Atelier Ecriture de Janvier 2017 : L'Accueil

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Pour l'atelier écriture du mois de janvier 2017, Josette avait choisi comme thème : "L'accueil". Les participantes ont trouvé qu'il n'y avait pas mieux pour démarrer 2017 que de bien accueillir cette année nouvelle !

1 - )  Accueil : manière de recevoir, lieu on l'on reçoit, manière dont on perçoit une oeuvre. Accueillir vient du latin "accoligere" qui veut dire rassembler.

Chercher des synonymes du mot accueil : Réception, invitation, hébergement, refuge, asile, logement, abri, aide, hospitalité, don, offrande...

Chercher des adjectifs se rapportant à l'accueil  : accueillant, chaleureux, hospitalier, inhospitalier, austère, glacial, bienveillant, mitigé, hostile, triomphal, boudeur, inattendu, surprenant...

Chercher des antonymes : bannissement, rejet, exclusion, excommunication, être repoussé, congédié, éconduit, répudié, déboulonné, démarqué, backboulé, débarqué...

Un seul anagramme a été trouvé  : ACICULE : éperon végétal (exemple :aiguille de pin)

2 - ) Chercher dans vos souvenirs un accueil qui vous a marquer et raconter-le

Texte 1 : Nous étions tous en rang d'oignons sur ce quai de la gare de Besançon : Ses parents, ses frères et sœurs, ses neveux, ses nièces ...

Depuis plus de quinze ans personne ne l'avait revue. Partie au Canada pour y faire sa vie, se faire oublier pendant tant d'années, comment ne pas être là pour l'accueillir ? Petits et grands, jeunes et vieux, tous voulaient être là pour lui ouvrir les bras, pour lui dire tout le plaisir, la joie de la revoir.

Quand le train arriva personne ne parlait, tout le monde étirait le cou pour l'apercevoir. Personne ?? Ou du moins pas celle que l'on attendait. Puis au bout de 5 minutes, comme pour créer la surprise, l'effet cinéma, elle apparut, telle une star revenue aux origines. Elle portait son petit chien dans ses bras, des lunettes noires sur le visage pour cacher son émotion et d'un seul regard elle nous vit tous, plus ou moins en larmes, l'accueillir d'un geste, d'un mot, lui dire tout le bonheur de la revoir enfin.

Texte 2 : ‌C'est encore dans le classeur "Souvenirs d'enfance" qu'il me faut remonter pour décrire "l'accueil" que nous réservions aux amis de la famille, à l'occasion des souhaits de nouvelle année.
         Beaucoup de gens passaient, mais j'appréciais particulièrement la visite d'une vieille dame avec sa fille. Pomponnée comme une marquise, les cheveux blancs passés au bleu de méthylène et crantés délicatement, elle pénétrait dans le salon et choisissait un fauteuil au dossier bien droit, pas trop haut car elle était de petite taille, avec des accoudoirs confortables; elle s'installait, vérifiait le noeud en velours noir qu'elle portait pour dissimuler un cou marqué par l'âge, lissait les plis de sa robe en taffetas moiré et sortait de son réticule en perles brillantes et resserré au bas par un gros gland de soie précieuse, les trésors qu'elle avait confectionnés.
         Nous attendions la distribution, puis nous servions le thé dans des tasses en porcelaine fine et fleurie, accompagné d'un cake appétissant et nourrissant, d'une multitude de petits fours moelleux, craquants, parfumés, déroutants... de pâtes de fruit qui dessinaient une mosaïque recherchée et ... quelquefois, nous ajoutions une liqueur à la mandarine, sirotée dans des verres gravés.
          Je ne quittais pas des yeux cette dame car, tous ses gestes étaient empreints de retenue et de grâce fragile et, je ne voulais pas rompre le charme de cet instant intime où la façon de tenir sa tasse de thé a plus d'importance que la conversation à bâtons rompus que nous échangions ...

2 - ) Parmi cette liste de proverbes et citations, en choisir un(e)et expliquer, en quelques lignes, ce qu'il(elle) signifie pour vous.

