Atelier écriture du jeudi 8 décembre 2018 : L'ART
Thème du mois, l'art.
L’art est une activité humaine, le produit de cette activité ou l'idée que l'on s'en fait s'adresse aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l'intellect. lOn peut affirmer que l'art est le propre de l'humain, et que cette activité n'a pas de fonction pratique définie.
1 - ) Choisir une peinture dans le catalogue « Peinture des lointains », exposition du musée du Quai Branly. Vous être le peintre qui l’avez réalisée, pourquoi une telle œuvre et que souhaitiez-vous faire passer ?
Texte 1 : Depuis que je suis arrivée au Vietnam, mes yeux ne savent pas comment garder les couleurs extraordinaires de la Baie d’Along. L’émerveillement est incessant et chaque instant est un régal. Pour me permettre de garder un souvenir précis je n’ai qu’un moyen, peindre. Je sors donc mon matériel de peinture je cherche un bon endroit. Il faut essayer de rendre l’endroit le plus vraisemblable possible.
Avec hésitation je me pose, me décale, recule mais pas trop car l’espace est réduit : j’ai élu domicile sur un sampan, l’espace est restreint et il ne faudrait pas que je tombe à l’eau. Comment s’y prendre? Le site karstique est stupéfiant. En plan lointain, ces masses rocheuses, hérissées vers le ciel, sont d’un violet bleuté, se reflétant sur une eau turquoise. Les reflets sont changeants et pour garder une certaine spontanéité il me faut user de couleurs pures, éclatantes. A gauche, la jonque est d’un rouge vif et son reflet ondoie. Ce n’est pas gagné. Allons, il faut avancer, ne pas traîner, aller à l’essentiel.
Une fois le cadre posé, il me faut animer le paysage : Justement un autochtone est là, avec sa perche il avance de façon désinvolte. Sa tenue blanche, short et chapeau, contraste sur ce fond colorié, éclairci par une clarté se faufilant entre deux masses rocheuses. Son corps bronzé apporte une tonalité chaude. D’où vient-il ? Où va-t-il ? Il me regarde, étonné. Je ne peins pas à la façon des asiatiques ! Et une femme en plus ! À cette époque d’entre-deux-guerres !
Oui, je suis là, meublant mon temps en couvrant de couleur des toiles spontanées, une femme oisive alors que les femmes à l’entour travaillent toutes, qui pêchant, qui lavant ou cuisinant et moi, je joue du pinceau pour immortaliser le paysage.
Texte 2 : J’ai toujours aimé les ânes. Ce sont des animaux têtus paraît-il comme je le suis moi-même, et leurs grandes oreilles se tendent vers le ciel à la recherche de l’infini.
Lors d’un voyage en Afrique Équatoriale Française, j’ai rencontré cette tribu et, de suite, mon regard s’est attardé sur ces deux animaux. J
’ai alors installé sur le rivage mon chevalet et ai ressenti le besoin d’immortaliser cet instant. Les femmes vêtues de couleurs flamboyantes, orangées et rouges, symbolisent la cellule familiale. L’une d’elles porte un enfant dans son dos alors qu’une autre transporte sur la tête un récipient rempli de l’eau de la rivière. Une troisième, la poitrine découverte, rince un vêtement dans l’eau verdâtre.
Les hommes sont sur leur embarcation. Tout est silencieux. Chacun s’active à sa propre tâche avant de repartir tous ensemble vers leurs habitations. Je profite donc de ce moment de calme et de sérénité pour faire quelques esquisses et noter les éléments marquants de ce tableau vivant. La tribu ne m’a pas remarquée et je ressens une liberté totale face à eux.
Je m’aperçois qu’ayant été attirée par les deux ânes dans un premier temps, c’est en fait le groupe de personnes qui suscite mon intérêt et que je souhaite peindre afin de rendre compte de la vie calme mais difficile de ces hommes, isolés au fond de l’Afrique.
Quand ils repartiront vers leur village, je les suivrai, désireuse de faire réellement connaissance avec eux.
2 - ) Une œuvre à découvrir : Deviner le matériau, ce qu’elle représente et donner-lui un titre ?
Texte 1 : Sur du béton uni, j'hésitais comment donner Vie à cette surface sévère : des caricatures ? Des logos ? Non, j'ai opté pour la sobriété : des points qui se multiplient, s'éclatent, s'étalent un peu comme un ciel étoilé !
