Club-lecture du 14 novembre
Au cours du club-lecture de novembre, plusieurs livres furent présentés :
- Tous les hommes ne vivent pas le monde de la même façon : PRIX GONCOURT 2019 L'auteur, né en 1950 à Toulouse est journaliste, reporter et écrivain. Il a écrit 22 ouvrages et a obtenu le prix Fémina en 2004 pour "Une vie française". Proche de la nature, il se définit comme un libertaire, hostile à l'idée de domination et critique la violence de l'autorité religieuse qu'il a subi dans son enfance. Il est bourru et tendre, léger et grave.
Paul est incarcéré pour deux ans dans une prison de Montréal pour un crime qu'on ignore. Son codétenu, un mastodonte des Hells Angels (club de motards criminalisés) à la fois fort et fragile est sympathique. On découvre la vie de ses deux détenues que tout oppose. Entre ses quatre murs, il va revisiter sa vie : une vie semée de pertes, de douleurs, de tristesse pour finalement revenir au point de départ. La prison marque la rupture car l'autorité prend le pas sur tout le reste. Roman traitant de l'échec, de l'art de gâcher sa vie, de la manière dont les morts nous accompagnent. Ce roman tendrement désespéré mais consolateur en même temps est teinté d'éclats de burlesque.
- "Nous étions nés pour être heureux" de Lionel DUROY (2019) L'auteur, né en 1949 en Tunisie est journaliste et écrivain français. Quatrième d'une famille de dix d'une famille d'origine noble mais désargentée, sa jeunesse l'a beaucoup marqué et la grande majorité de ses romans sont autobiographiques. Il est préférable de lire ce roman, qui est une biographie, une fresque familiale relatant les retrouvailles autour d'un déjeuner après 30 ans de séparation, après "Le chagrin". Ce roman évoque l'enfance, la complexité des relations dans une fratrie mais aussi les liens très forts qui perdurent malgré les séparations. Les dialogues sont vivants, il n'y a pas de chapitre, le roman dure le temps du repas. Bon moment de lecture avec beaucoup d'émotions, de tendresse et d'humour.
- "Loin" d'Alexis MICHALIC (2019) L'auteur, né en 1982 est acteur, metteur en scène, scénarise et écrivain franco-britannique. "Loin" est son premier ouvrage. Antoine 26 ans, trouve dans le courrier de sa mère une carte postale arrivée avec 17 ans de retard, sur laquelle sont écrits quelques mot de son père, qui a disparu 19 ans plus tôt et que tout le monde croit mort. Roman d'aventures qui évoque un voyage, à la recherche des racine du narrateur, une quête identitaire à travers le monde où le lecteur se laisse prendre au fil du récit. Des phrases courtes au style dynamique. Une imagination débordante, un talent de conteur un peu fou mais le tout s'appuie sur des faits historiques réels. Bon moment de lecture, pensez à consulter l'arbre généalogique en fin de livre !
- "Une histoire impossible" de Guy LAGACHE (2019) L'auteur, né en 1966 à Boulogne-Billancourt, a été présentateur de magazines télévisés. "Une histoire impossible" est son premier roman qui est en partie inspiré par des souvenirs familiaux. En mai 40, en Chine, Paul, le vide-consul de France, 35 ans, marié et père d'une fillette de 10 ans va s'éprendre d'une jeune britannique de 20 ans, Margot. C'est le début d'une liaison secrète. Juin 1940, Pétain signe l'armistice avec Hitler et le consulat en Chine s'aligne derrière Pétain. Le vice-consul, révulsé par cette prise de position et poussé par Margot veut rejoindre les combattants de la France libre et suivre Margot. Il lui faut abandonner sa femme et sa fille, ce qu'il fera d'une manière lâche. Il doutera de la sincérité de Margot, il reste inconsolable pour avoir failli à son devoir d'époux et de père. Histoire d'une passion compliquée, qui oppose sentiments et raison et qui interroge sur la culpabilité et le mensonge dans le couple. Roman bien écrit alternant les chapitres consacrés à Paul et à Margot et avec de nombreux rebondissements.
- "Dévorer le ciel" de Paolo GIORDANO L'auteur, né en 1982 à Turin, a soutenu une thèse sur la physique des interactions fondamentales. La narratrice vit à Turin et se rend dans la maison de son grand père chaque été où elle fera la connaissance de trois garçons. Ce roman qui débute comme une romance d'été va gagner en profondeur pour devenir plus sombre. Le livre s'étale sur 20 ans, de l’adolescence aux rêves les plus fous à l'âge adulte avec ses désillusions. Il y a beaucoup de retours en arrière. De nombreux termes abordés comme l'amour, l'amitié, la religion, la jalousie, la haine, la vengeance, la communauté, le retour à la nature et un réel souci d'écologie, le désir d'enfants. Tendre, émouvant avec une belle écriture délicate et légère, ce roman à l'ambiance nostalgique. nous interroge sur le sens de nos vies et la réalisation ou non de nos rêves de jeunesse.
- Mur Méditerranée de Louis-Philippe DALEMBERT (2019) À Sabratha, sur la côte libyenne, les surveillants font irruption dans l’entrepôt des femmes. Parmi celles qu’ils rudoient, Chochana, une Nigériane, et Semhar, une Érythréenne. Les deux se sont rencontrées là après des mois d’errance sur les routes du continent. Depuis qu’elles ont quitté leur terre natale, elles travaillent à réunir la somme qui pourra satisfaire l’avidité des passeurs. Ce soir, elles embarquent enfin pour la traversée.
- Ceux qui partent de Jeanne BENAMEUR (2019) Tout ce que l'exil fissure peut ouvrir de nouveaux chemins. En cette année 1910, sur Ellis Island, aux portes de New York, ils sont une poignée à l'éprouver. Il y a les lettrés italiens, Gabor, l'homme qui veut fuir son clan, l'Arménienne épargnée qui rêve d'inventer les nouvelles tenues des libres Américaines. Retenus un jour et une nuit sur Ellis Island, les voilà confrontés à l'épreuve de l'attente. Ensemble. Leurs routes se mêlent, se dénouent ou se lient. L'exil comme l'accueil exigent de la vaillance. Ceux qui partent et ceux de New York n'en manquent pas. A chacun dans cette ronde nocturne, ce tourbillon d'énergie et de sensualité, de tenter de trouver la forme de son exil, d'inventer dans son corps les fondations de son nouveau pays.