ATELIER ÉCRITURE DU MOIS DE NOVEMBRE 2020
L'atelier écriture permet à chacun d'exprimer son imaginaire, sa créativité, sur un thème donné par une animatrice. Aucune connaissance n'est requise, nous sommes tous capables d''écrire, il faut simplement en avoir envie !
Suite aux nouvelles directives sanitaires, l'atelier écriture aura lieu jusqu'à nouvel ordre par mail
Les personnes voulant y participer peuvent contacter la responsable Diane Piquard, à l'adresse suivante : diane.piquard@free.fr
N'hésitez pas à rejoindre notre groupe afin d'exprimer votre créativité et votre imaginaire
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Séance du jeudi 5 novembre 2020, animée par Thérèse. Thème : Si une porte s’ouvre sur un nouveau départ, elle s’est fermée sur quelque chose de connu : « Partir, c’est mourir un peu »
1 - ) Vous ouvrez votre porte pour sortir de chez vous pour partir pour une période de plusieurs jours (en voyage, en vacances, à l’aventure, emménager pour un ailleurs ou pour un tout autre motif de votre choix). Racontez vos sentiments, votre ressenti… uniquement du point de vue positif.
Texte 1 : Je suis soulagée, ça y est les bagages sont terminés. J’ai fait le bon choix, peu importe si la météo fait des siennes, ma garde-robe se « PORTE avec adaptabilité ».
Je me retourne pour souhaiter à ma maison de « bien se PORTEr » en mon absence.
L’aventure m’attend…
Texte 2 : Une période de quelques jours ? Non c’est définitif : je pars. Je quitte cette résidence où je ne me sens pas à mon aise depuis plusieurs années. La décision fut longue et difficile à prendre et enfin cette fois le camion de déménagement est dans la rue, les cartons sont faits, il ne reste plus qu’à refermer la porte. Je ne peux plus reculer et je n’en ai aucunement le désir.
Je quitte non seulement mon lieu de vie mais la ville et la région où j’ai toujours vécu. Je pars pour un ailleurs quelque peu inconnu, un ailleurs pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre cet été, lors de vacances. J’ai découvert ce village, ce bourg plutôt, et immédiatement j’ai ressenti le besoin de venir m’installer dans cet endroit. Pourquoi ? Je ne saurais l’expliquer. Une véritable osmose s’est créée, c’est là que je voulais vivre, être heureuse j’espère et passer le reste de ma vie.
Tout est prêt. J’imagine l’arrivée dans ce village, il reste encore beaucoup kilomètres à effectuer. Je vais pouvoir à loisir savourer le plaisir de l’attente. Après tous les inconvénients de l’emménagement, je vais pouvoir profiter pleinement de la quiétude et des attraits de cette région où le soleil brille à longueur d’année, où la végétation est chatoyante, où les vestiges romains sont foison. J’ai trouvé là bas une petite maison comme j’en ai toujours rêvée, de plain pied (il faut en effet penser aux années à venir!) avec un terrain à ma mesure où je pourrai jardiner mais pas trop : quelques herbes aromatiques, des tomates de toutes sortes, des framboisiers, quelques petits légumes. Les arbres fruitiers existent déjà et je m’imagine en train de faire des confitures. Cette maison possède des volets bleus typiques de la région et une grande terrasse où est déjà aménagée une cuisine d’été. J’ai déjà rencontré quelques voisins lors de la visite et tous me semblent charmants et chaleureux. Je pense déjà aux soirées d’hiver auprès de la cheminée, aux soirées d’été autour d’un barbecue, entourée de voisins, d’amis avec chants et guitares tout au long de la nuit. Le paradis en un mot.
2 - ) Vous ouvrez votre porte pour sortir de chez vous pour partir pour une période de plusieurs jours (en voyage, en vacances, à l’aventure, emménager pour un ailleurs ou pour un tout autre motif de votre choix) mais au moment où vous vous retournez pour fermer cette porte qui se ferme sur quelque chose de très rassurant, que vous connaissez, vous n’avez plus envie de partir mais vous ne pouvez plus reculer. Vous savez ce que vous laissez, mais ne savez pas forcément ce que vous allez découvrir. Racontez cet instant où tout va basculer, vous voudriez rester encore. Racontez vos sentiments contradictoires « Partir, c’est mourir un peu ».
Texte 1: Voilà, les déménageurs ont tout embarqué, le grand appartement parisien est maintenant bien vide. Un appartement coquet, refait à notre goût, avec l’aide des copains dans un immeuble calme, un quartier agréable. Là, nous avons vécus heureux, les enfants y sont nés. Nous y étions bien. Un cocon fait de petits riens, de soirées amicales, de rires et de joie tranquille.
Quelle idée, cette mutation en province, j’enrage ! Ici, la vie était bien organisée, j’avais mes repères, tout marchait sur des roulettes, mais bon, le sort en a décidé autrement. J’ai bien du mal à refermer cette porte. Les larmes me viennent aux yeux et pourtant je voulais me montrer forte. Je suis seule, personne ne le verra.
