Atelier écriture de décembre 2016
Les participantes de l'atelier écriture étaient ravies d'accueillir deux nouvelles recrues, Nicole qui animait l'atelier écriture du jeudi 1er décembre avait choisi comme thème "Le Souvenir"
Le verbe "se souvenir" vient du latin "subvenire" qui veut dire "venir au secours", "venir à l'esprit". Le souvenir est quelque chose que l'on se remémore, un élément de mémoire. Dans le genre littéraire, le souvenir se retrouve dans l'autofiction, les mémoires, les confessions, l'autobiographie, l'exofiction (roman inspiré de la vie d'un personnage réel mais dont l'auteur s'autorise des inventions).
1 - ) Le musée comtois de la Citadelle présentait du 1er juin au 30 septembre 2016, lors de son exposition "Les trucs d'avant", une trentaine d'objets de la seconde moitié du XXème n'ayant plus cours aujourd'hui.
Dresser une liste des "trucs d'avant' qui vous viennent en mémoire : mange-disque, machine à écrire, moulin à café manuel, blouse et tablier d'écolier, garde-manger, bonnet d'âne, tenue du dimanche, lorgnon, reposoir, bonnet de nuit, broc, bidet, ensemble cuvette et broc pour la toilette, plume, encrier, tableau noir, moule à beurre, 2 CV, solex, chaufferette, pot de chambre, panier à salade, martinet, buvard publicitaire, balance à poids, pèse-lettres manuel, papier carbone, walkman, stencil, TV noir et blanc, cuisinière en fonte, minitel, poste TSF....
2 - ) Choisir un objet de la liste précédente et rédiger un texte.
Texte 1 : Elle avait 4 ans. Nous partions tous les dimanches soirs pour rejoindre mon lieu de travail. Je la vois encore : A la portière du train hélant son père pour lui dire "au revoir", elle serrait sous son bras son "mange-disque" qu'elle avait eu à Noël. Il était jaune orange en matière plastique. C'était l'année 1978. Cet objet qui avait déjà servi à l'époque de mon enfance redevenait à la mode et pour rien au monde elle ne l'aurait confié à quelqu'un !! C'était son bien, son cadeau, sa raison d'exister...Pourquoi ?
Tout simplement parce que c'était ce mange-disque qui représentait sa vie, ses ressentis, les histoires ou les chansons qui l'accompagnaient dans ce difficile périple du déracinement. Car toutes les semaines il fallait quitter le foyer familial et passer la semaine "ailleurs".
En conséquence cet objet si cher à ses yeux, à son ressenti, faisait partie de sa vie et aidait à oublier ce changement de rythme dans sa vie de tous les jours. Il était son compagnon hebdomadaire et dans le train qui s'ébranlait, elle introduisait les disques de France Gall (Si maman si, Viens je t'emmène) et faisait sourire tous les voyageurs alentour.
Texte 2 : Ma première 2 CV, comme je l'ai aimée ! C'était ma première voiture, celle que j'ai pu m'acheter moi-même, avec mon argent. Elle était bien vieille, mais elle m'emmenait où je voulais. Ma première 2 CV, ça voulait dire "Liberté", même si elle m'a fait quelques misères, avec cette fenêtre qui vous tombait sur le coude, ces essuie-glaces qui s'activaient en fonction de la vitesse. Plus la pluie s'acharnait contre le pare-brise, plus le givre s'y cramponnait, plus je ralentissais et plus les essuie-glaces ralentissaient et il fallait les actionner de l'intérieur. Et quand il faisait froid, il fallait la faire démarrer avec une manivelle, c'est alors quelle commençait à hoqueter pour notre plus grand soulagement.
La 2 CV, ça relevait parfois de l'aventure. Rien ne l'arrêtait, ni les côtes enneigées et glissantes, ni les chemins caillouteux ou boueux ; elle savait gérer les virages pris trop vite en se penchant sur un côté, tel un bateau mais sans jamais chavirer. Que de possibilités elle m'a offertes : parcourir la campagne avec les copains, pleins de chansons criées à tue-tête par le toit ouvrant, (c'était la seule voiture décapotable possible pour les jeunes), glisser les skis sous les sièges ou enlever ceux-ci pour y mettre un matelas. C'était la voiture du bonheur et de l'insouciance. Et puis, avec 10 francs, on faisait pratiquement le plein !