Texte 1 : "Prouver est un désir de savant, accueillir et un désir amoureux" (Christian Bobin)

Mathématiquement parlant, scientifiquement prouvant, le désir du savant : c'est éprouvant ! Accueillir, c'est aimer l'avant, les préparatifs, c'est aimer les hôtes, leurs discussions, l'ambiance, c'est communier avec les autres, accueillir c'est aimer et c'est un véritable plaisir !

Texte 2 : "Où tu es bien accueilli, là est ton pays".

Etre bien accueilli c'est ce que devraient penser les migrants de nos jours et pourtant ... Est-ce bien réel ? Je pense que l'on peut être bien accueilli ou bien accueillir les gens sans pour autant se considérer comme appartenant à part entière à leur patrie. Mon avis est dû à l'actualité. Je ne pense pas que l'on puisse faire partie intégrante d'un pays rien qu'à la qualité de l'accueil aussi chaleureux soit-il ! Les personnes déplacées quelque soit l'accueil obtenu, appartiennent toujours à leurs racines et on le remarque dans les regroupements des communautés dans toutes les villes du monde: il y a le quartier Italien, le quartier chinois ...etc. et personne n'y échappe.

Texte 3 : "A bon Salut, bon Accueil".

La franchise de la voix, des yeux attentifs, un sourire discret et un "BONJOUR" sonore, voilà, vous pouvez entrer chez moi, Vous y trouverez une personne prête à vous écouter, à vous accueillir, à vous accompagner...
De la façon dont vous vous présentez, vous recevrez "bon ou mauvais accueil".

 

3 - ) Le pub en Irlande est le coeur de la vie sociale, ouvert à tous les voyageurs. Raconter un moment magique où vous avez retrouvé un ami dans un café.

Texte 1 : Est-ce de la Magie ou un incroyable concours de circonstances,mais je l'aurais voulu que cela ne serait pas arrivé ! Le Hasard ! mais le hasard existe-t-il ?   "Non datur fatum" "Il n'y a pas de fatalité" a écrit Kant !

        Toujours est-il, qu'assis dans un fauteuil en osier, au fond de la terrasse du "Vieux Café" mon ancien prof d'histoire sirote une menthe à l'eau, tout en observant les passants.
Nos regards se croisent, s'interrogent : Est-ce bien Lui, est-ce bien Elle... Après un instant  d'hésitation, je me rends auprès de Lui, Il se lève, m'invite à m'asseoir et la conversation s'engage facilement. Il m'a tellement influencée et conseillée plus jeune. Je lui explique que j'écris des romans et, qu'en ce moment je peine à situer mon héroïne dans un pays inconnu et à nouer une intrigue originale. Il lit quelques pages de  mon texte et trouve, en effet, qu'il est trop sage, pas assez mouvementé et... sans valeur historique  !
Je combats, j'argumente, j'esquive, je reviens à la charge, je plaide la cause de mon héroïne, je  décris ses combats, ses aventures, ses ras le bol, en un mot : je charge, je pique, je vise, mais à la fin de l'envoi... je ne touche pas !
     
        Placidement installé dans son fauteuil en osier, il me regarde d'un air narquois et, après un silence, sur un ton enjoué et badin, me déclare : "Pourquoi ne Vous inspireriez-Vous pas de "Dona Isabel Barreto", cette navigatrice espagnole du XVIème Siècle, la première femme à avoir obtenu le grade d'amiral ?
Partie à la conquête du Nouveau Monde, elle fait la connaissance d'Avara de Mendana, découvreur des îles Salomon et Marquises en 1585 qu'elle épouse. Celui-ci meurt aux îles de la malaria et nomme Isabel "Gouverneur". mais, chassée par les indigènes, elle part aux Philippines où elle épouse Fernando de Castro, chevalier de St Jacques. Ils repartent au Mexique, puis en Argentine et retournent au Pérou où Isabel meurt !
Sa devise est " Pour la liberté aussi bien que pour l'honneur, on doit aventurer sa vie" !
       Goguenard et ... un  tantinet moqueur, il me regarde et, d'un ton malicieux me déclare "La réalité dépasse la fiction!" jeune amie !
Je suis conquise et admirative d'autant de savoir, d'autant de bonhommie dans le déroulement de l' histoire et, en guise d'au revoir, je lui déclare "Je vais partir à la Conquête de l'Eldorado" !

