La rentrée littéraire et les prix au club-lecture du 8 décembre 2016

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Au cours du club-lecture de décembre, les prix littéraires ainsi que les ouvrages de cette rentrée furent présentés.

"Chanson douce" de Leïla Slimani : Prix Goncourt 2016. Douzième femme à recevoir le Prix Goncourt en 113 ans, l'auteure née à Rabat (Maroc) en 1981, est arrivée en France en 1999. Après Sciences-Po, l'école supérieure de commerce, Leïla devient journaliste puis se consacre à l'écriture.  C'est son deuxième roman. Lectrice de faits divers, elle s'inspire d'un véritable drame pour écrire "Chanson douce" : l'assassinat de deux enfants par leur nounou. A travers cette histoire, c'est une étude de la société avec ses nouveaux "bobos", les préjugés de classe et de culture. Un écrit sec et tranchant, une poésie assez noire ne posant pas de jugement sur les personnages. Un drame psycho-dramatique à lire.

"Le dernier des nôtres" d'Adelaïde de Clermont-Tonnerre : Grand Prix de l'Académie française 2016. Née en 1976 à Neuilly-sur-Seine, l'auteure, après avoir exercé dans le domaine de la finance, à Mexico, s'est réorientée vers le journalisme et est  aujourd'hui directrice de la rédaction de Point de Vue. C'est son deuxième roman. Cet ouvrage qui alterne deux périodes littéralement opposées :  l'Allemagne de 1945 avec l'incendie de Dresde sous les bombes des Alliés et Manhattan dans les années 1970 et le rêve américain où amour, jeunesse et argent explosent. Ces deux périodes sont liées puisque les mêmes personnages resurgissent. A lire.

"Repose-toi sur moi" de Serge Joncour : Prix Interallié 2016. Né en 1961, l'auteur, après avoir exercé différents métiers, se tourne vers l'écriture et a reçu de nombreux prix. Tout oppose une styliste qui a donné son nom a une marque réputée, propriétaire d'un superbe appartement à Paris  à un ancien agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes, locataire d'un minable deux-pièces. Mais ils partagent la même cour d'immeuble et vont avoir à se rencontrer. Tout en délicatesse et douceur, on retrouve le style de Joncour. De très beaux passages. A lire.

"Le garçon" de Marcus Malte : Prix Fémina 2016. Né en 1967 à La Seyne-sur-Mer (83), l'auteur, responsable de salle de cinéma, pianiste, multiplie les écrits : livres policiers, recueils de nouvelles, ouvrages pour la jeunesse et romans. au début du XXème siècle, un jeune orphelin quasi-sauvage, qui ne parle pas, va se mettre en chemin et découvrir la vie à travers ses rencontres, la Première Guerre mondiale. Fresque de la première partie du siècle et roman initiatique. Grand roman.

"Petit Pays" de Gaël Faye : Prix Goncourt des Lycéens 2016. Né en 1982 au Burundi et arrivé en France en 1995, l'auteur est chanteur, rappeur, auteur-compositeur-interprète. Après avoir travaillé à Londres dans un fonds d'investissement, il s'est tourné vers la musique et l'écriture. Dans une première partie, ce roman décrit une vie paisible, une enfance douce d'un garçon de 10 ans de mère rwandaise et de père français dans ce petit pays d'Afrique qui va voir  la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé par la violence qui envahit tout jusqu'à ce que tout bascule. A lire.

"Tropique de la Violence" de Natacha Appanah : Prix Fémina des Lycéens 2016. Première édition de ce prix. Née en 1973 à l'ile Maurice, l'auteure est journaliste, de langue créole mauricienne d'origine, elle écrit en français. Plongée dans l’enfer d’une jeunesse livrée à elle-même sur l’île française de Mayotte en plein océan Indien. Dans ce pays magnifique, sauvage et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et nous révéler la violence de leur quotidien. A lire.

"Laëtitia ou la fin des hommes d'Ivan Jablonka : Prix Médicis 2016. Né en 1973, l'auteur  historien, professeur d'histoire à l'université de Paris XIII, a repris un fait divers survenu en 2011, l'enlèvement et l'assassinat d'une jeune fille qui dès sa plus jeune enfance a été maltraitée et accoutumée à vivre dans la peur. Ce parcours de violences éclaire à la fois sa fin tragique et notre société tout entière. L'historien poursuit son projet d'exploration  entre littérature, histoire et sciences sociales dans une analyse sociologique, politique et psychologique, destinée à rendre à Laëtitia sa dignité.Traité avec un très grand respect, une infinie douceur, une grande justesse.

"L'insouciance" de Karine Tuil 2016. Née en 1972, l'auteure s'est  intéressée au retour des soldats d’Afghanistan qui sont dévastés, dépressifs, complètement déboussolés, traînant leurs problèmes psychologiques. D'autres personnages aux parcours atypiques, le grand patron, le jeune sortant des banlieues et l'amoureuse, tous en quête de leur destin mais celui-ci n'est-il pas déjà écrit et peut-on échapper à ses origines ?

"Le premier miracle" de Gilles Legardinier 2016Né en 1965, scénariste et écrivain ayant remporté plusieurs prix. Ce roman est d'une autre veine que les deux précédents et se place dans le registre du Da Vinci Code. Il s'agit d'une enquête  scientifique sur fond de vols d'objets historiques, avec intervention des Services Secrets. Livre plein d'aventures avec l'humour habituel de l'auteur.
 
On peut dire que pour ce cru 2016, des écrivaines ont été primées et on retrouve en lignes directrices, violence, étude de société et opposition des milieux (riches/pauvres - ville/campagne)

Un livre plus ancien a également été évoqué :

"Les enfants de l'Ile du Levant"  Claude Gritti 2009. En 1861, Napoléon III fait partir par convoi entier des enfants dont les plus jeunes ont cinq ans, au bagne pour mineurs dans l'Ile du Levant dans le but de rééduquer ces jeunes délinquants. La réalité sera tout autre : travail forcé, malnutrition, brimades, sévices, jusqu'à ce que, dix-sept ans plus tard, les autorités alertées ferment le bagne des îles d'Or.

 

 

 

Publié dans CLUB LECTURE

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