La 2 CV, c'était la voiture de tous les jeunes, sans soucis, ma voiture préférée. J'y pense encore.
Texte 3 : Ma grand-mère me disait régulièrement : « Puisque tu neh fais rien » (toujours sympathique la grand-mère!) « et que nous sommes tous très occupés, mouds le café pour midi ». Elle allait ensuite chercher cet abominable instrument de torture : le moulin à café manuel.
Je le posais entre mes cuisses, comme on m’avait dit de le faire, après avoir soulevé ma petite jupe qui était très courte, à mon grand désespoir. Je rêvais de porter des jupes plus longues comme ma sœur, plus âgée que moi. Après avoir puisé dans un énorme bocal les grains de café à l’aide d’une louche, je les déposais dans le réceptacle et je me mettais à tourner la manivelle. Cela pinçait la peau de mes cuisses douloureusement. Est-ce que parce que j’avais les cuisses trop dodues et potelées ? Ou parce que ma jupe était trop courte ? En tout cas, il me semblait que lorsque les autres effectuaient ce travail ils ne rencontraient pas les mêmes désagréments. Cependant, régulièrement j’étais sollicitée pour effectuer cette besogne. Malgré cela, l’odeur subtile du café moulu reste dans ma mémoire et cela était une petite consolation. J’ai vu arriver les premiers moulins à café électriques avec un bonheur indicible. Avec eux l’odeur du café était conservée et on oubliait les cuisses pincées.
Texte 4 : La cuisinière en fonte de ma maison d'enfance était l'objet de tous les soins de ma mère. Elle l'avait eu après le décès de sa tante pendant la guerre et la soignait avec respect et amour, la passant régulièrement à la toile émeri et à la zébraline, elle rutilait. Cette cuisinière, élément central de la cuisine, apportait chaleur et réconfort par les longues journées d'hiver.
Que de bons souvenirs...ou moins bons, quand je pense à elle. Pour une petite fille de 4 ans, les tartines de chocolat faites dans le grand four, au moment du goûter, étaient une gourmandise sans pareil, le pain moelleux et les carrés de chocolat fondu, si chauds et si savoureux ! Les morceaux de pain brûlé sur le dessus rougi par la chaleur avait un goût inoubliable et le gâteau fait dans le moule de ma dînette avec une cuillerée de pâte, mis à cuire avec le gâteau dominical, était cent fois meilleur ! Lorsque ma mère faisait des tuiles, dès leur sortie du four, elle les mettait en forme sur la barre de cuivre doré qui ceinturait la cuisinière en fonte. Les biscuits plats devenaient alors de vraies tuiles, bien incurvées.
Au dessus, sur le tuyau était fixé un ensemble de tiges métalliques qui pouvaient s'ouvrir comme les baleines d'un parapluie, pour sécher les torchons de vaisselle ou les couches du dernier né.
J'aimais sa présence ronronnante, mais un jour, cette cuisinière m'a trahi : Nous déjeunions à la salle à manger et je n'avais pas faim, alors je traînassais devant ma salade de tomates. J'ai donc été envoyée à la cuisine pour terminer mon assiette. Une idée m'a traversée l'esprit que j'ai mise immédiatement à exécution. Afin d'en terminer, j'ai versé le contenu de mon assiette dans le tiroir à cendres de la cuisinière. Eh bien, cette traîtresse m'a vendue : Mes parents surpris de me voir revenir si vite à la salle à manger ont compris tout de suite que cette maudite salade n'avait pas terminé dans mon estomac. Conclusion je fus privée de dessert.