Partir pour quoi, une promotion qui demande aux autres tant de sacrifices, (les autres c’est moi et les enfants) je me révolte, pourtant je le savais, c’était inévitable à terme. Mais il aurait pu trouvé un poste sur la région parisienne, ce ne sont pas les postes qui manquent !
Les autres, ceux qui ne sont pas Moi, ne savent pas comme je suis dévastée. Tous trouvent formidable cette promotion. « Ne vous inquiétez pas, on viendra vous voir ! « ou la vie en province est plus facile , pour les enfants se sera mieux » . Nombre de bonnes raisons sont évoquées, soit disant rationnelles et de plus ce n’est pas correct de refuser une promotion sans raison valable. Partir pour un ailleurs que je ne connais pas, que je n’ai pas choisi (c’est en l’occurrence l’administration qui choisit pour le profil de carrière de mon conjoint) Partir en laissant derrière moi cette vie que j’aimais, cette ville attachante pleine de surprises de ressources, ce quartier tellement provincial dans sa vie de tous les jours, mais aussi tellement parisien dans l’air ambiant.
je trouve cela révoltant, partir dans une ville inconnue, ou je ne connais strictement personne , vivre en vase clos à quatre dont deux bambins… je voudrais que le temps se fige et ne jamais quitter ce Paris que j’aime. Encore un regard sur cet appartement vide qui n’est déjà plus le notre, fermons cette porte mais oui, partir c’est mourir un peu.
Texte 2 : Partir... ce voyage dont j'ai tant rêvé !
Le grand jour tant attendu est enfin arrivé ! Hier, j'étais si contente, si émoustillée à l'idée de partir. Mais d'un seul coup, tout change. J'hésite, j'ai peur, je doute.
Ma conscience est assaillie par tout ce que je n'ai pas eu le temps de terminer ; la couette que je n'ai pas lavée, l'armoire que je n'ai pas rangée, les pommes que je n'ai pas fini de ramasser, cette lettre à laquelle je n'ai pas répondu, et cet amie à qui je n'ai pas pris le temps de téléphoner...
Le doute envahit mon esprit et me paralyse : et si je rate ma correspondance, et si l'avion s'écrase, si on me vole mes papiers et mon argent, si l'auberge ne m'a pas gardé une chambre et si ... et si...Mon cœur frappe fort dans ma poitrine, j'ai froid, j'ai chaud.
Partir, c'est tout abandonner, tout laisser sur place, quitter le navire, fuir, mourir un peu.
Pourquoi partir, pourquoi partir si loin? La France n'est-elle pas assez belle ? Elle nous offre tant de richesses en un seul pays, tant de paysages : la mer et les montagnes, le sable et les prairies, les rochers et les dunes, les cascades et les grands fleuves, des monuments magnifiques et des petits villages si pittoresques !
J'ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne peux pas ne pas partir. Il n'est pas question d'annuler quoi que ce soit, tout est beaucoup trop compliqué ; Et de quoi aurais-je l'air ?
Vraiment, partir c'est mourir un peu (de peur surtout). Mais ne faut-il pas mourir un peu (un tout petit peu) pur revivre mieux.
3 - ) Vous attendez avec impatience le retour que vous vous apprêtez à faire (aventure, voyage d’affaire, vacances ou tout autre motif de votre choix…), vous savez ce que vous allez retrouver (lieux, personnes) et vous avez hâte. Racontez vos impressions.
Texte 1: Vous vous souvenez, je vous l’avais dit j’étais si heureuse de partir dans le sud. Rouler à ma guise, éprise de liberté, m’arrêter et flâner
Sans que personne ne me dise quoi que ce soit :
Voici quatre jours que je suis partie, et déjà je n’ai qu’une envie : revenir. Quatre jours, c’est déjà trop. J’ai vraiment hâte de revenir à la maison, de retrouver mon chez moi, mes livres, mes habitudes, en résumé mon confort.
C’est décidé : j’avertis ma fille de mon empressement à repartir. Celle-ci toute surprise me demande si je vais bien. Je la rassure, mais mon envie est plus forte. Je dois repartir avant que l’ennui me gagne.
J’avale les 600 kilomètres avec la fièvre d’arriver le plus rapidement possible.
Et si ma joie se résumait à « partir et revenir » ?
