Atelier écriture du 4 octobre 2016 : La mode vestimentaire : vêtements et chaussures
Pour l'atelier écriture de rentrée, Thérèse avait choisi comme thème : La mode vestimentaire : vêtements et chaussures
Après quelques explications sur la haute-couture, la mode et le musée de la mode à Paris, les choses sérieuses commencèrent :
1 - ) Trouver des expressions empruntant des termes de couture.
2 - ) Écrire un petit texte ou vous évoquerez un vêtement qui vous a laissé un souvenir bon ou mauvais.
Texte 1 : Dans les années 70, j'étais parisienne, et bien consciente de l'être. Les clins d’œil à la mode du moment se reconnaissaient sans nul doute dans les rues de Paris, surtout chez les jeunes femmes. On se faisait vite une idée de ce qui était nouveau et par là même du détail qui faisait mouche.
J'avais jeté mon dévolu sur un magnifique ciré blanc, pas n'importe lequel, un ciré blanc à double boutonnage, avec au bas deux bourrelets matelassés, juste au dessous du genoux.
Des cirés blancs…..Il y en avait des quantités, avec les premiers parapluie transparents bien emboîtant on était juste de bon ton et remarqué, (Marlène Jobert avait un ciré blanc dans le passager de la pluie)
J'étais radieuse de mettre ce vêtement et aurais souhaité qu'il fasse mauvais temps tous les jours.
Puis un jour, j'ai eu un accident sur le Cours de Vincennes un samedi en début d'après-midi. La voiture, percutée par une autre voiture, s'est retrouvée sur le toit. Et je suis sortie par le pare-brise avant complètement éventré. Pas de gros dégâts pour les quatre passagers mais des coupures superficielles.
J'ai fait forte impression sur le public attroupé avec mon visage ensanglanté dont le sang coulait sur mon ciré blanc, tel une pluie tragique.
Plus de peur que de mal mais les curieux amassés ont photographié cette image.
Texte 2 : C’était l’époque où, pour Pâques, il était impératif de porter un vêtement neuf et « de printemps », même si ce jour là il neigeait.
Je devais avoir une douzaine d’années et jusque là ma mère avait toujours confectionné de ses mains mes vêtements. Très coquette et surtout voulant être comme mes amies, je rêvais de jupes, de vestes, achetées toutes faites dans des boutiques.
Cette année-là, mon vœu fut exaucé: j’ai eu droit à une veste dont le souvenir est encore présent dans ma mémoire, achetée dans un magasin de la Grande Rue à Besançon.
Il s’agissait d’une veste rouge avec des boutons dorés et un col en cuir noir. Je la portais avec une jupe plissée écossaise achetée également en boutique, mais j’ai moins de souvenirs de cette jupe. La fameuse veste rouge est restée longtemps dans mon armoire, même lorsque, ayant grandi je ne pouvais plus la vêtir, le bout des manches arrivant à la hauteur des coudes. Je me trouvais très jeune fille avec cet habit dont la couleur faisait ressortir mes cheveux blonds, sur mes épaules.
Tout fière, ce jour de Pâques glacial, je suis allée à la messe, car c’était également une étape obligatoire, et je peux vous assurer que, ni sur le chemin aller, ni sur le chemin retour et ni même pendant la messe je n’ai songé la moindre seconde à prier ! Toutes mes pensées affluaient vers cette veste et également vers l’idée que les « fidèles » devaient tous m’admirer dans les rangs serrés de la petite église.
Texte 3 : Je remonte dans mes souvenirs, très loin dans mes souvenirs j'avais environ cinq ans. La guerre nous privait de beaucoup de choses et pour s'habiller, c'était la galère !
Mais le Français est astucieux et grâce à l'élevage des lapins, nous nous confectionnons de beaux manteaux de fourrure. Le mien était en "lapin blanc", les longs poils soyeux miroitaient aux effets de lumière et de gros boutons ronds le fermaient. J'aimais l'enfiler et me pavaner, assurée d'être enviée !
Mon frère, très taquin, me visait avec des boules de neige et ..... ma sœur, agacée d'en porter un plus sombre, me trouvait grosse comme une citrouille...
Mais qu'importe le manteau pourvu que l'on ait chaud !
Texte 4 : Ah ! L'ensemble bleu que j'ai mis pour le mariage de ma cousine ! C'était un tailleur bleu ciel avec un grand col blanc. C'était la première fois que je m'habillais en "dame". J'avais pris le train pour me rendre à Vesoul dans un grand magasin de vêtements. Pratiquement de suite, j'avais choisi cet ensemble qui "m'allait comme un gant" selon la patronne du magasin.
