Club-lecture du 10 octobre 2019
Pour la reprise du club-lecture, plusieurs ouvrages furent présentés :
- "Le bal des folles" de Victoria Mas. (2019) Écrivaine française née en 1987, Victoria est la fille de la chanteuse de variété Jeanne Mas. Après des études de cinéma et de littérature, l'auteur publie son premier roman basé sur un fait historique.1885 : Le bal des folles a lieu chaque année à la mi-carême dans le service des aliénées de la Pitié-Salpêtrière. Pour une soirée, ces "folles" auront la possibilité d'être des femmes comme les autres, pour le plus grande joie. Elles préparent leurs costumes pour être vues du Tout-Paris. Ces aliénées sont des filles, des épouses qui dérangent, non conventionnelles, qui parlent un peu trop fort... On voit évoluer les différents personnage, on assiste aux expérimentations faites par le professeur Charcot, ce sont les balbutiements de la psychiatrie. De belles descriptions du Paris de cette fin de siècle avec ses petits métiers, le tout dans une écriture simple et agréable. Premier roman. A lire
- "Dites-lui que je l'aime" de Clémentine Autain. (2019) Née en 1973, l'auteure est une femme politique, journaliste et auteure française. Députée dela 11ème circonscription de Seine Saint-Denis sous l'étique "La France insoumise". Fille de la comédienne Dominique Laffin et du chanteur §Yvan Dautin, elle a tout fait durant 30 ans pour occulter ses souvenirs douloureux de parents absents, trop pris par show-biz. Mais les questions posées par ses enfants sur leur grand-mère vont la ramener à ce passé qu'elle voulait oublier. Petite fille, elle prend soin de sa mère comme si c'était son enfant car celle-ci, alcoolique, droguée, multiplie les amants, suicidaire, angoissée, éprise de liberté est incapable de prendre soin de sa fille. Malgré les événements douloureux vécus par l'auteur, ce roman n'est pas sombre. A lire.
- "Se taire" de Mazarine Pingeot. (2019) Histoire de Mathilde, fille d'une famille aisée, photographe, envoyée par son journal pour photographier une sommité du monde politique récemment nommé Prix Nobel de la Paix et qui va la violer. Les parents refusent qu'elle porte plainte. Écriture magnifique. A lire
- "Une joie féroce" de Sorj Chalandon. (2019) Une femme découvre qu'elle a un cancer. Après avoir perdu son fils et avec un mari fort désagréable, elle va se battre avec d'autres malades. ON découvre les réflexions des passants, de la famille, du personne hospitalier. Très bien analysé, la maladie va transformer la malade, lui rendre une liberté, une émancipation qu'elle n'avait pas et créer une solidarité avec les autres. C'est un hommage au courage des femmes. Un seconde partie plus rocambolesque, policière déroute un peu.