Texte 2 : Le voyage d’affaire s’est très bien passé. J’aime ces voyages d’affaires annuels, j’y fais toujours des rencontres sympathiques. Nous sommes dans d’autres lieux, mangeons dans d’autres restaurants des cuisines inconnues et ces collègues qui ont une façon différente de travailler m’apportent toujours autant de richesses. J’aime aussi préparer et présenter les différents dossiers pour lesquels nous sollicitons des subventions. Ces relations de collègues qui sont de courtes durées sont en général agréables et il y a les à côté. Pour une célibataire endurcie comme moi, les soirées et nuits apportent aussi leurs charmes. Les miens ne sont pas dénués d’intérêt pour la gente masculine. Sur toute la ligne, ces voyages sont un plaisir mais cette fois-ci, j’attends avec impatience le retour. Pourquoi ? Est-ce que je vieillis ? Je vais retrouver mon petit logement lyonnais, les bouchons que j’affectionne le week-end avec leurs quenelles, leurs tabliers de sapeur (gras double), leurs saucissons lyonnais au vin rouge, tous ces plats que ma grand-mère me préparait le week-end. Ma mère était toujours occupée par les multiples associations qui la recrutait et étant préoccupée par sa ligne, rejetait en bloc ces plats trop riches. Je vais retrouver aussi Minou, mon chat persan et que ma voisine aura chouchouté en mon absence. Pourquoi ce petit train-train m’a manqué ? Les trajets en avion me plaisent toujours autant, la foule des aéroports ne me dérange pas. Je me questionne : Que m’arrive-t-il ? Au fait, célibataire endurcie, est-ce toujours le terme qui me convient ? Ne serait-ce pas des fois Aurélien, le nouveau propriétaire du bouchon près de mon appartement qui me manquerait un peu ? Ces desserts qu’il m’apporte, me semblent dédiés, c’est toujours lui qui me les sert et ils sont tellement divins, il connaît mes goûts le coquin ! Et les noms prêtent toujours à suggestion : Délices d’une nuit, Rêve d’amour, Pensée coquine… Est-ce que ce sont les noms figurent sur la carte ou s’ils ne sont que pour moi ? Est-ce que les autres restaurants ont des noms semblables pour leurs desserts ? Est-ce qu’Aurélien porte les desserts aux autres clientes en leur susurrant des noms affriolants. Il m’a dit avant mon départ que pour mon retour, j’aurais droit à une surprise, une nouveauté sucrée. Je suis déjà en train de l’imaginer se dirigeant vers moi avec un sublime dessert au nom érotique. Pourquoi, me bouchais-je les yeux jusqu’à ce jour ? Aurélien est dans toutes mes pensées. Regardant l’heure, je me dis que je serai à temps pour le repas de ce soir. Dès que l’avion se pose, je téléphone pour réserver une place, celle que j’affectionne et qui me permet de voir Aurélien passer de la cuisine à la salle. C’est pour ça que j’ai choisi cette place. Je somnole, je rêve d’Aurélien lorsque la voix de l’hôtesse de l’air annonce des turbulences, des vents violents et un retard d’au moins trente à quarante-cinq minutes. Je pose les yeux sur ma montre et je dis adieu à mon repas, au nouveau dessert et au regard charmeur d’Aurélien ! De toute façon avec les trous d’air j’ai plutôt la nausée et rien que d’imaginer les desserts à la crème, cela me lève le cœur ! A demain Aurélien, il faudra patienter !
4 - ) Un retour est toujours très difficile (aventure, voyage d’affaire, vacances ou tout autre motif de votre choix…). « Partir c'est mourir un peu... mais si revenir, c’est mourir beaucoup ». Racontez vos sentiments, votre ressenti sur cette non-envie de retour.
Texte 1:
Partir, une merveilleuse aventure.
Revenir, un inéluctable retour.
Partir, rester, revenir
Quel dilemme !
Rester ce serait tout abandonné, tout oublié, perdre une certaine sécurité bien établie,
Mais assurément gagner... une grande liberté.
Revenir, ça veut dire : retomber dans le train-train monotone de chaque jour
Attendre un lendemain sans intérêt
Être aspiré dans un tourbillon d'activités futiles
Se laisser embrigader par mille obligations, souvent par soi-même imposées
Paresser devant la télévision
Être submergé de factures et d'appels téléphoniques
Être rattrapé par multiples principes
Revenir différent et ne plus être compris
Attendre des jours meilleurs.
Avec le retour,
Finie l'insouciance,
Bonjour tracas et soucis retrouvée
Au revoir Liberté
Texte 2: Les vacances sont terminées. Je dois rentrer car bien sûr tout a une fin, surtout les bons moments dit-on.
« Revenir, c’est mourir beaucoup » a dit une personne connue et reconnue. En effet, j’ai vraiment l’impression de mourir en quittant les personnes et les lieux que j’aime tellement. Et ils meurent aussi avec moi. Je vais retrouver un univers familier, trop familier dirais-je. Il n’y aura plus de rires et de jeux et je vais ressentir douloureusement l’absence L’ambiance chaleureuse et aimante de mes enfants, les longues promenades, le soleil, la plage, les soirées. Comme tout cela va me manquer. Je vais retrouver le vide abyssal d’un appartement silencieux où seul vont vibrer le bruit de l’aspirateur et des casseroles. Tout cela est d’une tristesse phénoménale.
Peut être y aura- t-il d’autres vacances ? Je vais essayer de vivre avec cet espoir
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