Et là, je me dirigeais par ce jour de printemps vers la maison de ma cousine où devait se former le cortège et j'étais impatiente de voir la robe de la mariée. J'avais questionné ma cousine à ce sujet mais elle était restée évasive, la cachottière, me disais-je. Il y avait déjà du monde dans la cour de la maison, je vis un groupe compact d'où émergeait la mariée, elle portait un petit chapeau agrémenté d'une voilette. Je m'approchai et constatai que ma cousine était vêtue d'un bel ensemble bleu ciel avec un col blanc ! Identique au mien ! Pendant quelques années, j'ai eu le bleu ciel en horreur !
3 - ) Trouver des synonymes de vêtements.
4 - ) Écrire un petit texte comique pour décrire les vêtements que porte une personne en utilisant des synonymes de vêtements.
Texte 1 : Mais comment est-elle accoutrée celle-là?
Elle est sapée comme l’as de pique avec ses fringues dénichées au vide-greniers de Septembre. Elle a revêtu une tenue étincelante qui luit sous le soleil pâle d’hiver, avec des collants multicolores à losanges qui la font ressembler à un Arlequin, et une robe qui la moule de toutes parts. Cette robe est en satin avec des franges tombant telles des guenilles sur les jambes. Bien sûr, elle est d’une teinte indéfinissable allant du violet au vert pomme, en passant par l’orangé et le bleu canard.
Sur sa tête elle a posé un galurin en feutrine, en loques et a mis des gants en dentelle ivoire ainsi que de talons d’au moins quinze centimètres. Cependant malgré le ridicule de sa tenue elle semble très satisfaite de ses oripeaux et fière de ses haillons.
Mais où peut-elle bien aller par ce soir de Février?
Suis-je sotte? C’est Carnaval. Elle est déguisée et je ne me suis aperçue de rien, la trouvant juste un tant soi peu ridicule.
Texte 2 : Il est matin, tous déboulent dans la cuisine, prêts à partir au collège ou au bureau.
D'habitude la fille n'est pas critique, mais aujourd'hui, il se passe quelque chose. Son père arrive, (veste, pantalon, chemise, cravate) tenue de ville en quelque sorte.
La fille : C'est quoi ces fringues ?
Le père : Qu'est-ce que j'ai, c'est comme d'habitude !
La fille : J'en sais rien, mais c'est pas assorti !
Le père : Qu'est-ce qui ne va pas ?
La fille : Tout ! Ton froc il ne va pas avec ta chemise !
Le père : Comment ça va pas
La fille : Ta veste elle va pas avec le reste et la cravate !... C'est pas Carnaval ! C'est un vrai déguisement.
Le père (décontenancé) : Mais je suis propre, non?
La fille : C'est un drôle d'accoutrement ! Remonte te changer ! Maman, dis lui.
La pauvre mère atterrée constate : Le complet-veston ne lui va pas, ce n'est pas son genre, alors je lui fais acheter des ensembles coordonnés dans les tons et les textures - le chic anglais - et je range sur chaque cintre ce qui va ensemble, mais ton père prend un malin plaisir à refaire des arrangements personnels, et tu vois le résultat. Il trouve que je suis trop conventionnelle ; c'est un vieux soixante-huitard.
5 - ) Trouver des noms de chaussures.
6 - ) Vous êtes une paire de chaussure dans un magasin, sur un rayon ou en vitrine, une cliente s’approche, essayez de lui faire de l’œil, mettez en valeur ce qui pourrait la décider à vous acheter. Utiliser des noms de chaussures.
Texte 1 : Ah ! ce matin, le patron m'a mise à l'honneur. Enfin ! J'étais sur un rayon au fond, juste à côté d'une mule noire qui se la pétait parce qu'elle avait un petit nœud sur le dessus et au-dessus d'une Charles X qui se prenait pour une reine. Là, je suis en vitrine ! Si je pouvais bouger, montrer mon décolleté découpé jusque vers les orteils, faire admirer la courbure, la finesse de mon talon aiguille ! je suis un escarpin pas une vulgaire grolle, une quelconque tatane, une insignifiante ballerine !
Ah ! Oui Madame, prenez-moi, admirez-moi. Avez-vous remarqué ma semelle rouge. Ce n'est pas une simple pompe que vous tenez. Passez votre doigt sur la douceur du cuire, rien à voir avec les godillots made in je ne sais où ! Essayez-moi et vous verrez comment vos jambes seront affinées, votre démarche aérienne ! ... Ah ! Ça y est ! Je suis à ses pieds !
