
C’était certain ! Il n’avait pas plu depuis trois mois et le mistral soufflait fort depuis le début de la matinée.
Le feu, ce cheval au galop arrivait, encore lointain mais prêt à tout renverser sur son passage, à détruire les habitations, la forêt et peut-être même des vies.
Les sirènes d’alarme retentissaient. Dans chaque résidence, les personnes se précipitaient pour prendre, qui de l’eau, qui de l’argent et les papiers, qui un traitement médical etc…
Personnellement je prenais mon argent et mes papiers, de l’eau et…. mon paquet de cigarettes et un briquet ! Ce grand cheval furieux n’allait pas m’empêcher de fumer.
Tous les vacanciers rejoignaient leurs véhicules et démarraient au pas en file indienne. Les véhicules se suivaient lentement pare-choc contre pare- choc par des chemins balisés et des routes cahoteuses. Pendant ce temps l’étalon avançait tel un dragon dans le ciel. Les pompiers arrivés très rapidement, luttaient contre lui. Cela durera jusqu’à vingt deux heures afin de calmer cette bête bouillonnante.
Le lendemain encore, les pompiers, tels des chasseurs à l’affût, resteront aux portes du domaine pour épier et scruter au cas où l’animal furibond se réveillerait. Heureusement il s’était redormi, non sans avoir causé des dégâts aux habitations, certaines complètement détruites, d’autres seulement endommagées. Quelques arbres avaient beaucoup souffert du passage furieux de ce cheval galopant.
Lecture d'un texte de Jean Giono
7 - Quelques citations sur le feu : En choisir une et écrire un petit texte
Texte 1 : "Pourquoi dit-on qu'un incendie se déclare et non qu'il déclare sa flamme ?"
Les radios crépitent, les talkies-walkies, les téléphones portables, tous les moyens du monde moderne répercutent sur toutes les ondes ces termes que je déteste tant : "Un incendie s'est déclaré, la pinède est en feu, il faut l'encercler, protéger la Bastide !" et les ordres tombent. Le capitaine et les pompiers sont déjà en tenues, ils ont regagné les camions et ceux-ci, en un balai programmé et répété lors des manœuvres se déploient sur les lieux de ce qu'ils appellent le sinistre. Ce sont eux qui sont sinistres ! Une fois encore, moi, l'incendie, je ne peux déclarer ma flamme. Depuis ma plus tendre enfance, alors que je n'étais qu'une flammèche, j'étais déjà amoureux. J'ai grandi, je suis devenu incendie et je suis toujours amoureux du pin parasol, celui de la Côte d'Azur. Le pin parasol au tronc rugueux mais qui est si doux lorsque mes flammes le lèchent et à la frondaison d'un beau vert sombre, de forme arrondie, ovoïde quelque fois, qui me trouble tant. Chaque fois que je veux m'approcher de lui pour lui avouer ma flamme, c'est le drame. J'ai beau m'y prendre le plus délicatement possible, y mettre le maximum d'amour, ma bouche dès qu'elle s'ouvre, laisse passer flammèches et étincelles. Etincelles et explosion de passion qui se transforment en feu très rapidement et sur le sol sec du Sud ou dans les branches du pin s'embrassent et se transmettent à toute la pinède Je vais donc être obligé de garder, enfouie en moi, cette passion si intense pour éviter d'autres dégâts : Que c'est dur d'être un incendie amoureux !
Ah ! L’enchantement de la Jeunesse ! Ah ! Le feu de la Jeunesse !
Ils vous font aller trop vite et vous ignorez l'instant présent.
Ah ! L'enchantement de la jeunesse qui vous donne envie de tout saisir, de tout apprendre, de tout appréhender, mais le feu de la jeunesse détruit ce qui vient d'être pensé et repart telle une flamme sur un autre support... Dans le berceau molletonné, on emmaillote des projets, avec le sourire de l’enfance, on peint un monde coloré mais, le feu de la jeunesse guette et détruit ce que vous alliez réaliser. Enfantons lentement nos projets et avec ardeur, défendons-les. Construisons sur le roc solide de la vérité !