Texte 5 : Je me rappelle qu'au collège, nous portions une blouse à carreaux, au nom brodé sur la poche poitrine. Que je la détestais ! Une semaine en bleu, une semaine en rose. Il ne fallait pas se tromper de couleur, il ne fallait pas la laisser ouverte. J'étais en fin de troisième et je m'étais bien défendue : pas un oubli, pas une erreur de couleur en presque quatre ans, un véritable exploit ! Un lundi matin de mai, j'arrivai au collège pour 9 heures. Devant la salle de cours, en attendant la prof, on parle du week-end, de la leçon non apprise, du prof qui énerve... 9 heures et quart, nous attendons toujours quand la principale arrive pour nous envoyer en salle d'études, l'enseignante étant en congé maladie. Une joie que l'on dissimule pour éviter la colle. Pour moi, c'est une heure qui me permettra de réviser la leçon non apprise pour le cours suivant. Mais en études, pendant que j'ouvre le sac pour sortir la blouse, j'entends la principale déclamer une série d'exercices d'anglais, l'heure y suffira à peine. Malheur ! Adieu l'heure libre pour réviser ! En fouillant et retournant le cartable, je dois me rendre à l'évidence pas de blouse ! La principale quitte la salle d'études et nous laisse sous la garde du pion mais par manque de chance, elle passe dans mon allée. Malheur ! Elle découvre tout de suite l'absence de blouse et la sanction tombe : 2 heures de colle avec exercices d'anglais à la clé pour le mercredi suivant. L'heure s'achève et le cours suivant débute. Malheur ! Je suis interrogée, je ne peux aligner deux mots, la sanction tombe : zéro ! Quelle journée et tout ça à cause d'une maudite blouse à carreaux !
Texte 6 : Dans la salle de l'école, les pupitres sont sévèrement alignés, deux par deux, avec un couvercle pour ranger livres et cahiers, mais surtout,un trou percé sur le dessus du plateau dans lequel est encastré un petit récipient en verre que la maitresse remplit consciencieusement, chaque jour, d'encre violette pour faire "la page d'écriture" !
Certaines, plus pointilleuses, découpaient un papier buvard pour éviter les taches sur les bureaux! Ah cette odeur d'encre violette me reste dans la gorge. Elle envahissait la pièce et je me vois encore aujourd'hui tremper la plume, mais.... la pointe, juste un peu pour éviter de faire des pâtés sur la feuille et ..... même je l'égouttais plusieurs fois pour être certaine de mon fait. J'ai tout oublié de l'école : les joies, les peines, la honte, les fous rires, les angoisses, mais je n'oublierai jamais cette odeur d'encre violette reposant dans son godet en porcelaine et jouissant du privilège d'apprendre à écrire, donc à communiquer à l'élève...
3 - ) A la manière de Georges Pérec "Je me souviens", écrire trois phrases commençant par "Je me souviens" en évoquant des sens différents (odorat, toucher, ouïe, vue, goût)
odorat : Je me souviens de l'odeur du gâteau au chocolat du dimanche. Dès 11 heures et demi, son parfum envahissait la pièce et je trouvais toujours trop long le repas car j'avais hâte de déguster la part savoureuse que Maman me servait.
Je me souviens de l'odeur chaude des croissants qui me chatouillait les narines chaque matin. Mon père était boulanger et c'est toute mon enfance.
Je me souviens des mimosas en fin d’hiver dans le massif du Tanneron. Outre la couleur jaune flamboyant des petites boules fleuries, il y avait dans l’air cette odeur acidulée et enivrante qui annonçait le printemps à venir.
ouïe : Je me souviens du bruit incessant que faisaient les avions de ligne au-dessus du château de WINDSOR.Toutes les minutes le bruit des réacteurs envahissait l'espace et troublait la beauté ressentie à la vue de ce château exceptionnel.
Je me souviens d’une fin d’après midi d’été à Vaison-la-Romaine. Un pianiste célèbre répétait sa partition pour le concert du soir. Il n’y avait personne dans le théâtre antique. Il ne jouait que pour nous. Quel cadeau !