Texte 2 : Angers, le pays de l’ardoise, Oui, cet exercice n’a rien de facile, rendre une vieille ardoise usagée sur un papier. Les taches d’eau à la surface de la pierre brillent d’un éclat terne et ce n’est pas gagné. La nature ma joue des tours. Les matières quel qu’elles soient sont toujours difficile à rendre en plus on dirait que l’on a marché dessus. Aussi cette œuvre intitulée ardoise face aux intempéries sera accrochée sur un mur sombre, pour la mettre en valeur.
Texte 3 : LE MUR : C’est une œuvre d’art, oui ! Vous voyez, j’ai voulu à l’aide de liège montrer que cette matière ouatée et source de silence permettait d’isoler chaque homme dans son monde, d’être à l’abri du regard des autres. Le gris pâle, se situant entre le blanc et le noir permet de symboliser l’opacité. Quelques taches plus foncées représentent, peut être, des trous permettant de communiquer avec les autres.
3 - ) Quand l’art, ici le dessin, se fait assassin : choisir un dessin, décrire la violence, la haine qu’il dégage et ce que vous ressentez en le regardant. Exposition du Mémorial de la Paix à Caen : "Quand le dessin se fait assassin.
Texte 1 : Jouer sur le physique de l’autre pour le juger.
Jouer avec les stéréotypes immondes pour ridiculiser.
La violence à l’état brut.
Je n’ai plus la force de faire des phrases devant tant de cruauté.
Texte 2 : Drapeau européen : drapeau de l'unité, drapeau de la paix, mais apposer les étoiles juives pour les étoiles du drapeau européen est pour moi une horreur, une folie. Cela me choque plus encore que des caricatures dont le but premier est de provoquer. Utiliser ce drapeau porteur du symbole de paix me glace.
4 - ) Dans le projet « Cité des savoirs et de l’innovation » à l’emplacement de l’ancien hôpital Saint-Jacques, il reste un espace libre. Architecte, designer, vous avez toute la liberté de proposez ce à quoi vous souhaiteriez qu’il serve, dans le domaine de l’art. Profitez-en !!!
Texte 1 : Les projets les plus fous sont autorisés, mais sachons "raison garder". N'est-ce pas le propre de l'architecte : innover certes, mais ne pas détruire ou nuire à ce qui existe. Besançon ayant un passé militaire illustre, j'installerai un "Musée Militaire". Partant du lance pierre, du javelot, de l'onagre aux boulets en pierre pour détruire les forteresses et les châteaux, je poursuivrai par les canons, les arquebuses, les chars, les avions, les tanks, tout en n'oubliant pas les armes chimiques pour aller jusqu'à la guerre des étoiles et le vaste champ que nous offre l'Espace. La guerre des Étoiles ? Non, simplement montrer le génie de l'Homme qui crée pour subsister !
Texte 2 : Besançon, ville d’Art et d’Histoire, partage sa muséographie entre le centre ville et la citadelle. Mais il y a tant de choses endormies dans les réserves et dont on pourrait profiter. L’histoire de la ville reste en circuit clos. Saint-Jacques serait une opportunité pour l’ouverture à tous d’un musée historique ou serait mis en valeur tout le patrimoine amassé à Saint-Paul : statues, sarcophages, moulures. Les visiteurs pourraient s’approprier le riche passé de cette ville et peut-être même celui de l’agglomération.
Texte 3 : Espace d’expression artistique intergénérationnel
Un lieu où tout âge, à tout moment, de jour comme de nuit, en toutes saisons, en toutes circonstances puisse venir exprimer son ressenti, son vécu et ses émotions.
Les différentes salles ne seront pas attribuées à des âges différents. Le but est de partager des sentiments et ceux-ci n’ont pas d’âge. Le sol des pièces sera constitué d’un immense tapis de mousse très épais et confortable où chacun pourra marcher, courir, s’allonger. Des espaces de repos seront prévus, avec des musiques douces et des lumières reposantes et rassurantes;
Un enfant faisant un cauchemar chez lui pourra être accueilli très vite, grâce à un système de télé portage ultra rapide et bénéficier de câlins protecteurs.
Un adolescent pourra exprimer sa colère et sa révolte sur les murs blancs et un nettoyage efficace permettra de retrouver, à l’instant choisi par le jeune lui-même, la couleur originelle.
Les adultes viendront s’adonner à des exercices musicaux ou picturaux.
Les enfants auront également toute liberté d’expression grâce à d’immenses crayons de couleur, et les instruments de musique les plus variés et les plus insolites seront à leur disposition.
Les personnes âgées seront accueillies pour des moments de chansons dans des lieux de détente et de travail sur la mémoire.
Tout ce monde se côtoiera comme il l’entend.
Une utopie ? Peut-être mais cela ne coûterait pas tellement cher finalement