Texte 2 : Oh ! La ! La ! Que vois-je ? Voilà une cliente à qui je conviendrai parfaitement, c'est ma future acheteuse ! C'est pas possible, elle ne va pas regarder autre chose : Des Louboutin rouges et noirs, c'est absurde ! Comment tu fais quand t'as du rose ou de l'orange ? C'est pas assorti ! Ouf ! Elle se dirige plus loin. Au rayon des sandales et sandalettes, elle ne va pas s'y attarder, l'été s'achève. Bottes, bottines et bottillons, c'est encore un peu tôt et l'hiver est déjà assez long ! Les Stilettos, escarpins et talons-aiguilles ne sont pas pour elle, elle est déjà assez grande ! Alors que moi, je suis parfaite, une paire de salomé à talon moyen et d'une belle couleur taupe. Intérieur et extérieur cuir. Semelle antidérapante. La chaussure idéale qui ira à merveille avec son tailleur à la jupe fendue. Et à ce chic s'allie le confort, quoi de mieux ? Et cette teinte surtout, elle s’accorde avec tout. L'éventuelle acheteuse dédaigne les compensés, les mocassins, pas assez élégants, c'est évident ! Elle se dirige vers moi, j'en étais sûre. Elle regarde les Richelieu, en prend un. Non, mais je rêve ! Eh ! Reviens à ton époque ma belle ! Ignore ces pompes ancestrales ! Mais regarde-moi ! Admire cet élégant bouton sur le côté, mais non ! Tu ne vas pas utiliser bouton et boutonnière, un élastique te permet de m'enfiler sans difficulté. Confortable, élégant, pratique, il n'y a pas à hésiter ! Voilà, sa main chaude et douce me caresse, je la regarde, je la supplie pour qu'elle se décide. Elle m'essaye : Que son pied est doux, elle sort du pédicure, ce n'est pas possible autrement ! Elle a fait son choix, ça y est ! Elle me prend et se dirige vers la caisse. Je toise les autres de haut : Pauvres biques ! Qu'est ce que vous croyiez ? J'en étais sûre, moi ! Dans un beau papier de soie violet je suis enveloppée puis couchée dans un boîte en carton et ensuite glissée dans un sac en papier à l'enseigne du magasin. Une carte bleue, un code de quatre chiffres, un sourire, un merci, un au revoir et me voilà dehors : Quel plaisir ! les odeurs et le bruit de la rue !
Texte 3 : Marie- Chantal rentre chez "BAILLY". De la rue, elle a repéré une chaussure à son goût : je suis cette chaussure : un élégant escarpin, à la cambrure impressionnante, au fuselage digne des grands chausseurs italiens, au talon d'une hauteur inimaginable et la teinte...d'un raffinement extrême " un lapis-lazuli" d'une délicatesse de jeune débutante..., les autres "crocos" ne sont que de vulgaires godillots comparés à ma ligne racée et à ma couleur capable de rendre jaloux les yeux de Michèle Morgan !
Regardez ces poulaines vieillottes, ces tongs qui vous supplicient, ces pantoufles bourgeoises, ces vernis clinquants, ces mules entêtées, ces baskets trop colorés, ces cuissardes à l'architecture ridicule, ces boots épais, ces derbys huppés, ces pataugas affalés, ces leggings qui baillent....
Les Spartiates, seules, me paraissent pouvoir rivaliser avec mon élégance raffinée !
Texte 4: Tiens, la porte sonne, une cliente entre dans le magasin. Elle me conviendrait bien cette personne. Je suis sur mon présentoir et je m'ennuie, j'aimerai bien voir du pays.
J'ai beaucoup d'atouts, cet hiver sera dit-on rigoureux, et je rivalise avec mes voisines. Je suis une jolie bottine noire, bien emboîtante, facile à porter avec une jupe, des leggings, un pantalon ou des collants colorés ou neutres, tout me va. Ce n'est pas comme ma voisine, cette grande cuissarde prétentieuse, qui ne va qu'à celles qui ont des jambes interminables, ni comme cette bottine hyper classique qui me rappelle les mémères dessinées par Faisant.
Je n'ai rien à envier aux autres chaussures fourrées, tellement imperméables que les pieds étouffent et transpirent. Je suis souple et légère, pas comme ces godillots bon pour la campagne, qui pèsent des tonnes si bien que l'on est déjà fatigué avant d'avoir fait le premier pas. Celle qui me portera aura une démarche alerte et sera fière de m'avoir à ses pieds. J'ai aussi une semelle Vibram qui empêchera les glissades, pas comme ces trotteurs de luxe, à la semelle plein cuir que le premier sol humide transforme en patins à glace. Bonjour les chutes sur les dalles du centre ville ! Et de plus, je suis beaucoup plus classe que ces malheureuses «Clark» avachies ou bien ces Basket aux couleurs tonitruantes.
Mais cette cliente est quelqu'un d'élégant... qui souhaite une bottine alliant confort et modernité avec la touche d'originalité pour se démarquer… Juste ce que je suis, la bottine parfaite, chaude étanche, souple, facile à chausser, avec ce petit plus mode, quelques marcassites posées géométriquement sur mon flan externe.
Ouf, c'est moi qui suis choisie!