Je me souviens de l'électrophone de la Guilde du disque offert au Noël 1956. Tous, nous avions eu un 45 tours de musique classique. Il m'arrive d'écouter encore le cygne ou la danse macabre de Camille Saint Saëns ; Cette musique me ramène toujours quelques 60 ans en arrière, avec un petit pincement au cœur.
toucher : Je me souviens de la robe rose de l'été de mes dix ans quand mes doigts passaient et repassaient sur le coton côtelé. Ah ! Que j'aimais toucher ces nervures irrégulières !
Je me souviens des bains de soleil, pris en maillot de bain sur la terrasse de la maison de mes parents. A cuire jusqu'à ne plus tenir, mais résistant quand même. Bien enduite d'Ambre Solaire, bien rouge, mais pas brûlée et surtout bronzée.
vue : Je me souviens de ce ciel bleu si lumineux d'Andalousie, ce bleu si profond aux premières heures matinales, qu'il semblait irréel.
Je me souviens des yeux embués de larmes d'une cousine, au retour de son fils qui revenait en permission pendant la guerre d'Algérie. Nous lui avions fait la surprise et elle pleurait de joie.
Je me souviens des potirons du jardin sur lesquels Monsieur X. avait inscrit mon prénom. A mesure que les potirons grossissaient les lettres devenaient plus grandes. Cela me fascinait. Comment était ce possible?
Je me souviens des couchers de soleil vus depuis la fenêtre de ma chambre en automne, sur les monts du Mâconnais, plus j'avance en âge et plus je regrette de ne pas avoir profité de ces moments magiques avec plus d'intensité.
4 - ) "La vieille armoire en chêne se souvient-elle du temps où elle avait des feuilles ? " Paul Valéry. Ecrire un texte en évoquant les souvenirs de la vieille armoire.
Texte 1 : Rappelez vous je n'étais qu'un arbre, un tronc imposant, gonflé de sève et bien portant. Grand, fort strié d'une multitude de nervures qui dénonçaient mon âge. Mes branches s'étalaient autour de moi, pliant sous le poids des feuilles et des glands.
Puis un jour, hélas, ils sont venus, armés de leurs scies à bois et sans regret ils m'ont débité en planches, en sciure, enfin ils m'ont "massacré".
Aujourd'hui j'ai retrouvé un peu d'espoir car ils m'ont assemblé, cloué, sculpté pour devenir un meuble respecté .La cire dont ils m'ont enduit me donne une couleur chaleureuse et le linge, les livres ou tout autre objet que je garde à l'intérieur de moi me donnent la profonde impression que je revis et que l'on m'admire à nouveau pour ma beauté et ma grandeur imposante.
Texte 2 : Te souviens-tu, belle armoire, du temps où tout jeune, tu pointais ton nez dans la forêt, de tes petites feuilles que les jeunes cerfs essayaient de chaparder ? Te souviens-tu comment tu t'es mis à grandir, à devenir un bel arbre fort et costaud, des champignons qui poussaient à tes pieds, des glands qui attiraient les sangliers, du garde-forestier qui t'admirait ? Comme tu étais fière !
Et puis un jour tu as entendu des bruits, des rugissements même ; tu t'es inquiétée et tu avais bien raison. Des hommes, munis de ces instruments rugisseurs se sont approchés de toi, et, sans pitié, t'ont abattu. Comme tu as souffert ! Ton supplice n'était pas fini. Ils t'ont découpée, rabotée, empilée sans aucun ménagement. Quel espoir pouvais-tu avoir ?
Peu à peu, tu as compris. A force de te bringuebaler, de te tourner dans tous les sens, d'assembler tes planches, tu es devenue une magnifique armoire. Maintenant tu trônes dans une grande pièce d'une maison ancienne. La maîtresse de maison te dorlote et te masse avec de la cire d'abeille, à l'odeur si agréable. Puis elle range son linge sur tes étagères, avec quelques brins de lavande. Parfois même elle te confie un trésor qu'elle dissimule derrière les draps. Un sentiment de fierté t'envahit à nouveau.