Texte 2 :Assise au bar, seule, perchée sur un haut tabouret, je méditais sur la solitude, l'indifférence des gens, la brusquerie de leurs propos, de leurs attitudes quand tout à coup sans savoir pourquoi ou comment, elle m'a souri et s'est assise auprès de moi. Tout de noir vêtue elle paraissait austère, différente des autres ,seule. Elle m'adressa la parole dans un français approximatif, triste, cherchant ses mots comme un appel au secours.

Je lui ai proposé de rester quelques instants près de moi, lui ai commandé une boisson de son choix et petit à petit le courant est passé. Comme par magie, son visage s'est illuminé, elle m'a souri et nous avons commencé à bavarder.

Au début bien sûr ce fut des futilités, nos gouts, l'ambiance, le temps qu'il faisait...Mais plus le temps passait plus notre conversation prenait une tournure plus profonde ;Nous nous sommes découverts des gouts communs, la lecture par exemple et là tout a démarré.; Les auteurs, la tendance du moment, le bonheur de lire celle ci, le dégout de celui là...

Au bout de deux heures nous avions commandé plusieurs boissons, échangé nos prénoms, et flottions dans une ambiance amicale de connivence qui ne laissait en rien apparaitre nos différences. D'aucun ne nous connaissant pas aurait juré que nous étions de vieilles amies.

Mais plus le temps passait plus il fallait se résoudre à conclure. Comment allions nous terminer cette entrevue, ce nouveau contact. Allions-nous donner une issue, une suite à notre rencontre ? Qui sait ???

Texte 3 : Les pieds sont douloureux malgré les chaussures adaptées. Voilà un moment que la fatigue se fait sentir. Les visites intéressantes ont un temps, fait oublié, l'envie d'un café corsé, chaud qui descend dans la gorge avec cet arrière-goût qui vient sublimer la première impression.  Maintenant n'y tenant plus, je récrie eux qui sont devant : "Allez, on s'arrête, un café, je n'en peux plus !" Devant ma mine déconfite, c'est l'accord général, arrêt dans le premier café. Sur la place centrale, ils sont légion. Brasseries toutes plus belles les une que les autres : c'est l'enseigne somptueuse de ce café belge qui attire mes amis. Pour moi, plus rien n'a d'importance : seulement m'asseoir et déguster un café en silence. En silence ! J'en doute car en poussant la porte, ce sont des voies fortes, des cris même, un brouhaha intense qui nous accueillent. Je m'assieds, quel soulagement pour mes pieds fatigués ! On passe commande : quel plaisir ce pays étranger où le français est parlé ! Les cafés arrivent fumants, crémeux, odorants. Je goûte, mes lèvres ourlées de crème me promettent déjà un régal. Je porte une nouvelle fois la tasse de porcelaine richement décorée à ma bouche lorsqu'une voix crie mon prénom et  ce cri me fait sursauter : le café gicle et éclabousse mon vêtement. Je pose la tasse et je cherche qui m'a interpellée, ici dans ce café, sur la Grande Place de Bruxelles. Et là, je n'en reviens pas, je ne l'avais pas vue depuis dix ans mais je sais que c'est elle.  Nos chemins s'étaient séparés après l'adolescence et je la retrouve plus femme, plus belle. J'oublie la fatigue, les pieds blessés, le café délicieux pour me lever brusquement et me jeter dans ses bras.

Magie du moment, magie des retrouvailles : dix ans à se raconter, dix ans de retard à combler sans oublier les souvenirs communs. Il fait bon, il fait chaud dans cette salle commune. Aux tables alentours, les clients partent, d'autres reviennent, mes trois comparses s'ennuient  mais je veux retenir ce moment. "Reste encore un peu", pensai-je. Surtout la retenir, ne pas revivre ces dix ans de séparation, Oh ! ça non ! Jamais ! Maintenant cela est terminé car malgré la distance qui nous sépare, le fil du téléphone nous relie et nous ne passons jamais plus de trois jours sans nous donner de nouvelles. Magique moment qui perdure encore aujourd'hui !

Fin juin, vous pourrez retrouver  l'ensemble de tous les textes des participantes à l'atelier écriture, reliés en un livret que vous pourrez emprunter

 

Publié dans ATELIER ECRITURE

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