Club-lecture du mois de décembre 2018

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Cinq livres ont été présentés au cours du club-lecture de décembre 2018.

« Le malheur du bas » d’Inès BAYARD (2018). L’auteur, âgée de  27 ans, signe son premier roman. Après des études de lettres, Inès s’installe à Berlin où elle écrit « Le malheur du bas », elle dit elle-même, qu’elle n’aura pu écrire ce livre nulle part ailleurs qu’à Berlin. C’est une prolepse : l’ouvrage débute par la description d’un évènement survenu plus tard, une scène de repas familial qui se termine par l’empoisonnement du mari, de l’épouse et du fils. Ensuite, on revient à la vie de cette famille. Marie, la mère, est conseillère en patrimoine financier, le père est avocat. Marie est violée par son directeur. La description du viol, deux pages et demi nous fait vivre la scène. Marie se tait, de peur de perdre son mari, son emploi. Peu de temps après, Marie découvre qu’elle est enceinte. Pas un instant elle ne pense que cet enfant pourrait être de son époux. Pour elle, le père ne peut-être que le violeur. Aussitôt, elle détestera cet enfant et à sa naissance, elle souhaitera même sa mort, il faut qu’il disparaisse. Livre dérangeant, étouffant qui semble être une histoire véridique. C’est la chronique du corps féminin. Un revirement à la fin reste à découvrir.

« Frère d’âme » de David DIOPP : Prix Goncourt des lycéens 2018. L’auteur est né en 1966 à Paris, c’est un universitaire (maître de conférences) et un écrivain français. En cette année du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, ce roman qui l’aborde le fait sous un angle complètement différent. Roman subversif qui fait penser à « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaître. Alfa est un des 134 000 tirailleurs sénégalais qui ont rejoint les troupes en métropole lors de la Première Guerre mondiale. Medemba, son frère d’âme, son "plus que frère", faisait partie du même bataillon et a été éventré quasiment sous ses yeux : « le dedans du corps dehors ». Medemba n’en finit pas d’agoniser et demande à Alfa de l’achever. Pour Alfa, ce geste sera impossible à réaliser, il ne pourra abréger ses souffrances et Medemba se mettra à l’insulter, des heures d’une agonie atroce. Alfa sera hanté par la culpabilité de n’avoir pas eu le courage de soulager les souffrances de son frère d’âme. Il deviendra violent à tel point que ses supérieurs devront le faire rapatrier à l’arrière. Des répétitions, comme un refrain, reviennent au fil des phrases. De poésie sensible, l’auteur nous fait croire encore à une paix possible.

« 17 ans » d’Eric FOTTORINO (2018) : L’auteur, né en 1960, a été journaliste puis directeur du Monde pendant 4 ans. Il fonde en 2014 l’hebdomadaire « le 1 ». Cet ouvrage est une autofiction, le portrait de la mère de l’auteur. C’est la réconciliation avec sa mère dont il n’avait pas pu avoir de relations. Il a deux demi-frères, fils du second mari de sa mère. Un jour, la mère réunit ses enfants et leur annonce qu’elle a eu une fille, en 1963 (trois ans après sa propre naissance) et qu’elle l’a abandonnée. Cette révélation va bouleverser Eric et le pousser à chercher et à comprendre la vie de sa mère. Très belles descriptions des rues de Nice et de l’arrière-pays niçois.  Sans jugement, le texte sur les non-dits, les secrets au sein d’une famille est très sobre. C’est le témoignage d’une époque pleine de préjugés, une colère contre l’Église. Une belle écriture, sensible, tendre, délicate, un très bel hommage à la mère.

« Sur les chemins noirs » de Sylvain TESSON (2016) : L’auteur est en 1972, c’est un voyageur et écrivain. Après une chute suite à une soirée alcoolisée et une période d’un an d’hôpital et de nombreuses opérations, l’auteur doit partir en centre de rééducation. Préférant la marche, en tant qu’habitué, Sylvain fera sa rééducation sur les chemins de France, les chemins noirs, sentiers parfois devenus inexistants. Son voyage de rééducation commencera le 24 août à la frontière italienne et se terminera le 8 novembre dans le Cotentin. En cours de route, des amis ou une de ses sœurs feront avec lui de petits trajets. C’est plus qu’un récit de voyage, un hymne au courage, à l’amitié, à la campagne française, une envie de renaissance.

Unité Alphabet « de Jussi Adler Olsen » (2018) : Ecrivain danois né en 1950, connut pour sa série policière avec les enquêtes du département V, traité avec humour. Il est considéré comme le maître du thriller scandinave. Ce livre est le premier ouvrage de l’auteur. L'Unité Alphabet est le service psychiatrique d'un hôpital militaire où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les médecins allemands infligeaient d'atroces traitements à leurs cobayes, pour la plupart des officiers SS blessés sur le front de l'Est. Bryan, pilote de la RAF, y a survécu sous une identité allemande en simulant la folie. Trente ans ont passé mais, chaque jour, il revit ce cauchemar et repense à James, son ami et copilote, qu'il a abandonné à l'Unité Alphabet et qu'il n'a jamais retrouvé. En 1972, à l'occasion des jeux Olympiques de Munich, Bryan décide de repartir sur ses traces. Sans imaginer que sa quête va réveiller les démons d'un passé plus présent que jamais.  C’est un roman dur et passionnant, la seconde partie du livre, la recherche, dévoile tout le talent de l’auteur que l’on retrouve tout au cours des enquêtes du département V.

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