Aurais-tu imaginé un tel avenir quand tu devais te battre contre la pluie et le vent froid de la forêt ?
Texte 3 : J’étais heureux dans la chênaie entouré de mes congénères, j’étalais mes grandes feuilles lobées, et mon tronc s’élevait majestueusement. Mes fruits étaient vert tendre puis brunissaient avec le temps. Les oiseaux se posaient délicatement sur mon branchage et m’accompagnaient de leur mélodie. Maintenant je suis dans un espace restreint : une chambre à coucher. Je suis seul puisque mes maîtres ne rentrent dans cette pièce presque uniquement pour dormir. Les seuls bruits que j’entends dorénavant sont ceux des ronflements ou celui de l’aspirateur que ma maîtresse s’évertue à passer régulièrement. Pour me décorer, à la place de mes glands, on a accroché à la clef de la porte un cœur brodé aux points de croix. Non, mais de qui se moque-t-on ? Des points de croix, ces petites choses minuscules et ridicules pour un arbre qui fut si royal !
Je n’ai plus de belles feuilles odorantes. La seule senteur qui subsiste autour de moi est celle de la cire d’abeille. Les abeilles, je les préfère vivantes et bourdonnantes, et je n’aime pas qu’on me caresse avec un chiffon. Je préférais quand les amoureux gravaient leurs prénoms sur mon écorce. C’était certes douloureux mais c’était écrit pour l’éternité. Enfin, c’est ce que je croyais !
Texte 4 : La vieille armoire en chêne trône dans la salle de séjour, remplie de la vaisselle des jours de fête. Elle est fière aujourd'hui de son destin bien cirée et offerte à tous les regards ; mais ces jours de gloire sont une parenthèse dans sa longue existence.
Avant, il y a quelques 50 ans, c'était une armoire lingère. Les draps brodés anciens voisinaient avec les nouveaux draps rose ou bleu des années 60, entre tradition et modernité. Ils étaient empilés soigneusement sur ses étagères : les grands et les petits, les taies d’oreiller et les enveloppes de traversin, en bas les alèses et les enveloppes d'édredon. Toutes les étagères étaient occupées sauf la dernière en haut qui avait une forme particulière : c’était l'étagère à chapeaux qui recevait les feutres de mon père et de mon grand-père et pas des moindre, des « Mossant » s'il vous plaît. Il y avait aussi les boites à gants.
Plus avant dans le temps, elle avait été oubliée dans un grenier ouvert aux quatre vents, soumise aux déjections des oiseaux de nuit qui nichaient par là et souillée par les crottes de souris qui l'avaient adopté comme refuge.
Et avant encore, si longtemps avant, elle se souvenait de sa jeunesse, sentant encore le bois frais. Il y a peut-être cent ans ou plus, elle était arrivée de chez le menuisier du village (pas l'ébéniste car il n'y en avait pas à cette époque pour les meubles dits rustiques) Il l'avait façonné avec amour et savoir-faire à partir des bois choisis sur pied dans le bois familial. L’événement était d'importance, on mariait la benjamine l'été prochain. Le patriarche avait donc choisi les arbres les plus beaux du domaine : des arbres majestueux au port fier qui acceptaient dans leur ramure les nids d'oiseaux à cause de leur chants mélodieux et les écureuils pour leur humeur primesautière. On avait dé-scié les fûts ; les planches avaient été mises à sécher puis assemblées pour faire ce meuble magnifique défiant le temps. Des portes en pointe de diamant, des pirds en miche de pain, cela était le choix de la jeune fille de la maison qui convolerait en justes noces. Son grand-père qui l'aimait particulièrement lui offrait cette armoire pour y serrer le trousseau qu'elle avait brodé méticuleusement.
Que dire de la vie d'avant pour ce bois magnifiquement mis en valeur ? Avant c'était la longue poussée des arbres. Des glands portés par le vent, roulés parla pluie, remués par les sangliers, avaient fini par germer puis grandir jusqu'à devenir les princes de ce bois du domaine familial.