- "La joueuse de go" de Shan Sa. (2001) Prix Goncourt des Lycéens. L’auteure est née en 1972 à Pékin. Écrivaine, peintre, poète et calligraphe française d'origine chinoise. Shan Sa est un pseudonyme qui signifie, en chinois, « bruissement du vent dans la montagne ». Elle publie 10 ans son premier recueil de poèmes. À 16 ans, elle devient le plus jeune membre de l'Association des écrivains de Pékin. Elle quitte la Chine en 1990 après les manifestations de la Place Tian'anmen et choisit de « renaître en France ». Le go est le plus ancien jeu de stratégie connu, probablement créé en Chine entre 770 et 500 av JC. Malgré son ancienneté, le go continue à jouir d'une grande popularité en Asie. Dans le reste du monde, où sa découverte est récente, sa notoriété est croissante. Mandchourie 1937, deux destins se mêlent, celui d’une jeune chinoise, lycéenne, avide de vie et de plaisir, experte d'un jeu réservé en général aux hommes, une jeune femme libérée dans une société remplie de tabous et celui d’un jeune officier japonais, traditionaliste et oppresseur, prêt à donner sa vie pour l'honneur de sa famille et de son pays. C'est sur la place ou se défient les amateurs de go qu'ils vont se connaître. Le jeune lieutenant impérialiste infiltré vient tous les jours, envoyé par ses supérieurs pour écouter les conversations des joueurs, habillé en chinois et parlant parfaitement leur langue. Elle est la seule femme admise dans ce cercle et par ses victoires elle venge la condition millénaire et rétrograde de la femme asiatique. Ils jouent l'un contre l'autre sans une parole, sans une remarque dans une espèce de fascination empreinte de réserve. Ce roman très poétique est d’une écriture délicate et violente à la fois est composé de courts chapitres et de phrases courtes, où le narrateur change à chaque chapitre, la joueuse puis le soldat. Guerre, sexe dans cette période très tourmentée de l’histoire de la Chine. Ils s'affrontent, ils s'aiment, sans un geste, jusqu'au bout, tandis que la Chine vacille sous les coups de l'envahisseur qui tue, pille, torture, viole. C’est seulement à la dernière que l’on apprend le prénom de la joueuse, et le final est sublime. A lire
- "L’île" de Robert Merle. L’auteur est né en Algérie en 1908 et mort dans les Yvelines en 2004.Écrivain français, Robert Merle a été marqué par la guerre et par sa captivité de 1940 à 1943. Beaucoup de ses romans traitent de la hantise du lieu clos et de la guerre. Par ailleurs, nombre de personnages de ses romans sont inspirés par ses proches et sa vie personnelle. Il est connu pour sa série « Fortune de France », fresque historique s'étendant de 1547 à 1661 et pour 'Week-end à Zuydcoote", Prix Goncourt en 1949. Roman maritime qui s'inspire de la fuite des mutins de la Bounty à travers le Pacifique à la fin du XVIIIème siècle. Mais il ne livre pas un roman historique, il imagine les personnages et les situations. Le récit débute en mer, sur un « gros » navire britannique, le Blossom, dont le capitaine, Burt est un tyran cruel et monstrueux... qu'un de ses hommes va tuer alors qu'il vient d'écraser un petit matelot innocent. Suite à cela, tout l'équipage sait qu'il ne doit pas se retrouver en présence de forces britanniques car, accusés de mutinerie, ils seraient pendus. Le second à bord, celui-là même qui a tué son supérieur, prend alors le commandement du voilier et organise un repli sur une île non mentionnée sur les cartes. Après une escale à Tahiti où le héros, le lieutenant Purcell, retrouve les amis Tahitiens chez lesquels il a vécu 6 mois, découvrant leur civilisation et apprenant leur langue, l'équipage repart. Certains matelots ont choisi de rester à terre et en contrepartie, des Tahitiens embarquent pour l'aventure. Mais l'île sur laquelle la communauté va s'installer est bien petite pour 30 personnes (hommes et femmes)... Vont s'ensuivre toutes sortes d'événement au fil de l'installation et l'organisation de cette nouvelle société autarcique, mettant en jeu la hiérarchie et la lutte pour le pouvoir, la discrimination et un racisme colonial envers les Tahitiens, la répartition des femmes, etc. Purcell est le seul à traiter ses compagnons Tahitiens à égalité et à respecter leurs coutumes mais il n'arrive par à faire entendre raison aux autres. C'est vraiment un personnage humain et humaniste attachant. C'est presque un huis-clos mais j'étais très curieuse de voir comment ça pourrait se dénouer. Il nous fait appareiller avec le Blossom et partager la tragédie de son équipage et de Purcell...Cet ouvrage est un grand roman humain et maritime dans la tradition du genre.
Sont évoqués rapidement : "Journal d'un amour perdu" (2019) D'Eric Emmanuel Schmitt et "Le Chagrin" de Lionel Duroy (2010)
Attention ! Nouveaux horaires pour le club-lecture : 16h30 - 18h.
Prochain club-lecture : jeudi 14 novembre 2019 à 16h30